Vu, lu, entendu...

30/05/2013

Un abécédaire du parler à l'arsenal de Brest




Un abécédaire du parler à l'arsenal de Brest
Gérard Cabon est un pur ti zef. Il est entré apprenti à l'arsenal de Brest et y a fait toute sa carrière, comme son père. Au fil de toutes ces années, il a bossé, lutté... et écrit sur son carnet les expressions uniques des ouvriers brestois. Poussé par ses amis, il en a fait un ouvrage sous forme d'abécédaire où les mots prennent une couleur supplémentaire dans les dessins de Nono. Ces deux-là ne pouvaient que faire tandem un jour... 

Erik Orsenna commente bien la nature de l'ouvrage dans la préface : « Il se trouve, dit-il, que les ouvriers qui, par milliers, travaillent dans cette ville du dessous, ont au fil des jours et des années fini par inventer un langage. Un langage pour donner de la couleur au quotidien dans cette immense caverne. Et de l'humour à la gravité du travail. Un langage savoureux, pertinent, aigu, imaginatif, pleins d'inventions et d'autodérision. »

Abécédaire du parler de l'arsenal, Éditions Dialogues, 120 pages, 15 €.





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Le billet de la semaine

​Marché colonial

Toi, viens, toi dehors... Sur les bords de la Méditerranée, une nouvelle place du marché est née. Des femmes et des hommes épuisés par un horrible voyage attendent. Des fonctionnaires français passent, s'arrêtent, choisissent : ils font leur marché selon les besoins en main d'œuvre décrétés par le gouvernement. Jadis la France est allée coloniser et spolier l'Afrique. Puis les Total, Bolloré et consorts ont continué à piller ses ressources en soutenant des dirigeants corrompus. Aujourd'hui, en renouant avec les « quotas » des années 30, l'ancienne puissance coloniale pille ouvertement le savoir-faire des pays africains, ce qui va les enfoncer un peu plus. Après les ingénieurs et médecins par milliers, les ouvriers qualifiés. Mais il y a là du matériel électoral pas cher et payant. Créer ces quotas suggère que les immigrés nous envahissent. Durcir l'aide médicale insinue qu'ils abusent. C'est faux, ignoble, mais ça éclipse les retraites, urgences ou assurance chômage. Et en faisant de nouveau du Sarkozy, qui prônait les quotas en 2008, Macron met la droite au supplice : « Nous aussi, on nous pille ! » C'est ça le pire.

Michel Rouger

08/11/2019

Nono












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