Vu, lu, entendu... Travail

Le plan social invisible du secteur associatif


20/11/2013



Le plan social invisible du secteur associatif
Le webmagazine Basta rend compte des conséquences sur le tissus associatif du plan de rigueur qui diminue les subventions de l'État et contraint les collectivités locales à faire des coupes franches dans leurs dépenses sociales, culturelles, de formation.

Cela s'ajoute au bouleversement créé par la mise en marché systématique - par appels d'offres - de l'ensemble des prestations de services publics qu'assurent les associations. Avec trois conséquences : 
- d'abord, la mise au chômage d'un nombre considérable de professionnels expérimentés : 11000 pertes d'emplois depuis 2010, 40 000 en 2014 selon la prévision de Didier Minot du Collectif des Associations Citoyennes (CAC).  
- ensuite, un mouvement de concentration des opérateurs au niveau national et la disparition des petites associations locales.
- enfin, un risque de déshumanisation des relations aux usagers, de dénaturation de l'action sociale, culturelle, éducative, de perte de sens.

A lire donc sur Bastamag.net cette enquête de Nadia DJABALI. 


Une fracture, au sein de l'économie sociale et solidaire ?

Les points de vue des acteurs, relayés par l'auteure de cet article, mettent en lumière - du fait de la crise - le risque d'une triple fracture au sein de l'Economie Sociale et Solidaire. Fracture entre les petites et les grosses associations : les premières réputées plus vertueuses car désintéressées et proches de leurs bénéficiaires, les secondes aux tendances expansionnistes, éloignées des préoccupations des gens, peu à l'écoute de la sensibilité sociale de leurs personnels. Entre le monde associatif par nature à l'écoute et porteur des besoins des populations et celui des entrepreneurs sociaux, adaptés et complices de la logique de marchandisation. Enfin entre les acteurs à dimension locale, ancrés dans les territoires et les gros opérateurs régionaux ou nationaux, aux pratiques hors sol.

Cette vision - assez manichéenne - traduit le désarroi de nombreux militants qui se battent le dos au mur pour pérenniser les réalisations associatives et celui des salariés, de plus en plus nombreux, qui se sentent menacés dans leur emploi et remis en cause pour leurs valeurs. Il y a un réel paradoxe à laisser détruire de l'emploi qualifié dans ce secteur au moment où l'Etat attend de ces entreprises associatives qu'elles accueillent et forment  les jeunes en "Emplois d'avenir" et où les parlementaires discutent de la loi reconnaissant l'Economie Sociale et Solidaire, qui ambitionne de créer un cadre permettant d' "Entreprendre autrement pour créer de emplois dans nos territoires".

A quand un "Pacte d'avenir entre l'État, les collectivités territoriales et toutes les composantes de l'Economie sociale et solidaire" pour un développement solidaire et coopératif de l'Economie Sociale et Solidaire ?





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Le billet de la semaine

​On y croit

« Nous avons besoin de repenser un grand projet social », a dit le Président. Ce n'est pas une blague lancée au téléphone à l'ami Hanouna. Ni un nouveau coup de com'. C'est du sérieux. C'était dimanche soir, aux vœux. « Demandez-vous chaque matin ce que vous pouvez faire pour le pays », a dit aussi notre Kennedy à nous. Et voilà que dès potron-minet chaque Français pense au grand projet social. S'en va lutter contre la stigmatisation des chômeurs et des migrants, les attaques contre les HLM ou l'audio-visuel public. S'en va lutter contre les projets du gouvernement. Pense justice, liberté, égalité, fraternité, écologie pour tous. La bataille des valeurs entre la droite et la gauche, à l'obsolescence programmée, est de nouveau en marche. Des députés marcheurs redeviennent d'ailleurs socialistes. On y croit, Président. C'est promis. Le citoyen français sera ainsi en 2018 : sitôt levé, sitôt debout.

Michel Rouger

04/01/2018

Nono