Vu, lu, entendu... Afrique

Yacouba, l'homme qui arrêta le désert


07/02/2012




Au début des années 80, la famine contraint le quart des habitants du Sahel a quitté leur terre désséchée. Le jeune Yacouba Sawadogo se refuse à partir. Il expérimente à partir d' une technique traditionnelle  qu'il améliore, le Zaï. Les anciens grattaient la terre de façon superficielle pendant la saison des pluies afin de permettre à l'eau de s'infiltrer. Yacouba élargit et approfondit les trous de Zaï pour faire des petits puits. Il les protège de cordons pierreux pour retenir l'eau.

Son travail est mal perçu par sa communauté parce qu'il ose défier la tradition. En réponse, Yacouba plante des arbres qui protègent le sol et attirent les termites. Intéressants les termites : comme les vers de terre, ces insectes morcellent le sol en creusant et décomposant la matière organique ce qui rend la terre plus riche en nutriments.
Les saisons passent et le désert reverdit. En 1990, alors que la sécheresse s'installe à nouveau, seules ses parcelles résistent.

Aujourd'hui, ses techniques sont connues du Mali au Niger et attirent les scientifiques occidentaux.
Un site très bien documenté et un film documentaire est disponible sur le site du producteur  « The man who stopped the desert »







Le Webdocumentaire





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Le billet de la semaine

​Londres-Paris-Alger

Ce 29 mars 2019, la Grande-Bretagne devait hisser les voiles du Brexit et s'éloigner gaiement des côtés européennes avec à la manœuvre la paire Farage-Johnson braillant le God save the Queen pinte au vent. But no. Et que Dieu sauve la reine en effet, tant les deux fieffés menteurs ont enlisé le peuple anglais dans une jelly épaisse. Parallèlement, à Paris, la monarchie républicaine vient de taper avec une violence inouie sur une partie de son  peuple et les appareils politiques semblent aussi has been que le Labour ou les Tories. Dans les deux riches et vieux pays, l'esprit démocratique semble fatigué. Qu'ils regardent alors au-delà d'une autre mer, au sud. Par des manifestations monstres, joyeuses et non-violentes, toutes générations et milieux confondus, le peuple algérien a fait plier la caste des profiteurs qui l'assujettit depuis l'indépendance. Nul ne connaît les lendemains de cette révolution pacifique mais la rue algérienne est sûrement une source d'inspiration pour les anciens empires, n'est-il pas ?  

Michel Rouger

28/03/2019

Nono