Vu, lu, entendu... Afrique

Veille de résultats d'élections à Kinshasa


06/12/2011

Hubert Bonnier est, depuis plus d'un an, boulanger à Kinshasa, en RDC (République démocratique du Congo). Lecteur fidèle d'Histoires Ordinaires, il nous informe dans ce billet sur l'ambiance qui règne dans la capitale à la veille des résultats des secondes élections démocratiques du pays. Il livre aussi son analyse personnelle du contexte social et politique.




Veille de résultats d'élections à Kinshasa

Dimanche 4 Décembre, Kinshasa

Veille des résultats de l’élection présidentielle en RDC, république « très » démocratique du Congo.
 
Un peu comme une veillée d'armes. Les rues sont calmes.
 
Beaucoup des expatriés sont rentrés en Europe dans l’attente des évènements à suivre. Un nombre difficilement calculable de Congolais ou d’expatriés africains a aussi traversé le fleuve, direction Brazza pour se mettre à l’abri.
 
Ceux qui restent, comme moi, prennent leurs précautions. On se déplace très peu et seulement après avoir téléphoné à des contacts relais pour s’assurer que la voie et libre, Nous avons plus de deux semaines de provisions et d'eau potable en réserve à la maison. Le gardiennage est sur les dents. Stock de bougies, ok. Groupe électrogène révisé.
 
 La dernière élection en 2006 a laissé de très mauvais souvenirs à la population, sinon à la conscience internationale.
 

Pas plus d'hommes d'Etat que d'Etat

Ici, pour reprendre une analyse politique, entendue sur France 24, il n’y a "pas plus d’hommes d’Etat que d’Etat". Dans ce pays à la lourde histoire de guerre et de violences, au moment de la diffusion des résultats, tout peut arriver et échapper, même au leader.
 
Le quotidien du pays ressemble à son histoire : plus  de 700 viols par jour dans la ville de KIN ; le choléra et la rage qui déciment la population ; la misère qui règne partout ; le manque des plus élémentaires structures. Les militaires payés moins de 50 dollars par mois ne se gênent pas pour se servir de leurs armes et donner le signal aux pillages...
 
Un peuple qui a une bourgeoisie et une classe moyenne, comme la Tunisie, fait la révolution. Un peuple dans la misère et sans le moindre horizon, ne connaît que l’émeute.
 
Nous sommes dans un cas de figure très différent de la Côte d’Ivoire que l’on compare ici à la Suisse Romande ! Si des forces venaient à s’affronter, elles ne seraient pas commanditées par tel ou tel intérêt, au nom d un pouvoir ou d’une puissance financière identifiable, mais complètement anarchiques et parfaitement incontrôlables par ceux la même qui auront mis le feu aux poudres.
 
Sinon il fait plutôt beau. La saison des pluies est agréable à vivre et a bien fait remonter le fleuve qui en a vu d’autres et même en a charrié d’autres...
 
Hubert Bonnier






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Le billet de la semaine

L'espoir, enfin

… En Ethiopie. Périmé le tube humanitaire des années 80 L'Ethiopie meurt peu à peu, peu à peu-eu-eu... Pendant que les habitants des pays à l'opulence mal partagée tirent une tête des jours sans pain en désespérant des lendemains, les Ethiopiens, à l'opposé, sourient à l'avenir, celui que leur a soudain offert un jeune premier ministre, Abiy Ahmed. En moins d'un an : paix avec l'Erythrée, libération des prisonniers politiques, parité hommes-femmes au gouvernement, commission de réconciliation entre ethnies, loi en faveur des réfugiés à faire rougir de honte les Européens... Investissements chinois aidant, l'Ethiopie réduit aussi son immense pauvreté : la voilà devenue le nouveau  "tigre africain". Confiante, la fille chrétienne et musulmane de la Reine de Saba offre ainsi à l'envi aujourd'hui aux voyageurs les richesses de son histoire. Pourvu que les démons de l'économie moderne ne se penchent pas trop sur le berceau de l'Humanité. 

Michel Rouger

 

25/01/2019

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