Vu, lu, entendu... Afrique

13/03/2014

Pétition : 37 villages sénégalais privés de leurs terres




Peuples Solidaires appelle à signer une pétition contre le scandale de l'accaparement des terres qui se déroule dans la région de Fanaye :  plus de 26 000 hectares de terres protégées détournées vers la production d'agrocarburants pour l'Europe
 
L'affaire a commencé en 2010 et a donné lieu à un drame le 26 octobre 2011 : deux paysans tués et des dizaines d’autres blessés lors d’une manifestation. Le Président de l’époque, Abdoulaye Wade, suspend alors le projet… mais le ré-autorise en mars 2012. Sitôt élu, son successeur, Macky Sall, l'annule à son tour… puis, à son tour, le ré-autorise. Le lobbying doit être intense.

Le projet est mis en œuvre par l’entreprise Senhuile SA, un consortium détenu à 51 % par Tampieri Financial Group, basé en Italie et à 49 % par Sénéthanol SA, basée à Dakar. 9 000 personnes de 37 villages sont touchées. Elles vivent en grande partie de l’élevage semi-nomade. L'opération les privent d’un accès à leurs pâturages, aux sources de nourriture, d’eau et de bois de chauffage, ce qui oblige notamment les femmes à parcourir de très longues distances pour y accéder...
 




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Le billet de la semaine

​Marché colonial

Toi, viens, toi dehors... Sur les bords de la Méditerranée, une nouvelle place du marché est née. Des femmes et des hommes épuisés par un horrible voyage attendent. Des fonctionnaires français passent, s'arrêtent, choisissent : ils font leur marché selon les besoins en main d'œuvre décrétés par le gouvernement. Jadis la France est allée coloniser et spolier l'Afrique. Puis les Total, Bolloré et consorts ont continué à piller ses ressources en soutenant des dirigeants corrompus. Aujourd'hui, en renouant avec les « quotas » des années 30, l'ancienne puissance coloniale pille ouvertement le savoir-faire des pays africains, ce qui va les enfoncer un peu plus. Après les ingénieurs et médecins par milliers, les ouvriers qualifiés. Mais il y a là du matériel électoral pas cher et payant. Créer ces quotas suggère que les immigrés nous envahissent. Durcir l'aide médicale insinue qu'ils abusent. C'est faux, ignoble, mais ça éclipse les retraites, urgences ou assurance chômage. Et en faisant de nouveau du Sarkozy, qui prônait les quotas en 2008, Macron met la droite au supplice : « Nous aussi, on nous pille ! » C'est ça le pire.

Michel Rouger

08/11/2019

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