Vu, lu, entendu...

« Le féminin de candidat, c'est suppléante »


04/03/2012



« Le féminin de candidat, c'est suppléante »
D'après l'Observatoire des inégalités, la représentation des femmes en politique, progresse lentement, 21,8 % de femmes au Sénat et 18,5 % à l'Assemblée Nationale. A ce rythme, le nombre de sièges obtenus par les femmes pour faire la parité sera atteint à l'Assemblée dans 25 ans ! Deux femmes sont à la tête d'une région, six sont présidentes de Conseil Général et six à la tête des 38 communes de plus de 100 000 habitants.



Ces Parlementaires et leurs astuces pour contourner la loi

Nicole Forest, membre de l'association des femmes élues de la Loire, sait de quoi elle cause. Au Parlement, les lois sur la parité sont votées majoritairement par les hommes, bien représentés. En tiennent-ils compte ? Où sont les candidates ? sur les listes certes mais... La réforme territoriale qui prévoit la suppression des conseillers généraux et régionaux pour créer des conseillers territoriaux ne parle plus de parité.

La parité renvoie à des choix de société bien au-delà de la représentation politique. La loi a, par exemple, égalisé l'autorité parentale ou renforcé la place du père dans l'éducation. La parité est un mouvement de fond favorable aux laissés pour compte et doit entraîner des modifications profondes.

L'arsenal législatif est en place, les droits sont les mêmes, il reste à les faire appliquer. L'électeur choisit-il une femme pour les valeurs qu'elle défend ou parce que c'est une femme ? Les partis font-ils figurer les femmes parce qu'elles sont compétentes ou parce que c'est obligatoire ?  

Lors des dernières élections sénatoriales, par exemple, vous vous posez la question : combien de sénatrices ? Après avoir visionné la vidéo, vous serez édifiés : 21 femmes sur 132 sénateurs à l'UMP et 29 sur 130 sénateurs au PS. 

La Marianne de la Parité

1791 : « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne » d'Olympe de Gouges. En voici le préambule : « Les mères, les filles, les soeurs, représentantes de la nation, demandent d'être constituées en Assemblée nationale. » Il faudra attendre le 8 juillet 1999 pour qu'une revision ajoute à l'article 3 de la constitution le texte suivant : « la loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives. »

La contrainte législative peut aider mais ce n'est pas suffisant. Les changements passent par un changement de mentalité. C'est ce à quoi s'emploie le réseau pluraliste d'associations de femmes pour la parité dans les instances élues  Elles Aussi

« Rendre les femmes élues plus visibles, faire reconnaitre leurs compétences, lever les freins à l'accès des femmes aux postes de décision politique et les convaincre à s'engager » ce sont leurs objectifs depuis vingt ans.

Pour rendre les femmes élues visibles, Elles Aussi a lancé « La Marianne de la Parité » le 8 mars 2011. 
Un jury départemental composé d'associations féminines et de membres du réseau épluche les questionnaires remis  à chaque mairie ou communauté de communes. Ils visent à connaître le nombre de femmes, leur position dans l'exécutif ou leur délégation. Les Mariannes sont décernées aux collectivités les plus en pointe comme cela vient de se faire à Seran dans le Loiret.

« Le féminin de candidat, c'est suppléante »
Vos acquis d'élu/e local/e

En partenariat avec l'Université de Bretagne Occidentale à Brest, Elles Aussi a réalisé un guide.« A travers le service qu’ils ont rendu à la collectivité, les élu/e/s locaux possèdent des compétences nouvelles dans des domaines dont ils ignoraient l’essentiel, comme la conduite de projet, la gestion ou la communication » remarque Armelle Danet, la présidente« mais rares sont ceux qui sont en mesure de définir précisément ce qu’ils ont appris ». 

Basé sur des témoignages, le livret reprend neuf domaines de compétences pour « valoriser les acquis et rassurer les candidats potentiels, en particulier les femmes sur l'apport d'un mandat maunicipal et permetter aux élu/e/s un retour serein à une vie professionnelle et personnelle après une parenthèse politique. »

Elles Aussi va plus loin en proposant aux candidats à la présidence un vrai statut de l'élu/e local/e avec, notamment, un droit à un bilan des acquis du mandat. Elles Aussi le prépare actuellement avec des élues  et des professionnelles un protocole d'accompagnement de sortie de mandat. 

L'association fait appel à des mairies pilotes pour mener à bien des bilans ouverts, au titre de la parité, autant aux femmes qu'aux hommes.

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Le billet de la semaine

​On y croit

« Nous avons besoin de repenser un grand projet social », a dit le Président. Ce n'est pas une blague lancée au téléphone à l'ami Hanouna. Ni un nouveau coup de com'. C'est du sérieux. C'était dimanche soir, aux vœux. « Demandez-vous chaque matin ce que vous pouvez faire pour le pays », a dit aussi notre Kennedy à nous. Et voilà que dès potron-minet chaque Français pense au grand projet social. S'en va lutter contre la stigmatisation des chômeurs et des migrants, les attaques contre les HLM ou l'audio-visuel public. S'en va lutter contre les projets du gouvernement. Pense justice, liberté, égalité, fraternité, écologie pour tous. La bataille des valeurs entre la droite et la gauche, à l'obsolescence programmée, est de nouveau en marche. Des députés marcheurs redeviennent d'ailleurs socialistes. On y croit, Président. C'est promis. Le citoyen français sera ainsi en 2018 : sitôt levé, sitôt debout.

Michel Rouger

04/01/2018

Nono