Vu, lu, entendu... Afrique

15/12/2011

« Le Mali et la tentation islamiste »




Le président du Haut Conseil Islamique (photo Laurent Larcher pour La Croix)
Le président du Haut Conseil Islamique (photo Laurent Larcher pour La Croix)
Les Maliens, comme tous les Africains de l'Ouest, sont connus pour leur islam tolérant et ouvert. Il semble que dans ce pays, certains, inspirés par l'Arabie Saoudite et bénéficiant de ses financements généreux, tentent d' y imposer un islam conservateur et moralisateur, sans rapport avec la tradition malienne, rapporte La Croix dans son édition du 15 décembre,.
    
Le Haut Conseil Islamique - qu'on pourrait comparer à la Conférence des évêques de France - y est présidé par l'imam Mahmoud Dicko, un religieux formé à l'islam wahabite, l'islam officiel des Saoudiens. Face à la faiblesse de l'Etat, à la corruption, aux problèmes sociaux et économiques, l'imam Dicko cherche de plus en plus à imposer ses vues à la société.
 
Il peut déjà se targuer d'un grand succès, puisque, après être parvenu à faire descendre 50 000 personnes dans les rues à l'été 2010, il a obtenu la revision du nouveau code de la famille, pourtant le fruit d'un travail d'une dizaine d'années entre la société civile et l'Etat, code qui devait être entériné par l'Assemblé nationale.

Un nouveau code « nettement moins favorable aux Maliennes »

Le nouveau code revu à la baisse, finalement adopté par l'Assemblé nationale malienne début décembre, « est nettement moins favorable aux Maliennes » que celui initialement préparé, écrit La Croix. « Désormais, l'homme est consacré comme l'unique chef de famille, la "puissance paternelle" ayant remplacé la notion d' "autorité parentale" du code initial, une qualification qui consacrait l'égalité entre l'homme et la femme. C'est désormais le chef de famille qui règle toutes les questions d'héritage et de succession, la femme lui doit obéissance. L'âge du mariage légal est passé pour les femmes à 16 ans, contre 18 ans dans l'ancien texte. Le mariage religieux a la même valeur que le mariage civil ».
 
 On ne peut oublier par ailleurs la « pression sourde  » exercée dans le nord du pays par Aqmi (Al Qaïda au Maghreb Islamique).
    
« Le Haut Conseil Islamique envisage l'Etat comme un aéroport : il lui laisse le contrôle des visas et la charge de la sécurité, et veut s'occuper de tout le reste »", résume le chercheur Gilles Holder.
   





Le Webdocumentaire





Donner un coup de main

Tout un chacun peut participer à Histoires Ordinaires. Proposer bien sûr des sujets de reportage et des informations pour la rubrique "Vu, lu, entendu" mais il y a aussi des tâches nombreuses, variées, aussi utiles qu'accessibles. Vous pouvez en trouver ici une liste. Ensuite il suffit de prendre contact avec la rédaction. 


Le billet de la semaine

​L'Étranger, toujours

Comme une fatalité. Chaque élection présidentielle apporte sa méprise. Ainsi le jeune Président élu en mai 2017 a aussitôt muté en vieux politicien utilisant les ficelles les plus usées. Revoilà l'immigration. Alors qu'elle n'est pas apparue dans les priorités des Gilets Jaunes et du Grand débat national, le Président pousse le sujet, impose aux députés et sénateurs d'en débattre, empoisonne les esprits en alléguant que le droit d'asile est détourné par des réseaux. L'Étranger pris en otage, toujours. Le président pourrait rappeler les faits. Citer les chiffres réels. Démontrer la capacité d'accueil du pays des Droits de l'homme aujourd'hui parmi les mal classés de l'Union européenne. Souligner que personne ne quitte son pays sans déchirement. Que le migrant arrive exténué, martyrisé en chemin. S'appuyer surtout sur l'esprit d'accueil qui se manifeste dans toute la France. Cela ferait un beau discours politique, qui grandirait le pays  et le candidat à la Présidentielle de 2022 descendu aujourd'hui sur le terrain de l'extrême droite pour en faire son seul challenger.

Michel Rouger

07/10/2019

Nono












Partenaires