Vu, lu, entendu...

17/10/2015

« Novlangue : le vrai fardeau de la dette »




Altermondes s’attaque à la langue de bois, à la "novlangue" qui manipule aujourd'hui les esprit. « Les mots que nous utilisons en disent souvent plus que le sens que nous voudrions leur donner, certains finissent même par faire écran de fumée à la réalité qu’ils prétendent décrire. Il en faudrait des bûcherons pour abattre toute cette langue de bois. » 

Franck Lepage, créateur des conférences gesticulées et fervent militant de l’éducation populaire, s’est attelé à la tâche avec son compère Philippe Merlant, journaliste, co-auteur de Médias : la faillite d’un contre-pouvoir (Fayard, 2009). Dans un texte et une courte vidéo, le duo, avec humour et des mots simples, s'attaque ici au discours sur la fameuse dette qui vise « surtout à générer de la culpabilité ».  « L’économie moderne, disent-ils notamment, a dénaturé le sens de la dette (...) nulle part les plans d’austérité imposés au prétexte de (la) rembourser n’ont réussi à la  réduire (...) Et si le vrai fardeau de la dette résidait dans ce système de croyance dont il faudrait pourtant se défaire. »  
 




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Le billet de la semaine

​Marché colonial

Toi, viens, toi dehors... Sur les bords de la Méditerranée, une nouvelle place du marché est née. Des femmes et des hommes épuisés par un horrible voyage attendent. Des fonctionnaires français passent, s'arrêtent, choisissent : ils font leur marché selon les besoins en main d'œuvre décrétés par le gouvernement. Jadis la France est allée coloniser et spolier l'Afrique. Puis les Total, Bolloré et consorts ont continué à piller ses ressources en soutenant des dirigeants corrompus. Aujourd'hui, en renouant avec les « quotas » des années 30, l'ancienne puissance coloniale pille ouvertement le savoir-faire des pays africains, ce qui va les enfoncer un peu plus. Après les ingénieurs et médecins par milliers, les ouvriers qualifiés. Mais il y a là du matériel électoral pas cher et payant. Créer ces quotas suggère que les immigrés nous envahissent. Durcir l'aide médicale insinue qu'ils abusent. C'est faux, ignoble, mais ça éclipse les retraites, urgences ou assurance chômage. Et en faisant de nouveau du Sarkozy, qui prônait les quotas en 2008, Macron met la droite au supplice : « Nous aussi, on nous pille ! » C'est ça le pire.

Michel Rouger

08/11/2019

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