Vu, lu, entendu...

26/06/2014

En librairie : la conquête de l'Ouest vue par Céline Minard




En librairie : la conquête de l'Ouest vue par Céline Minard
Les mêmes personnages et les mêmes décors qui, dans toutes les épopées, nous racontent la conquête de l’Ouest : ses cow-boys, des indiens, des voleurs de chevaux, des chariots dans la plaine, des danseuses de saloon et des migrants, bien portants et mourants, qui se retrouvent, plus ou moins par hasard dans une ville champignon sortie de nulle part.
 
Les codes du genre et les clichés sont tous là : nous avons droit à une attaque de diligence, à un saloon/bordel tenu par une maquerelle, à des chinois blanchisseurs, des buveurs de whisky bon marché, etc. 
 
Pourtant l'image mythique du western ne cesse d'être mise à mal dans ce récit qui trouve ses fondements dans les rapports humains. Céline Minard, l’auteure, nous conte la naissance d'un monde neuf, dont les personnages sont portés par l’espoir d’une vie meilleure et où chacun aura sa chance, quel que soit son turbulent passé. 
 
Son écriture magnifique et redoutable de précision, restitue les ambiances, comme si on y était : les odeurs, les couleurs, les émotions des personnages, les rythmes. Un roman palpitant, successivement rapide comme une balle ou lent comme l'avancée d’un chariot tracté par des boeufs, mais aussi un hymne à la nature sauvage porté par un souffle continu.

Dominique Crestin


« Faillir être flingué » de Céline Minard - Editions Payot et Rivages 2013. 20 €.
 





Le Webdocumentaire





Donner un coup de main

Tout un chacun peut participer à Histoires Ordinaires. Proposer bien sûr des sujets de reportage et des informations pour la rubrique "Vu, lu, entendu" mais il y a aussi des tâches nombreuses, variées, aussi utiles qu'accessibles. Vous pouvez en trouver ici une liste. Ensuite il suffit de prendre contact avec la rédaction. 


Le billet de la semaine

​Marché colonial

Toi, viens, toi dehors... Sur les bords de la Méditerranée, une nouvelle place du marché est née. Des femmes et des hommes épuisés par un horrible voyage attendent. Des fonctionnaires français passent, s'arrêtent, choisissent : ils font leur marché selon les besoins en main d'œuvre décrétés par le gouvernement. Jadis la France est allée coloniser et spolier l'Afrique. Puis les Total, Bolloré et consorts ont continué à piller ses ressources en soutenant des dirigeants corrompus. Aujourd'hui, en renouant avec les « quotas » des années 30, l'ancienne puissance coloniale pille ouvertement le savoir-faire des pays africains, ce qui va les enfoncer un peu plus. Après les ingénieurs et médecins par milliers, les ouvriers qualifiés. Mais il y a là du matériel électoral pas cher et payant. Créer ces quotas suggère que les immigrés nous envahissent. Durcir l'aide médicale insinue qu'ils abusent. C'est faux, ignoble, mais ça éclipse les retraites, urgences ou assurance chômage. Et en faisant de nouveau du Sarkozy, qui prônait les quotas en 2008, Macron met la droite au supplice : « Nous aussi, on nous pille ! » C'est ça le pire.

Michel Rouger

08/11/2019

Nono












Partenaires