Vu, lu, entendu... Amériques

04/10/2012

États-Unis : tripatouillages aux élections



États-Unis : tripatouillages aux élections
 L'Express daté du 26 septembre rapporte comment, « dans nombre d'Etats américains, les législateurs républicains multiplient les obstacles au vote » avec, pour objectif de « décourager les électeurs traditionnels du Parti démocrate, Noirs en tête ».

A titre d'exemple, « une nouvelle loi de l'Etat de Pennsylvanie exige désormais, en effet, une pièce d'identité spéciale afin d'accéder aux bureaux de vote. Cette tracasserie administrative semble avoir été conçue pour dissuader les citoyens pauvres et mal informés, les plus âgés et les plus jeunes et, surtout, les électeurs noirs majoritairement démocrates » (...).

« La scène se répète aux quatre coins du pays, poursuit l'Express, depuis qu'une soudaine et étrange phobie de la fraude électorale a conduit les assemblées législatives de 33 Etats, toutes à majorité républicaine (hormis Rhodes Island) à requérir de nouvelles preuves d'identité des électeurs (…) Les intentions de ces législateurs, élus pour la plupart lors du raz de marée conservateur de 2010, sont ouvertement politiques: le chef de la majorité républicaine à l'assemblée de Pennsylvanie a même annoncé publiquement, en juin dernier, que ces lois aideraient Mitt Romney à gagner ».

« Sont-ils racistes? Peu importe! Ils pratiquent une discrimination en fonction de la race, s'insurge l'historien Vernon Burton, auteur d'un rapport accablant, présenté à Washington, sur le cas de la Caroline du Sud, leur seul objectif est d'éviter que la participation électorale record des Noirs, qui fut essentielle à la victoire d'Obama en 2008, ne se réédite cette année ».

Dans le même ordre d'idée, écrit encore l'hebdomadaire, « des Etats où l'issue du scrutin est incertaine, tels l'Ohio, la Virginie ou la Floride, ont aussi interdit, pour de prétendues raisons budgétaires, les votes anticipés. Ils permettaient notamment aux Noirs de se rendre facilement en groupes aux urnes après l'office du dimanche précédant le mardi, jour du scrutin ».

Ces diverses « manœuvres pourraient amputer l'électorat démocrate de près de 2 points, décisifs dans une élection qui s'annonce serrée ». 
 

 
 
 





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Le billet de la semaine

​C’est la guerre

Tocsin. Mobilisation générale. "Nous sommes en guerre", a martelé six fois lundi soir le Président Chef des Armées. Tous aux abris ! Et bien entendu : on ne va pas, par désinvolture, filer la saloperie aux plus fragiles au risque qu’ils en meurent et d’aggraver la charge de travail des personnels soignants. Car l’ennemi pilonne durement nos services de santé inconsidérément fragilisés. Un peu comme nos bornés de généraux de 1914 avaient lancé des soldats en rouge/bleu horizon sous la mitraille allemande, nos gouvernants affaiblissent depuis des décennies nos hôpitaux. Avant que surgisse cette guerre, les héros célébrés aujourd’hui ont réclamé en vain des effectifs, des lits, des moyens suffisants. Ils se battaient depuis le 18 mars 2019, un an, impuissants comme nous tous devant la pandémie financière, dite parfois grippe américaine et en France CAC-40, qui n’est d’ailleurs pas pour rien dans celle du Covid-19. Mais regardons l’horizon. "Beaucoup de certitudes, de convictions sont balayées, seront remises en cause", a lancé lundi le chef de l’État. Après tout, après juin 40, il y eut mars 44, le programme du Conseil national de la Résistance, les Jours Heureux, la sécurité sociale pour tous, la solidarité collective. Ok, Général. En marche.

Michel Rouger
 

17/03/2020

Nono












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