Vu, lu, entendu... Travail

10/04/2014

Les ouvrières damnées du low-cost



Crédit photo : Chasseur d’étoiles
Crédit photo : Chasseur d’étoiles
Si vous l’avez manqué cette semaine sur France 5, vous pouvez revoir ici, jusqu’au 15 avril en replay, le documentaire "Les damnées du low-cost", de Franck Vrignon, Anne Gintzburger et Anne-Sophie Chaumier Le Conte.

« Produire toujours plus vite pour des corps et des visages qu’on ne verra jamais. Produire toujours moins cher pour les multinationales du textile, produire pour satisfaire les besoins des consommateurs occidentaux. » Ces consommateurs, c’est nous.
 
A des milliers de kilomètres, un autre monde. Des pieds nus actionnent la mécanique des machines à coudre. Ceux des travailleurs du Bangladesh, qui s’activent dans les entrailles de l’usine textile « Rana Plaza ». Il y a un an, le bâtiment s’écroulait sur ses 4 000 ouvriers. Aujourd'hui, les survivants se souviennent : « La veille de l’effondrement, on a vu des fissures. » Et pourtant. Le lendemain, le patron ordonne aux ouvriers de reprendre le travail.
 
Dans les décombres, les vêtements fabriqués par les morts accusent. Les marques sont toujours lisibles sur les étiquettes. Organisations de droits de l’homme, syndicats, collectif d’avocats se battent pour placer les multinationales face à leurs responsabilités. « Elles veulent faire des marges de 40 à 70%. Elles disent que si ça n’est pas possible, elles iront voir ailleurs », témoigne un patron. Le constate est cynique : qu’importent les violations des droits de l’homme et des droits des travailleurs, tant que la main d’œuvre est bon marché.
 
Des députés français ont élaboré une proposition de loi menaçant de sanctions les multinationales qui ne s'assureraient pas du respect de ces droits par leurs prestataires. Un outil pour les faire plier. Une loi qu’il faudra maintenant faire parvenir jusqu’à l’Assemblée nationale.

Emilie Lay







Le billet de la semaine

​Les Martiens


« Nous y sommes ! Nous voilà ! », a tweeté Emmanuel Macron. Où donc ? C’était le jeudi 18 février peu avant 22 h. Le président français semblait revenu de Mars avec l’astromobile Perseverance. C’était comme s’il avait planté notre drapeau là-bas. Certes, il se trouvait devant un écran mais c’est l’imaginaire qui compte. Quel voyage ! L’homme (moins la femme) sera toujours ainsi à la conquête de l’extrême, des sommets aux abysses, la chevauchée la plus fantastique restant bien sûr la Conquête de l’Ouest. Car notre trip vers Mars semble au XXIe ce que la Ruée vers l’or fut au XIXe. La Starship, la fusée d’Elon Musk, le fantasque milliardaire, est notre cheval. Musk ne pourra pas envoyer des humains sur la Planète Rouge avant longtemps mais peu importe. Le principal est comment exploiter Mars, comment faire du business. Et comment rendre supportable l’insupportable. Oublier la Terre qui se déglingue. Quoi qu’il en coûte. Une chose est certaine : de la planète humaine, tous les Musk du monde ont déjà décollé. 

Michel Rouger
les_martiens.mp3 Les martiens.mp3  (1.15 Mo)


24/02/2021

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