Vu, lu, entendu... Travail

« Travailler tue en toute impunité »


04/09/2013

Du cynisme des industriels à l’inaction des pouvoirs publics, Annie Thébaud-Mony, directrice de recherches au CNRS, au terme de longues années de recherche et d'engagement, dresse un état des lieux sans concession de la santé au travail. Eclairage utile au moment où les partenaires sociaux se sont accordés sur la nécessité et des moyens d'améliorer la qualité de vie au travail et l'égalité professionnelle.




« Travailler tue en toute impunité »
Le 19 Juin 2013 - sans que la presse généraliste en fasse beaucoup écho - les partenaires sociaux signaient un accord National Interprofessionnel (ANI) portant sur l'AMELIORATION DE LA QUALITE DE VIE AU TRAVAIL ET L’EGALITE PROFESSIONNELLE. En savoir plus ici.

Pour la CFDT, un des signataires de cet accord, " La qualité de vie au travail vise d’abord le travail, les conditions de travail et la possibilité qu’elles ouvrent ou non de « faire du bon travail » dans une bonne ambiance, dans le cadre de son organisation. Elle est également associée aux attentes fortes d’être pleinement reconnu dans l’entreprise et de mieux équilibrer vie professionnelle et vie personnelle. Même si ces deux attentes sont celles de tous les salariés, elles entretiennent dans les faits un lien particulier avec l’exigence de l’égalité de traitement entre les femmes et les hommes en matière de salaires et de déroulement de carrière."

Espérons qu'enfin cette vision optimiste et porteuse d'espoir l'emporte alors qu'en terme de qualité de vie au travail on vient de loin et que beaucoup reste à faire. Dans une note éditée en 2009 pour la fondation Copernic, Annie Thébaud-Mony, chercheuse au CNRS, et quatre autres co-auteurs montraient comment "le travail tue en toute impunité". Au moment de partir en retraite, Annie-Thebaud-Mony, appelant à se mobiliser sur les cancers ouviers avait refusé la légion d'honneur en disant : « Ce n’est pas le type de reconnaissance que j'attends au terme de toutes ces années d’engagement et de recherche scientifique sur les questions de santé au travail et de santé environnementale. Ce que j’attends, disait-elle, c’est que mon travail soit pris en compte et reconnu ; autrement dit, qu’il incite les pouvoirs publics à adopter un certain nombre de dispositions, ne serait-ce que pour faire respecter la loi." »

Dans cet article du Nouvel économiste, relayé sur le site de la Fondation Copernic, Caroline Castets rend compte de la parole autorisée et engagée de la sociologue.








1.Posté par patrick le 05/09/2013 20:15
Annie Thébaud-Mony, lors d'un débat à propos du démantèlement du réacteur de Brennilis à Huelgoat le 19.09.2009 :
Un suivi médical quasi inexistant pour ces travailleurs précaires du nucléaire, tel est l'avis et le constat de la chercheuse et sociologue qui nous décrit en quelques mots les freins et les méthodes employées pour minimiser au maximum la responsabilité des employeurs et donneurs d'ordre. , ici pour un cas précis en exemple afin de nous révéler ces situations ubuesques et intolérables vécues , dans e ce secteur d'activité à hauts risques..

cf le lien ...


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Les vieux

Papy Michel (Drucker), 76 ans, publie 286 pages "pour rester jeune" tout en attaquant de nouveau le "jeunisme ambiant". N'y a-t-il pas là une sorte d'antilogie, pourrait chuinter notre académicien chenu Valéry Giscard, 92 ans ? Prétendre rester jeune quand on est vieux, n'est-ce pas du jeunisme ? En fait, Papy s'accroche, vieille histoire. Brassens lui a pourtant dit que le temps ne fait rien à l'affaire : quand on est, on est. Et surtout pas être et avoir été. Au demeurant, on peut être vieux et dans le vent : face à la dictature de l'instant, ne fait-on pas aujourd'hui l'éloge de la lenteur, l'atout majeur des vieux ? Donc, rester gaillard mais lent, engagé mais lent. Marcher le pas lent ralentit le temps. Pourquoi courir, pédaler, sauter, pour  « mourir jeune », le pire ? Non, plutôt être vieux. Mourir très vieux. Au final, même, « les vieux ne meurent pas, ils s'endorment un jour... », comme chantait Brel mort trop jeune il y a 40 ans ce mois-ci. Déjà. Comme le temps passe.

Michel Rouger

16/10/2018

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