Lu, vu, entendu... Migrants

À l'écran : l'histoire de Yuna, immigrée bretonne à Paris


05/03/2014

Si vous êtes sensible à l'histoire sociale, et particulièrement celle de la Bretagne, ne manquez pas le 13 Mars la diffusion du film "Le voyage de Yuna", de Mathilde Jounot, sur le réseau des TV locales Bretonnes : TV Rennes, Tébéo et TBsud.




Mercredi 26 février, 300 personnes se pressaient aux portes du théâtre Chateaubriand à Saint-Malo pour assister à une présentation en avant-première du documentaire « Le voyage de Yuna », en présence de Mathilde Jounot, la réalisatrice scénariste, et Franck Ollivry, compositeur de la musique originale.


Yuna est une tante de Mathilde. En 1925, toute jeune, elle décide de quitter sa Bretagne pour travailler à Paris. Dans la ville lumière la main d'œuvre provinciale et aussi étrangère (Polonais, Italiens, Espagnols Russes…) fait tourner les ateliers Tous rêvent d'une vie meilleure dans un pays où l'on est maitre de son destin. Mais à l'arrivée, montre ce film, la réalité est plus difficile que prévue.

Yuna s'installe à Saint-Denis ou l'Amicale des Bretons, sous l'impulsion des frères Jean et Jules Tremel, tire vers le socialisme et le syndicalisme la communauté bretonne structurée avant guerre par les œuvres de la paroisse bretonne de Paris et le "socialisme chrétien" de l'Abbé Cadic.

Comme tous les immigrés Yuna veut garder les liens avec sa terre d'origine mais le fossé s'approfondit avec ceux qui sont restés au pays. Elle souffre de l'incompréhension de sa mère. Elle s'est mariée d'amour avec un travailleur polonais et voit reconnue ses talents de couturière par Irina, immigrée russe dont l'atelier de modiste attire dans ces années d'entre deux guerres une clientèle joyeuse et cosmopolite. Yuna s'ouvre à la ville et au monde. Jusqu'à ce que les conventions d'expulsion des étrangers en1932, en pleine crise, marquent une césure entre les immigrés de l'intérieur et de l'extérieur... 

Dédicaces du DVD édité par "portfolio production"
Dédicaces du DVD édité par "portfolio production"
En 52 minutes, Mathilde Jounot dresse un portrait romancé, un peu lyrique, utilement documenté par les interviews de Françoise le Goaziou (vice-présidente de la Mission bretonne de Paris) , Gérard Réquigny (président de l'Amicale des Bretons de Saint-Denis) et surtout Jean Rohou, universitaire Rennais, célèbre "fils de ploucs"). 

Mathilde Jounot n'a pas fait un documentaire didactique ou historique. Le scénario part d'une tentative de roman. « J'avais écrit une histoire de 300 pages à partir de lettres et des souvenirs de ma tante », explique-t-elle. Cette histoire ordinaire d'une immigrée bretonne, elle voulait la faire connaître pour son caractère universelle. C'est aussi un bon antidote au "syndrome de Bécassine".


La réalisation de Mathilde Jounot est servie par des images soignées, évocatives plus que descriptives, œuvres de Sergio Pulido et Javier Zepeda et plus encore par la musique de Franck Ollivry qui donne son rythme et son atmosphère au film.
La réalisation respire le travail d'une équipe en cohésion, passionnée par son sujet.

Alain Jaunault
Mathilde Jounot et Franck Ollivry
Mathilde Jounot et Franck Ollivry






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Le billet de la semaine

​Londres-Paris-Alger

Ce 29 mars 2019, la Grande-Bretagne devait hisser les voiles du Brexit et s'éloigner gaiement des côtés européennes avec à la manœuvre la paire Farage-Johnson braillant le God save the Queen pinte au vent. But no. Et que Dieu sauve la reine en effet, tant les deux fieffés menteurs ont enlisé le peuple anglais dans une jelly épaisse. Parallèlement, à Paris, la monarchie républicaine vient de taper avec une violence inouie sur une partie de son  peuple et les appareils politiques semblent aussi has been que le Labour ou les Tories. Dans les deux riches et vieux pays, l'esprit démocratique semble fatigué. Qu'ils regardent alors au-delà d'une autre mer, au sud. Par des manifestations monstres, joyeuses et non-violentes, toutes générations et milieux confondus, le peuple algérien a fait plier la caste des profiteurs qui l'assujettit depuis l'indépendance. Nul ne connaît les lendemains de cette révolution pacifique mais la rue algérienne est sûrement une source d'inspiration pour les anciens empires, n'est-il pas ?  

Michel Rouger

28/03/2019

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