Vu, lu, entendu...

02/08/2012

Lire ou relire « L'énigme du retour »




Lire ou relire « L'énigme du retour »
L'appel téléphonique fatal
que tout homme d'âge mûr
reçoit un jour.
Mon père vient de mourir.
J'ai pris la route tôt ce matin. 
Sans destination.
Comme ma vie à partir de maintenant.



Ainsi commence " L'énigme du retour ", de l'écrivain haïtien Dany Laferrière. Ce roman/texte/journal a obtenu le prix Medicis en 2009 (éditions Grasset) et vient d'être réédité en livre de poche.

Lire ou relire « L'énigme du retour »
La mort du père, qu'il n'a pratiquement pas connu, est le fil conducteur de ce "retour au pays natal" que le fils, exilé, effectue en hommage au disparu, lui-même exilé solitaire à Brooklin. Il faut lire ce livre, voyage nostalgique, rêveur et poétique, sans pathos mais teinté d'humour à l'occasion, dans cette formidable île d'Haïti. Laferrière n'oublie pas qu'il a été journaliste et son récit est empreint d'observations toujours pertinentes, souvent bienveillantes - sauf quand il parle des journalistes occidentaux ou des représentants des ONG... - envers la société haïtienne, et particulièrement les petites gens.

C'est un livre plein d'émotions et de sensations qui se déguste à petite dose, que l'on n'a pas envie de quitter, vers lequel on revient, tant il crée une atmosphère qui nous emporte, l'air de rien, vers les questions fondamentales de la vie.  
 





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Le billet de la semaine

​Marché colonial

Toi, viens, toi dehors... Sur les bords de la Méditerranée, une nouvelle place du marché est née. Des femmes et des hommes épuisés par un horrible voyage attendent. Des fonctionnaires français passent, s'arrêtent, choisissent : ils font leur marché selon les besoins en main d'œuvre décrétés par le gouvernement. Jadis la France est allée coloniser et spolier l'Afrique. Puis les Total, Bolloré et consorts ont continué à piller ses ressources en soutenant des dirigeants corrompus. Aujourd'hui, en renouant avec les « quotas » des années 30, l'ancienne puissance coloniale pille ouvertement le savoir-faire des pays africains, ce qui va les enfoncer un peu plus. Après les ingénieurs et médecins par milliers, les ouvriers qualifiés. Mais il y a là du matériel électoral pas cher et payant. Créer ces quotas suggère que les immigrés nous envahissent. Durcir l'aide médicale insinue qu'ils abusent. C'est faux, ignoble, mais ça éclipse les retraites, urgences ou assurance chômage. Et en faisant de nouveau du Sarkozy, qui prônait les quotas en 2008, Macron met la droite au supplice : « Nous aussi, on nous pille ! » C'est ça le pire.

Michel Rouger

08/11/2019

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