Vu, lu, entendu...

17/08/2012

Etonnants voyageurs dans la Littérature-Monde




Créé en 1990  par Michel Le Bris, Christian Rolland, Maëtte Chantrel et Jean-Claude Izzo, le festival  Etonnants Voyageurs attire tous les ans à Saint Malo en Bretagne 60 000 visiteurs pour une exploration de la littérature-monde. D'Orient, d'Afrique, des Amériques et d'Europe, ils sont 
quelques 200 écrivains à venir partager leurs interrogations et leurs découvertes : «  Les seuls spécialistes de l’inconnu que je connaisse, ce sont les artistes » dit d'eux Michel Le Bris. Et parce que tout va plus vite, pas de thème unique mais « des images et des réflexions multiples sur ce monde qui naît chaque jour ».  Le festival "Etonnants Voyageurs" vient de rejoindre la World Alliance, le club des plus importants festivals de littérature dans le monde, aux côtés de Jaipur, Pékin, New York, Edimbourg, Melbourne, Berlin, Toronto. 

 


Etonnants voyageurs dans la Littérature-Monde

A Bamako, Haïti, Haïfa, Cape Town....

Depuis plusieurs années, le festival s'exporte ailleurs. Premier festival du livre francophone subsaharien, il est devenu le lieu d’affirmation d’une nouvelle génération d’auteurs africains : Alain Mabanckou Abdourahman Waberi, Fatou Diome, Ken Bugul, Kossi Effoui, Florent Couao-Zotti...Au coeur de la littérature-monde, ils sont nombreux à souligner le rôle qu'a joué Etonnants Voyageurs dans la reconnaissance de la littérature africaine au-delà du continent africain. 

A Port-au-Prince, c'est une autre histoire :  « Toute écriture est une île qui marche ». C'est sous la présidence de Lyonel Trouillot et Dany Laferrière que démarre le premier festival en Haïti. « Le monde au miroir d’Haïti, Haïti au miroir du monde » était le titre de la deuxième édition à la ville du séisme en janvier 2010. Dès le lendemain, l'équipe du festival, qui était sur place, a décidé avec Lyonel Trouillot et Dany Laferrière (co-présidents de l'association Etonnants Voyageurs Haïti) que le festival se tiendrait à Saint Malo en mai 2010. 15 écrivains haïtiens ont répondu présents à l'appel.

A Haïfa, une première édition a eu lieu en 2008. Une quarantaine d'auteurs de tous pays sont venus dont un tiers de poètes - pour contribuer à enrichir le dialogue et rendre hommage à Mahmoud Darwish.

Dans la cadre de la saison française en Afrique du Sud, l’Open Book, le festival littéraire de la ville du Cap, a donné carte blanche à Étonnants Voyageurs pour concocter deux jours de programmation dédiés à des auteurs francophones les 22 au 23 septembre 2012.
 



Merci à Baudelaire

Vous vous interrogez peut-être sur l'origine du nom du festival; Il est tiré d'un poème de Baudelaire et nous invite aux voyages intérieurs.


« Étonnants voyageurs ! quelles nobles histoires
Nous lisons dans vos yeux profonds comme les mers !
Montrez-nous les écrins de vos riches mémoires,
Ces bijoux merveilleux, faits d'astres et d'éthers.

Nous voulons voyager sans vapeur et sans voile !
Faites, pour égayer l'ennui de nos prisons,
Passer sur nos esprits, tendus comme une toile,
Vos souvenirs avec leurs cadres d'horizons.  

Dites, qu'avez-vous vu ? »





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Le billet de la semaine

​Marché colonial

Toi, viens, toi dehors... Sur les bords de la Méditerranée, une nouvelle place du marché est née. Des femmes et des hommes épuisés par un horrible voyage attendent. Des fonctionnaires français passent, s'arrêtent, choisissent : ils font leur marché selon les besoins en main d'œuvre décrétés par le gouvernement. Jadis la France est allée coloniser et spolier l'Afrique. Puis les Total, Bolloré et consorts ont continué à piller ses ressources en soutenant des dirigeants corrompus. Aujourd'hui, en renouant avec les « quotas » des années 30, l'ancienne puissance coloniale pille ouvertement le savoir-faire des pays africains, ce qui va les enfoncer un peu plus. Après les ingénieurs et médecins par milliers, les ouvriers qualifiés. Mais il y a là du matériel électoral pas cher et payant. Créer ces quotas suggère que les immigrés nous envahissent. Durcir l'aide médicale insinue qu'ils abusent. C'est faux, ignoble, mais ça éclipse les retraites, urgences ou assurance chômage. Et en faisant de nouveau du Sarkozy, qui prônait les quotas en 2008, Macron met la droite au supplice : « Nous aussi, on nous pille ! » C'est ça le pire.

Michel Rouger

08/11/2019

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