26/09/2012

Doux : « Monsieur le Président, je vous fais une lettre... »



Doux : « Monsieur le Président, je vous fais une lettre... »
Quelques échos du « dossier Doux », ce groupe familial centré sur la production et la vente de poulets et dindes, dans lequel sont menacés quelques milliers d'emplois. Plus que menacés pour certains, puisque environ 1.700 salariés, appartenant au pôle frais du groupe, ont appris en septembre qu'ils perdaient leur travail. Cette lettre au président François Hollande a été rédigée par Raymond Gouiffès, délégué central d'entreprise, qui l'a rendue publique.
 
« Monsieur le Président, vous avez dit vouloir savoir la vérité sur le groupe Doux, je vais vous dire ce que je sais, ce que vous ignorez peut-être, mais que ceux qui vous entourent doivent bien savoir ».

« Depuis que Agropar est né, holding familial de Doux, aucun compte n'a été déposé au greffe du tribunal comme la loi l'exige : quelles sanctions ? (…) Dès l'arrêt des comptes 2010, les commissaires aux comptes ont attiré l'attention sur les risques de non continuité de l'exploitation, du fait des difficultés à satisfaire les contraintes imposées par les banques notamment, ce qui n'a pas empêché les actionnaires de Doux SA (Agropar) de s'octroyer un dividende de 1 million d'euros au titre de cet exercice. »

« Le but de Charles Doux (ndlr, le PDG) était de se "débarrasser" du pôle frais pour "sauver" ce qui était le plus "juteux", grâce aux subventions européennes. Je sais que, sur des subventions de l'ordre de 50 à 60 millions d'euros (ndlr: européennes, montant par an), plus de 40 millions allaient dans les poches des banquiers et prêteurs du groupe. 
»

« Je sais que les mêmes banques avaient contraint le groupe à limiter ses investissements totaux à 35 millions d'euros, ce qui était manifestement insuffisant pour maintenir un outil compétitif. Je sais que ce n'est pas le coût du travail qui a mis en péril le groupe, mais le coût du capital et l'avidité de ceux qui le détiennent » (...)

« Le ministère public aurait pu arrêter le massacre, il l'a cautionné. Peut-être voulez-vous savoir comment on vit avec un SMIC et des articulations qui ont passé 30 années dans un abattoir de poulets ? » (…)

« Monsieur le Président, le peuple vous a donné le pouvoir pour que ça change, prenez le pouvoir et ne laissez plus les possédants vous dicter leur loi. Au-delà de nos emplois, c'est votre crédibilité qui est en jeu. »

« Respectueusement,

Raymond Gouiffès, salarié de chez Doux ».
 

Notons que les subventions européennes aux exportations de poulets - celles évoquées par Raymond Gouiffès - doivent cesser en 2017. Il y a fort à parier que d'autres usines du groupe Doux subiront alors un nouveau plan social si rien n'est fait d'ici là et si la production n'est pas réorientée vers le marché intérieur. En même temps qu'elle exporte, la France importe 40% de sa consommation de volailles.
 
 
 
 
 




1.Posté par Anonymous le 27/09/2012 21:18
Certes tout cela est exact ! Mais doit on aussi sauver l'insauvable, à savoir une production intensive, des animaux malades et survivant dans des conditions indignes puis vendre leurs abats découpés à des humains pour qu'eux également soient malades ?
Ne faudrait pas plutôt repenser (panser ?) l'agriculture dite intensive sous un autre angle, plus respectueux des animaux et des humains ?







Le billet de la semaine

​Bolloré en Indochine


Frappé en ce moment par la fuite de journalistes craignant de subir à leur tour, avec l’intrusion du Groupe Bolloré, la dérive droitière de Cnews, le journal L’Express va pouvoir au moins, dans un premier temps, conter les belles histoires du dit Groupe. La dernière se passe au Cambodge. Par amour du caoutchouc, le groupe  français accapare en 2008 des terres ancestrales de l’ethnie Bunong et y plante des hévéas. En 2015, des paysans se rebellent. Suivent divers épisodes. Le dernier a eu lieu le 2 juillet devant le tribunal de Nanterre et a été marqué par une belle victoire du droit français : celui de Bolloré contre les paysans cambodgiens incapables, ces indigènes, de fournir des droits de propriétés en bonne et due forme. Pour prix de leur toupet, ils devront payer en outre une indemnité de procédure au planteur français. L’avocat des Bunongs a aussitôt fait appel. Suspense. Le prochain épisode de Bolloré en Indochine sera à suivre, dans L’Express bien sûr. 

Michel Rouger
20210708_bollore_en_indochine.mp3 20210708 Bolloré en Indochine.mp3  (1.17 Mo)


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