Vu, lu, entendu...

26/06/2014

En librairie : la conquête de l'Ouest vue par Céline Minard



En librairie : la conquête de l'Ouest vue par Céline Minard
Les mêmes personnages et les mêmes décors qui, dans toutes les épopées, nous racontent la conquête de l’Ouest : ses cow-boys, des indiens, des voleurs de chevaux, des chariots dans la plaine, des danseuses de saloon et des migrants, bien portants et mourants, qui se retrouvent, plus ou moins par hasard dans une ville champignon sortie de nulle part.
 
Les codes du genre et les clichés sont tous là : nous avons droit à une attaque de diligence, à un saloon/bordel tenu par une maquerelle, à des chinois blanchisseurs, des buveurs de whisky bon marché, etc. 
 
Pourtant l'image mythique du western ne cesse d'être mise à mal dans ce récit qui trouve ses fondements dans les rapports humains. Céline Minard, l’auteure, nous conte la naissance d'un monde neuf, dont les personnages sont portés par l’espoir d’une vie meilleure et où chacun aura sa chance, quel que soit son turbulent passé. 
 
Son écriture magnifique et redoutable de précision, restitue les ambiances, comme si on y était : les odeurs, les couleurs, les émotions des personnages, les rythmes. Un roman palpitant, successivement rapide comme une balle ou lent comme l'avancée d’un chariot tracté par des boeufs, mais aussi un hymne à la nature sauvage porté par un souffle continu.

Dominique Crestin


« Faillir être flingué » de Céline Minard - Editions Payot et Rivages 2013. 20 €.
 





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Le billet de la semaine

​C’est la guerre

Tocsin. Mobilisation générale. "Nous sommes en guerre", a martelé six fois lundi soir le Président Chef des Armées. Tous aux abris ! Et bien entendu : on ne va pas, par désinvolture, filer la saloperie aux plus fragiles au risque qu’ils en meurent et d’aggraver la charge de travail des personnels soignants. Car l’ennemi pilonne durement nos services de santé inconsidérément fragilisés. Un peu comme nos bornés de généraux de 1914 avaient lancé des soldats en rouge/bleu horizon sous la mitraille allemande, nos gouvernants affaiblissent depuis des décennies nos hôpitaux. Avant que surgisse cette guerre, les héros célébrés aujourd’hui ont réclamé en vain des effectifs, des lits, des moyens suffisants. Ils se battaient depuis le 18 mars 2019, un an, impuissants comme nous tous devant la pandémie financière, dite parfois grippe américaine et en France CAC-40, qui n’est d’ailleurs pas pour rien dans celle du Covid-19. Mais regardons l’horizon. "Beaucoup de certitudes, de convictions sont balayées, seront remises en cause", a lancé lundi le chef de l’État. Après tout, après juin 40, il y eut mars 44, le programme du Conseil national de la Résistance, les Jours Heureux, la sécurité sociale pour tous, la solidarité collective. Ok, Général. En marche.

Michel Rouger
 

17/03/2020

Nono












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