Vu, lu, entendu... Afrique

21/01/2011

«Exciser c’est pas bon … »


Combattre l'excision par la chanson, la danse et dans l'ambiance d'un défilé Miss Africa: tel était le défi, l'autre soir, de la danseuse Martha Diomandé.



«Exciser c'est pas bon,  exciser... ...» C’est sur le rythme de cette chanson du groupe Bafing Kul que les Miss Africa s'apprêtent défiler toute la soirée ce samedi 14 janvier au Liberté, à Rennes.

Martha et Estelle,  en maîtresses de cérémonie, donnent le ton : le verbe est aussi coloré que les costumes. On en redemande quand Martha lance «Ma copine», interpellant Estelle parce qu’elle a oublié l’annonce d’un sponsor, l’organisation de la soirée et surtout le timing à tenir!

Quelle joie de vivre… Elles sont drôles, légères, spontanées, donnent envie de danser. C’est qu’il faut être fière de soi quand on veut se faire entendre, surtout quand il s’agit de défendre le respect de son corps, de dire : «NON  à la mutilation, NON à l’excision».

Des femmes d'aujourd'hui

Martha ne voulait pas un défilé de « poupées barbies ». C’est clair, toutes ces jeunes femmes, belles, féminines, fières de ce qu’elles sont, ne sont pas là par hasard. Chacune, fière de représenter son pays et ses traditions, fière de représenter sa famille, trouve aussi les mots pour dire «Arrêtez la barbarie, arrêtez l’excision!»

Pour le défilé de clôture, chaque Miss se présente en costume traditionnel, avec une touche de modernité comme le souhaite Sonia, spécialiste dans l’évènement mariages mixtes. Elle est précédée d’une « petite sœur » qui apporte le texte qu’elle a préparé et qu’elle va lire au public.

Dans ce texte, chacune dit à sa manière ce qu’elle pense des droits de la femme en Afrique actuellement et ceux qu'elle veut revendiquer en tant que femme d'aujourd’hui.

«Exciser  c’est pas bon … »

Un combat mené avec grâce

Ces petites filles qui remettent le discours  à leurs aînées c’est le signe de la relève, le signe que le combat ne s’arrêtera plus. Les Miss lisent leur texte et repartent en prenant la main de la « petite soeur » comme si l’aînée savait que par sa démarche elle mettait la plus jeune à l’abri de la torture de l’excision :
 
«Il faut transmettre les bonnes choses de nos traditions mais arrêter le couteau qui mutile.», comme dit Martha.

Ici,  le combat est mené avec grâce et élégance mais la détermination de ces jeunes femmes est perceptible :

« Vouloir arrêter l’émancipation de la femme africaine serait la même chose que de vouloir arrêter la mer »,  nous dit l'une des miss.

Namia, elle, termine comme ceci : «Prenez le temps comme il vient , le vent comme il souffle et toutes les femmes de la Terre comme elles sont.» 

Agnès BLAIRE - NICOLAS.
(Lectrice du site)





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Le billet de la semaine

​Heureux

En congé et payé ! songeait-il sous son parasol. 100 % payé à flemmasser, musarder avec ma p'tite femme, jouer avec mes p'tiots, faire une p'tite balade, glandouiller en lichaillant un p'tit jaune ou un p'tit blanc. Mon droit au repos. Mon droit à la paresse : comme un bourgeois ! C'est sûrement une anomalie, une aberration, une provocation pour tous ces puissants qui veulent nous précariser, ubériser, assujettir en auto-entrepreneurs douze mois sur douze. Mais jamais ils ne pourront nous enlever notre grande conquête, celle de nos syndicats et de la gauche qu'ils méprisent du haut de leur prétendue modernité. Jamais ils ne pourront, sourit-il, heureux, à l'oiseau qui le regardait. 

Michel Rouger

04/07/2019

Nono