Vu, lu, entendu... Afrique

Hubert, un drôle de boulanger migrateur


22/07/2013



Hubert, un drôle de boulanger migrateur
Motard globe trotter du temps de sa jeunesse, Hubert Bonnier apprend le métier de boulanger peut être un peu par défaut : les études ça ne le faisait pas vraiment. Cet homme créatif, bourré de talent, un rien joueur aussi - parfois avec sa vie suspendue au guidon des bolides qu'il pilote - exerce son métier de boulanger (et de formateur en boulangerie) avec passion et succès, en Bretagne longtemps, puis brusquement, à travers le monde.
 
Car passion rime aussi avec rupture. Ainsi il y a cinq ans Hubert disparaît soudainement des radars et brouille les pistes. On l’imagine en Suisse, il est en Angleterre ou peut être en Australie, finalement c’est à Göteborg, en Suède qu’il s’installe.
 
Le boulanger aventurier se révèle alors poète et romancier. Sous le pseudo d’Otra  - hypothétique référence à un poète chansonnier romancier français de la fin du 19ᵉ siècle, ami de Blaise Cendrars et de Tennessee Williams -  il retisse à petits pas, mystérieusement, avec ses réseaux amicaux et familiaux, le lien brusquement rompu. Sous la maladresse d’une écriture sans technique, à l’orthographe hasardeuse, perce un talent littéraire - particulièrement dans la veine poétique - servi par une imagination débridée. Mais ne lui dites pas, il sera le premier à le démentir.

« Tres chers z'amis, annonçait-il d'ailleurs dans l'avant propos de sa première tentative romanesque, décidément doué d'un talent fou et n'ayant rien d'autre a foutre de mes journées, je me décidais donc a vous écrire un livre. Enfin une histoire, un truc quoi, afin de distraire les vôtres de journées. Bien sur je vous demanderai la plus extrême indulgence en ce qui concerne l'orthographe et la syntaxe sinon le style, le correcteur Windows ayant ses limites, mais ça vous connaissez. J'ai bien penser demander a quelqu'un de corriger, mais su été un bien trop important boulot pour ce qui n'ai et ne restera qu'un gentil délire pour mes potes. »

Aujourd’hui – toujours poussé par son désir d’aventure – Hubert Bonnier travaille à Kinshasa comme responsable de la "Patisserie Nouvelle". En attendant l'édition électronique de son premier roman et de ses poèmes, sous forme d'un blog, il tient sur Facebook, pour ses amis, des chroniques de sa vie au Congo (RDC).

Son regard a retenu l’attention de la rédaction d’Histoires Ordinaires qui a décidé de publier une de ces chroniques  : elle apporte un éclairage réaliste et chaleureux sur la situation des Chégués, les enfants des rues de Kinshasa pour lesquels Hubert Bonnier reprend sa fonction de formateur en boulangerie.

Alain Jaunault





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Le billet de la semaine

Les vieux

Papy Michel (Drucker), 76 ans, publie 286 pages "pour rester jeune" tout en attaquant de nouveau le "jeunisme ambiant". N'y a-t-il pas là une sorte d'antilogie, pourrait chuinter notre académicien chenu Valéry Giscard, 92 ans ? Vouloir rester jeune quand on est vieux, n'est-ce pas du jeunisme ? En fait, Papy s'accroche, vieille histoire. Brassens lui a pourtant dit que le temps ne fait rien à l'affaire : quand on est, on est. Et surtout pas être et avoir été. Au demeurant, on peut être vieux et dans le vent : face à la dictature de l'instant, ne fait-on pas aujourd'hui l'éloge de la lenteur, l'atout majeur des vieux ? Donc, rester gaillard mais lent, engagé mais lent. Marcher lentement ralentit le temps. Pourquoi courir, pédaler, sauter, pour  « mourir jeune », le pire ? Non, plutôt être vieux. Mourir très vieux. Au final, même, « les vieux ne meurent pas, ils s'endorment un jour... », comme chantait Brel mort trop jeune il y a 40 ans ce mois-ci. Déjà. Comme le temps passe.

Michel Rouger

16/10/2018

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