Vu, lu, entendu...

« À genoux, Bretagne ! ou l’arnaque des Benêts Rouges »


20/11/2013

Sous le titre « À genoux, Bretagne ! ou l’arnaque des Benêts Rouges », sort cette semaine aux Éditions La Part Commune (3,99 €) un pamphlet virulent contre le mouvement qui agite la Bretagne. En voici des extraits.




« À genoux, Bretagne ! ou l’arnaque des Benêts Rouges »
L'auteur, qui signe sous le pseudonyme de Youen DrougRu, s'adresse d'abord à ceux qui ont participé fin octobre à « cette désolante promenade quimpéroise (...), rien d’une Révolution, tout au plus le morne théâtre de la Soumission. »

« Ne venez pas prétendre que vous vous êtes soulevés, vous vous êtes prosternés devant vos maîtres, ceux- là même qui vous bafouent depuis des décennies. Vous avez mis genou à terre, soumis au bon vouloir de vos patrons sans scrupule.

Pendant tant d’années vous leur avez picoré dans la main pour des salaires de misère, parmi les plus bas de l’Hexagone (...); malgré tantôt le paternalisme, tantôt la morgue , toujours la suffisance affichée pour empocher les subventions phénoménales consenties par l’Europe, parfois la Région, sinon l’État français, sans le moindre souci de moderniser l’outil de production, d’organiser les filières, de tisser des complémentarités.

(...) Combien de fois ne sommes-nous descendus dans les rues – peut-être en compagnie de quelques-uns d’entre vous – pour crier notre révolte, exiger le respect, le développement de l’emploi, des salaires décents...mais jamais nous ne nous sommes fourvoyés dans une telle mascarade, qui vous conduit à vous laisser happer dans le sillage tracé par ceux qui vous ont virés, ou s’apprêtent à le faire ; qui ont si mal géré vos entreprises, et qui, incapables d’admettre leur médiocrité, leur imprévoyance, leur absence de vision, ont l’audace d’exploiter, cette fois encore, ce qui vous reste, votre désarroi, votre désespérance face à l’avenir.

(...) Ces patrons de l’agriculture, de l’agro- alimentaire, des transports, et d’autres secteurs, font preuve d’un vrai talent à passer l’éponge destinée à effacer leurs compromissions aux sombres années de la Droite, qu’ils ont tant cajolée. Avez-vous souvenir de leurs protestations quand Borloo, Kosciusko- Morizet, Fillon faisaient voter la loi instituant l’écotaxe ? D’autant qu’on allait la rabattre de 50% pour les patrons bretons.

(...) Môssieu Sauvaget, le patron de Tilly-Sabco (...) Croyez-vous qu’il aurait un seul mot sur sa gestion de ces dernières années ? S’il a su prendre les bonnes décisions pour assurer l’avenir, au salaire qui est le sien ? Que nenni ! C’est sans doute l’écotaxe, qui devait être perçue à compter de janvier 2014, qui l’a étranglé, lui aussi. Quelle absence de pudeur !

(...) Pas mal aussi le numéro, en coulisse, du Jean-Guy, vicomte adulé d’Armor-Lux. Habile le coquin (...) J'aimerais comprendre, mon médiatique et si chaleureux Jean-Guy, en quoi cette pauvre écotaxe peut mettre en péril la circulation des marinières, des tee-shirts à prix d’enfer, des pantalons et chemisettes, dont le seul prix interdit l’achat aux smicards majoritaires au pays de tes copains de l’agro-alimentaire ? Deux, trois centimes de plus par article ? Tu te fous de moi ?

(...) Mais quelle pub ! Vous vous rendez compte ! Des heures et des heures d’images ! (...) Et presque un label, les Bonnets rouges, volé à notre Histoire bretonne (...) Tu es un redoutable publicitaire. tu n’as plus besoin de l’encombrant Montebourg. Je prends le pari, qu’aux prochaines présidentielles, on voudra t’arracher (...) Le Pen l’a déjà compris : il porte ton bonnet !

(...) Et ce n’est pas en toute innocence que tu as confié au Thierry Merret la mission de porter haut le bonnet en question (...), ce caïd que je vois encore, fin des années 80, début des 90, à la tête de quelques excités, mettant le feu au revêtement de la route, sur le pont de Morlaix. Des millions de francs de dégâts, par seul caprice corporatif, et pour tenter un peu d’exister face à la légende de quelques aînés (...) Et il n’y eut pas que le pont, la violence était son seul langage : dévastation de la sous-préfecture de Morlaix, et plus tard, ses amis, à son exemple, en commando pour tout casser à la mairie de Brest

(...) Vous ne l’aviez pas beaucoup vu pendant les cinq années du règne Sarkozy. Silencieux le Thierry ? Satisfait ? Européen heureux enfin ? Sans doute, puisqu’on ne l’a pas vu mobiliser ses troupes en 2009, quand Fillon et Borloo ont fait voter l’écotaxe, on ne l’a pas entendu le 6 mai 2012, quand la Bande, cette autre Bande, celle de Sarkozy, en a signé les décrets d’application.

(...) Quant à Troadec, (...), caïds et patrons-voyous se sont bien servis de l’édile du Kreis-Breizh, qui ne repousse pas, quant à lui, ceux qui ne pensent qu’à se mettre encore plein les poches, et le voilà, ridicule, qui y va de son ultimatum pour qu’on supprime l’écotaxe ! Et mes routes ? Ma 164 ? Et mes hôpitaux ? Et mes écoles de campagne ? Je la veux, moi, cette taxe !

À vomir !

Ce que nous n’oublierons pas de si tôt c’est l’usage qu’ils ont fait les uns et les autres des drames de notre Histoire, cette façon de la dévoyer, de la mépriser, pour les plus bas calculs, par l’usage malhonnête de la tragédie des Bonnets Rouges, de ce bonnet qui ne devient, au fil des jours, que le symbole d’un incontrôlable et désespérant mardi-gras.

Parmi tous ces charlots empressés à payer leur obole au Jean-Guy, combien seulement connaissent la tragique répression ordonnée par ce roi fasciste, ne vous en déplaise (y compris pour l’anachronisme) qu’était Louis XIV ?   » (...)






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Le billet de la semaine

​2018, la révolte

2018 s'achève et il en restera surtout, non pas la victoire de footballeurs millionnaires, mais la révolte des invisibles qui, soudain, n'ont plus supporté de courber l'échine devant les inégalités brutales économiques et sociales imposée par le pouvoir absolu de l'argent. Il y a cinquante ans, la révolte ouvrière et étudiante contre une société archaïque inaugurait quinze années de transformations profondes, notamment la libération des femmes. Après les “évènements de 68”, les “évènements de 2018” ? La révolte des Gilets Jaunes, largement soutenue par l'opinion, peut-elle annoncer un nouveau moment historique où la réduction des inégalités et la défense de la planète, devenues clairement indispensables et indissociables, seraient devenues priorités politiques ? C'est possible mais il faudra cette fois dominer les démons qui se sont réveillés, ceux de la droite extrême qui rêve, dans tout l'Occident en crise, de ramasser la mise...

Michel Rouger

13/12/2018

Nono