Vu, lu, entendu...

06/03/2011

L'histoire ordinaire de Léopoldine, de Saint-Malo


« Ce roman est celui du destin extraordinaire d’une femme ordinaire », annonce l’éditeur Pascal Galodé. De son côté, l’auteur, Michèle FOULAIN, s’inscrit dans une lignée de femmes de Saint Malo au « caractère bien trempé ». Il n’en fallait pas plus pour me donner envie de lire « À l’ombre des remparts ».


L'histoire ordinaire de Léopoldine, de Saint-Malo
En 180 pages, d’une écriture simple, classique, dans un style parfois un peu naïf, Michèle FOULAIN nous raconte la vie de Léopoldine et de ses quatre enfants. Fille de marin pêcheur –Terre Neuva - Léopoldine, à 16 ans, épouse par amour Jean Marie, chirurgien dentiste. La famille de celui-ci – de grande bourgeoisie malouine – ne reconnaîtra jamais la « mésalliance ».

Peu importe, le couple est libre et le métier de Jean Marie leur assure une vie sans souci. Le bonheur familial, un plaisir d’amour toujours intact depuis le premier soir où Léopoldine eut le sentiment d’être « accrochée au plafond » par Jean Marie ; une histoire de vie ordinaire qui deviendrait vite mièvre si l’Histoire avec un grand H ne les rattrapait pas. Le destin de Léopoldine bascule quand Jean Marie – appelé en 1916 - est tué au front.
 
 Ce roman nous présente une « figure de femme » moderne : indépendante, industrieuse, s’embarrassant peu des conventions religieuses ou sociales, mère, femme, entrepreneur, résistante quand il le faut, généreuse sans ostentation bourgeoise… 
 
Les combats de Léopoldine ne sont pas « sociaux » mais individuels. Elle se bat au quotidien pour vivre, réussir sa vie, à l’échelle de la famille,  de la ville enserrée dans ses remparts ou ouverte au grand large,  des solidarités amicales ou de voisinage. La société, l’actualité politique ou sociale ne sont jamais présents, jamais pressentis… sauf quand, à deux reprises dans sa vie, l’Histoire surgit et met à bas le bel édifice : deux guerres, la perte du mari, du fils ainé, du gendre,  à chaque fois faire face pour survivre, résister, remonter la pente, accompagner, entrainer les proches… 

Bien sûr on est loin des grands romans sociaux ou historiques et pourtant, autant dans ce qu’elle dit que dans ce qu’elle ne dit pas, Michèle FOULAIN nous apprend quelque chose sur l’histoire ordinaire, à l’ombre des remparts de Saint Malo, dans la première partie du XX° siècle. 

Pour découvrir l’histoire de gens ordinaires tels que nous voulons les promouvoir ici, il est intéressant de fréquenter  des éditeurs enracinés en région. En éditant ce premier roman, Les éditions Pascal Galodé de Saint Malo,  nous le prouvent.  On trouve "À l'ombre des rempart" dans toutes les bonnes librairies, en ligne ou en ville...

Alain JAUNAULT.




Le Webdocumentaire





Donner un coup de main

Tout un chacun peut participer à Histoires Ordinaires. Proposer bien sûr des sujets de reportage et des informations pour la rubrique "Vu, lu, entendu" mais il y a aussi des tâches nombreuses, variées, aussi utiles qu'accessibles. Vous pouvez en trouver ici une liste. Ensuite il suffit de prendre contact avec la rédaction. 


Le billet de la semaine

​C’est la guerre

Tocsin. Mobilisation générale. "Nous sommes en guerre", a martelé six fois lundi soir le Président Chef des Armées. Tous aux abris ! Et bien entendu : on ne va pas, par désinvolture, filer la saloperie aux plus fragiles au risque qu’ils en meurent et d’aggraver la charge de travail des personnels soignants. Car l’ennemi pilonne durement nos services de santé inconsidérément fragilisés. Un peu comme nos bornés de généraux de 1914 avaient lancé des soldats en rouge/bleu horizon sous la mitraille allemande, nos gouvernants affaiblissent depuis des décennies nos hôpitaux. Avant que surgisse cette guerre, les héros célébrés aujourd’hui ont réclamé en vain des effectifs, des lits, des moyens suffisants. Ils se battaient depuis le 18 mars 2019, un an, impuissants comme nous tous devant la pandémie financière, dite parfois grippe américaine et en France CAC-40, qui n’est d’ailleurs pas pour rien dans celle du Covid-19. Mais regardons l’horizon. "Beaucoup de certitudes, de convictions sont balayées, seront remises en cause", a lancé lundi le chef de l’État. Après tout, après juin 40, il y eut mars 44, le programme du Conseil national de la Résistance, les Jours Heureux, la sécurité sociale pour tous, la solidarité collective. Ok, Général. En marche.

Michel Rouger
 

17/03/2020

Nono












Partenaires