Vu, lu, entendu... Afrique

"Peurs et pillages dans la Centrafrique ignorée".


27/06/2013

Le quotidien La Croix a publié, dans son édition de mardi, un reportage poignant, signé Olivier Tallés, sur la Centrafrique abandonnée depuis le dernier coup d'Etat, il y a trois mois.




"Peurs et pillages dans la Centrafrique ignorée".

"La chèvre s'est enfuie par les ruines de l'église calcinée. Le hameau de Yangoumara se fige. Les minutes défilent dans un silence de cimetière. Au bout d'une heure de patience, un paysan sort timidement des fourrés. Puis un deuxième, un troisième. Ils approchent à pas lents, s'assurant qu'aucun homme en armes ne se tient dans les parages.

"Ils parlent entre eux en sango, principale langue de la Centrafrique. Prenant son courage à deux mains, Fraçois Sodji raconte l'attaque qui a dévasté son village isolé dans le Nord, à une longue journée de route de la capitale, Bangui.

"Les soldats ont surgi le 2 juin sur la piste cabossée. C'était des hommes de la Séléka, la rébellion qui a renversé le régime du général Bozizé le 24 mars.Ils arrivaient de la ville de Bouca et cherchaient du bétail. Mitraillant les alentours, les porteurs d'armes ont blessé un paysan et chassé les habitants apeurés.

"A la sortie du village, une balle partie d'on ne sait où a mortellement blessé l'officier du petit groupe de  pillards. En représailles, les soudards ont passé les maisons à la torche, une par une, n'épargnant ni l'école, ni les lieux de culte. Sur le chemin du retour, ils ont tiré sur une femme qui vendait son manioc au bord de la piste. L'herbe a déjà recouvert sa tombe. 

(...) " Trois semaines après le drame, les villageois refusent de quitter leur cachette en forêt malgré les moustiques qui transmettent le paludisme, l'humidité qui ronge les bronches des enfants. Bientôt, les maladies emporteront des nouveaux-nés, des femmes enceintes, des grand-pères affaiblis. Mais au coeur des cammpagnes, personne ne vous entend mourir".  

La suite sur le site du Journal La Croix  






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Les vieux

Papy Michel (Drucker), 76 ans, publie 286 pages "pour rester jeune" tout en attaquant de nouveau le "jeunisme ambiant". N'y a-t-il pas là une sorte d'antilogie, pourrait chuinter notre académicien chenu Valéry Giscard, 92 ans ? Vouloir rester jeune quand on est vieux, n'est-ce pas du jeunisme ? En fait, Papy s'accroche, vieille histoire. Brassens lui a pourtant dit que le temps ne fait rien à l'affaire : quand on est, on est. Et surtout pas être et avoir été. Au demeurant, on peut être vieux et dans le vent : face à la dictature de l'instant, ne fait-on pas aujourd'hui l'éloge de la lenteur, l'atout majeur des vieux ? Donc, rester gaillard mais lent, engagé mais lent. Marcher lentement ralentit le temps. Pourquoi courir, pédaler, sauter, pour  « mourir jeune », le pire ? Non, plutôt être vieux. Mourir très vieux. Au final, même, « les vieux ne meurent pas, ils s'endorment un jour... », comme chantait Brel mort trop jeune il y a 40 ans ce mois-ci. Déjà. Comme le temps passe.

Michel Rouger

16/10/2018

Nono