Vu, lu, entendu...

18/06/2015

À lire : « Un château en Bretagne »




À lire : « Un château en Bretagne »
Les histoires singulières sont souvent le meilleur chemin pour mieux connaître un pays. « Un château en Bretagne » de Bernard Boudic est de celles-là. En nous transportant dans l'histoire du domaine de Plaçamen, dans le Finistère, depuis la Révolution de 1789, l'auteur nous fait percevoir le basculement mental survenu dans ce pays du bout du monde. Alors que la gauche détient le pouvoir depuis trente ans, il est important de saisir ou de se rappeler à quel point la Bretagne était ancrée dans une tradition féodale et catholique qui la fit résister longtemps à la République.

L'auteur est un journaliste de talent doublé ici d'un historien rigoureux. Il a une troisième qualité et pas la moindre : Plaçamen a été son univers. Il y a grandi. Ses parents, le père au jardin, la mère sur tous les fronts du quotidien, ont régné sur le domaine durant trente-trois ans lors des longues absences des propriétaires. De Plaçamen, son âme et son histoire, Bernard Boudic connaît tous les recoins. Une visite à ne pas manquer.

Un château en Bretagne, de Bernard Boudic, 232 p, Éditions Coop Breizh, 24,90 €.    
 




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Le billet de la semaine

​Marché colonial

Toi, viens, toi dehors... Sur les bords de la Méditerranée, une nouvelle place du marché est née. Des femmes et des hommes épuisés par un horrible voyage attendent. Des fonctionnaires français passent, s'arrêtent, choisissent : ils font leur marché selon les besoins en main d'œuvre décrétés par le gouvernement. Jadis la France est allée coloniser et spolier l'Afrique. Puis les Total, Bolloré et consorts ont continué à piller ses ressources en soutenant des dirigeants corrompus. Aujourd'hui, en renouant avec les « quotas » des années 30, l'ancienne puissance coloniale pille ouvertement le savoir-faire des pays africains, ce qui va les enfoncer un peu plus. Après les ingénieurs et médecins par milliers, les ouvriers qualifiés. Mais il y a là du matériel électoral pas cher et payant. Créer ces quotas suggère que les immigrés nous envahissent. Durcir l'aide médicale insinue qu'ils abusent. C'est faux, ignoble, mais ça éclipse les retraites, urgences ou assurance chômage. Et en faisant de nouveau du Sarkozy, qui prônait les quotas en 2008, Macron met la droite au supplice : « Nous aussi, on nous pille ! » C'est ça le pire.

Michel Rouger

08/11/2019

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