Lu, vu, entendu... Migrants

21/03/2013

Direction... Tunis pour la caravane des migrants



Direction... Tunis pour la caravane des migrants
La politique de « fermeture des frontières » avec des coûts humains, sociaux et économiques énormes ne peut se poursuivre. Le nombre de morts de migrants, en mer ou dans les déserts, dans des conditions inhumaines, continue d'augmenter. La détention et l’expulsion sont désormais des pratiques banalisées. 

Les migrants paient le prix fort, aux passeurs tout d'abord. Véritables marchandises humaines, objet de tous les trafics, les migrants sont victimes d'un commerce qui ne se nomme pas. Ils paient dans les lieux où ils arrivent : ils sont de passage dans des logements de fortune, face à une population lassée qui ne comprend pas pourquoi elle paie de sa poche, via les impôts, l'accueil des migrants. Elle comprend d'autant moins quand elle vit elle-même dans la précarité.

Née à Gorée en février 2011 juste avant le Forum Social Mondial de Dakar, l’Assemblée Mondiale des Migrants pour l’approbation de la Charte Mondiale des Migrants interpelle sur la question migratoire, les migrants et leurs combats. Elle se propose de travailler avec les associations de solidarité lors du Forum Social Mondial qui se tiendra à Tunis du 26 au 30 mars prochain.

Ce sera « un moment de convergence, d’action et d'intelligence collective dépassant le cadre de l'expertise traditionnelle visant à produire des propositions et des éléments de consensus nouveaux. Un espace de dialogue permanent entre les migrants et les associations de solidarité au niveau mondial et il aurait pour objectif de renforcer les actions des différents acteurs sociaux pour renforcer la lutte pour la reconnaissance des droits des migrants au niveau mondial. »

Lors du Forum, d'autres inititives seront prises dans ce sens par des organisations locales mais aussi par des organisations extérieures. La Coalition Internationale des Sans-papiers et Migrants ( CISPM ) organise une caravane qui partira de Berlin, passera par Bruxelles, siège de l’UE, par Valence, Milan, puis s’embarquera pour Tunis.

Traverser en sens inverse la frontière méridionale, sur cette mer où tant de gens meurent chaque année, c'est amener les migrants à parler de leur situation sans que d’autres ne le fassent à leur place, pour qu’à partir des expériences de chacun des réponses adaptées soient trouvées. Ce sera, espérons-le, un moyen supplémentaire de parler d'une autre organisation de l'économie mondiale et pas seulement de social.





Le Webdocumentaire





Donner un coup de main

Tout un chacun peut participer à Histoires Ordinaires. Proposer bien sûr des sujets de reportage et des informations pour la rubrique "Vu, lu, entendu" mais il y a aussi des tâches nombreuses, variées, aussi utiles qu'accessibles. Vous pouvez en trouver ici une liste. Ensuite il suffit de prendre contact avec la rédaction. 


Le billet de la semaine

​C’est la guerre

Tocsin. Mobilisation générale. "Nous sommes en guerre", a martelé six fois lundi soir le Président Chef des Armées. Tous aux abris ! Et bien entendu : on ne va pas, par désinvolture, filer la saloperie aux plus fragiles au risque qu’ils en meurent et d’aggraver la charge de travail des personnels soignants. Car l’ennemi pilonne durement nos services de santé inconsidérément fragilisés. Un peu comme nos bornés de généraux de 1914 avaient lancé des soldats en rouge/bleu horizon sous la mitraille allemande, nos gouvernants affaiblissent depuis des décennies nos hôpitaux. Avant que surgisse cette guerre, les héros célébrés aujourd’hui ont réclamé en vain des effectifs, des lits, des moyens suffisants. Ils se battaient depuis le 18 mars 2019, un an, impuissants comme nous tous devant la pandémie financière, dite parfois grippe américaine et en France CAC-40, qui n’est d’ailleurs pas pour rien dans celle du Covid-19. Mais regardons l’horizon. "Beaucoup de certitudes, de convictions sont balayées, seront remises en cause", a lancé lundi le chef de l’État. Après tout, après juin 40, il y eut mars 44, le programme du Conseil national de la Résistance, les Jours Heureux, la sécurité sociale pour tous, la solidarité collective. Ok, Général. En marche.

Michel Rouger
 

17/03/2020

Nono












Partenaires