Vu, lu, entendu...

L'agriculteur gagne contre Monsanto


16/02/2012



Première en France : le 13 février,  le tribunal de grande instance de Lyon a jugé la firme américaine Monsanto « responsable » de l'intoxication de Paul François, l'agriculteur en lutte depuis 2004 après l'inhalation d'un herbicide, le  « Lasso ». L'indemnité va être fixée après expertise médicale. Le géant américain prévoit de faire appel.

Paul François est le premier agriculteur français a porté plainte contre le géant de l'agrochimie pour faire reconnaître à la fois son cancer comme maladie professionnelle et la responsabilité de Monsanto

Le 12 décembre dernier, lors de l'audience, Maître François Lafforgue a insisté sur la responsabilité de la firme états-unienne, rappelant que le produit qui a causé l'intoxication de Paul François a été retiré du marché en 1985 au Canada, en 1990 en Belgique, en 1992 au Royaume Uni et seulement en 2007 en France.

Paul François n'est pas un militant écolo du bio. Il continue d'utiliser à petite dose des pesticides et des herbicides même s'il se prépare par ailleurs à adopter le désherbage mécanique. Il suit un cheminement qui l'amène à remettre en cause des années de formation à l'école d'agriculture où on ne lui a pas enseigné autre chose.

Aujourd'hui, il s'interroge en tant que président de Phyto-Victime, l'association qu'il a créé pour briser le silence qui pèse sur le lien entre produits phytosanitaires et maladies des agriculteurs. Il accorde une grande importance à la prévention menée auprès des jeunes agriculteurs. Pour les convaincre du danger, le témoignage des paysans malades sur le site est incontournable.





Dans la même rubrique :
< >

Mercredi 16 Septembre 2015 - 11:14 "Sauvons Les Choisinets !" (suite…)

Jeudi 19 Juin 2014 - 16:31 Institutrice-paysanne en garde à vue !



Le Webdocumentaire





Donner un coup de main

Tout un chacun peut participer à Histoires Ordinaires. Proposer bien sûr des sujets de reportage et des informations pour la rubrique "Vu, lu, entendu" mais il y a aussi des tâches nombreuses, variées, aussi utiles qu'accessibles. Vous pouvez en trouver ici une liste. Ensuite il suffit de prendre contact avec la rédaction. 


Le billet de la semaine

Les vieux

Papy Michel (Drucker), 76 ans, publie 286 pages "pour rester jeune" tout en attaquant de nouveau le "jeunisme ambiant". N'y a-t-il pas là une sorte d'antilogie, pourrait chuinter notre académicien chenu Valéry Giscard, 92 ans ? Vouloir rester jeune quand on est vieux, n'est-ce pas du jeunisme ? En fait, Papy s'accroche, vieille histoire. Brassens lui a pourtant dit que le temps ne fait rien à l'affaire : quand on est, on est. Et surtout pas être et avoir été. Au demeurant, on peut être vieux et dans le vent : face à la dictature de l'instant, ne fait-on pas aujourd'hui l'éloge de la lenteur, l'atout majeur des vieux ? Donc, rester gaillard mais lent, engagé mais lent. Marcher lentement ralentit le temps. Pourquoi courir, pédaler, sauter, pour  « mourir jeune », le pire ? Non, plutôt être vieux. Mourir très vieux. Au final, même, « les vieux ne meurent pas, ils s'endorment un jour... », comme chantait Brel mort trop jeune il y a 40 ans ce mois-ci. Déjà. Comme le temps passe.

Michel Rouger

16/10/2018

Nono