26/06/2014

En librairie : la conquête de l'Ouest vue par Céline Minard



En librairie : la conquête de l'Ouest vue par Céline Minard
Les mêmes personnages et les mêmes décors qui, dans toutes les épopées, nous racontent la conquête de l’Ouest : ses cow-boys, des indiens, des voleurs de chevaux, des chariots dans la plaine, des danseuses de saloon et des migrants, bien portants et mourants, qui se retrouvent, plus ou moins par hasard dans une ville champignon sortie de nulle part.
 
Les codes du genre et les clichés sont tous là : nous avons droit à une attaque de diligence, à un saloon/bordel tenu par une maquerelle, à des chinois blanchisseurs, des buveurs de whisky bon marché, etc. 
 
Pourtant l'image mythique du western ne cesse d'être mise à mal dans ce récit qui trouve ses fondements dans les rapports humains. Céline Minard, l’auteure, nous conte la naissance d'un monde neuf, dont les personnages sont portés par l’espoir d’une vie meilleure et où chacun aura sa chance, quel que soit son turbulent passé. 
 
Son écriture magnifique et redoutable de précision, restitue les ambiances, comme si on y était : les odeurs, les couleurs, les émotions des personnages, les rythmes. Un roman palpitant, successivement rapide comme une balle ou lent comme l'avancée d’un chariot tracté par des boeufs, mais aussi un hymne à la nature sauvage porté par un souffle continu.

Dominique Crestin


« Faillir être flingué » de Céline Minard - Editions Payot et Rivages 2013. 20 €.
 








Le billet de la semaine

Fou


C’est fou de voir dans quels égarements conduit la récupération politique du malheur, de l’émotion collective d’un fait divers. Présidents de la République en tête. Courant après Le Pen père et fille, Nicolas Sarkozy s’en était fait une spécialité. Emmanuel Macron vient de sauter dans sa foulée. Le 14 avril, dans l’affaire Halimi,  la Justice a conclu à l’irresponsabilité pénale du meurtrier pris d’une "bouffée délirante" liée au cannabis : aussi sec, le Président de la République a demandé un "changement de la loi au plus vite". A problème de société complexe, réponse réflexe, irrationnelle. On peut se shooter volontairement pour commettre un acte programmé mais dans la plupart des cas l’usage des stupéfiants est lié à d’autres troubles ou à des conditions de vie difficiles voire dramatiques où la responsabilité des gouvernants dépasse celle des individus. Quand on sait que le nombre des malades psychiques en prison est déjà l’un des grands scandales français, ces récupérations électoralistes tiennent quelque part du délire. 

Michel Rouger
20210422_fou.mp3 20210422 Fou.mp3  (1.14 Mo)


22/04/2021

Nono



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