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Au Mali, le retour d'Oumou, la femme maire de Goundam


03/07/2013



Au Mali, le retour d'Oumou, la femme maire de Goundam
Dans un article paru dans notre rubrique, nous avions suivi les espoirs déçus d'Oumou, maire près de Tombouctou.
Samedi 6 juillet,  à 18h35 sur Arte, les deux réalisatrices, Nathalie Georges et Elsa Kleinschmager, nous proposent un reportage consacré au retour d'Oumou dans sa ville de Goundam ou Nord Mali. Voilà ce qu'elles en disent.

« Elle n’y est pas retournée depuis avril 2012, à Goundam, sa ville, celle dont elle est maire depuis 9 ans. Oumou Sall Seck a fui juste avant l’arrivée des islamistes. C’était une question de vie ou de mort. Goundam, près de Tombouctou, a été occupée par plusieurs groupes, qui ont imposé la charia, fait régner la terreur et pillé tous les bâtiments publics. L’intervention militaire française du printemps a fait reculer les islamistes mais le Nord Mali est toujours instable. Difficile dans ces conditions d’organiser l’élection présidentielle prévue le 28 juillet. »

Huit ans après

« Depuis début mai, Goundam est sous la protection d’un contingent militaire burkinabé de la force africaine et de gendarmes maliens. Oumou Sall Seck a donc décidé de retourner dans sa ville, plus d’un an après son départ. L’équipe d’Arte Reportage l’a suivie, 8 ans après un premier tournage à Goundam. A l’époque, son élection à la Mairie avait créé la surprise : une femme maire dans cette région conservatrice du nord Mali, une exception. En 2009, elle avait décroché un second mandat et fait de sa commune un exemple dans la région : éducation, santé, développement économique, éclairage public, droit des femmes, formation, reconversion des exciseuses… Oumou Sall Seck s’est battu pour trouver des partenaires et faire financer de nombreux projets. Elle parlait de « dynamique de développement ». Mais les islamistes ont tout détruit, tout pillé. « Tout est à refaire » dit-elle. Pendant son exil forcé, elle a multiplié les prises de parole contre les occupants, contre leur idéologie et plaidé pour une intervention militaire. En décembre 2012, elle publiait une tribune retentissante dans le New York Times. » 

Accueillie sous les vivats de la population

« Notre équipe l’a accompagnée, tout au long de son périple, par la route, de Bamako à Goundam, en passant par Tombouctou. Après 14 mois après d’absence, Madame le Maire a été accueillie sous les vivats de la population. Pendant 2 jours, elle a fait le tour de la ville pour rencontrer ses administrés, constater les dégâts causés par les pillages, relancer les activités de la mairie, établir la liste des priorités. Une visite émouvante et porteuse d’espoir pour toute cette région du Nord-Mali. »







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Le billet de la semaine

​Hécatombes

La pollution auxiliaire numéro 1 de la mort. Près de neuf millions de victimes par an, selon une étude publiée mardi, dont 800 000 en Europe et 67 000 en France. Qu'ont bien pu faire ces dernières décennies les géants de la pétro-agro-bio-chimie et de l'automobile pour réduire cette pollution, cette hécatombe ? Rien. Ils continuent de cracher leurs particules à la même cadence qu'ils abreuvent de dividendes leurs actionnaires  et font bosser leurs salariés dont les cancers et les burn-out s'ajoutent à leur bilan. Les catastrophes liées au dérèglement climatique - qui, dès maintenant, tuent, blessent et déplacent des millions de personnes – ne les émeuvent pas davantage. Pas plus que Boeing n'a été ému par les 189 morts d'un premier crash de 737 Max en octobre. Il a fallu 157 nouvelles victimes dimanche, à Addis Abeba, pour que la firme soit acculée et que son action dévisse : au siècle du tout capitalisme, les chiffres de ses victimes devraient voisiner aux infos avec les cours du Dow Jones ou du CAC 40. 

Michel Rouger

14/03/2019

Nono