Demain, on change

29/04/2020

Davantage de potagers dans les villes


L'agriculture urbaine ne nourrira pas les villes, mais elle peut y contribuer. En ce printemps de confinement, les jardiniers amateurs ont beaucoup travaillé. Dans une étude sur trois villes de l'Ouest (Alençon, Caen et Rennes) Maxime Marie (1) précise la contribution de ces jardins potagers à l'alimentation locale.


Près de 45ha de jardins potagers dans l'agglomération de Rennes en 2015 ( Maxime Marie, revue Vertigo)
Près de 45ha de jardins potagers dans l'agglomération de Rennes en 2015 ( Maxime Marie, revue Vertigo)
« L'agriculture urbaine est pratiquée par 800 millions de personnes dans le monde d'après la FAO (organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture)  : elles produisent 15 % des denrées alimentaires mondiales ».  Ce constat regroupe des réalités très diverses : jardins partagés, potagers informels, jardins ouvriers... En été, la consommation personnelle de fruits et légumes de ces jardiniers amateurs est quasi assurée. A Rennes, par exemple, les productions potagères domestiques couvrent 45ha, et 50ha à Caen . 

Les surfaces de potagers par ménage sont plus importantes pour les catégories populaires et des retraités. Les jardins collectifs, notamment familiaux, se trouvent aux marges de la ville dense et à proximité immédiate des quartiers de grands ensembles édifiés dans les années 1960 et 1970, Le Blosne à Rennes, le Chemin Vert à Caen.

Les communes périphériques ont, elles, accueilli de nouveaux habitants dans les années 1970-80. Elles sont marquées par la présence en grand nombre de potagers, à la fois dans le bâti ancien et dans les jardins des pavillons récents (comme à Bréteville-sur-Odon,  pour Caen, Montgermont ou Chantepie pour Rennes, Saint-Paterne pour Alençon). Avec un peu plus de 540 tonnes de légumes auto-produits et plus 10 000 tonnes de légumes consommés par an, on constate une contribution relativement faible des potagers domestiques dans l’agglomération de Rennes, soit environ 5 %.  A Alençon, la part des légumes auto-produits atteint 18 % de la consommation . « La forte représentation des catégories populaires et leurs liens encore forts avec le monde rural et agricole peut apparaître comme la première explication » souligne Maxime Marie 

La contribution des productions potagères domestiques au système alimentaire local  est différente selon les agglomérations,  les quartiers...  en fonction de  la composition sociale de la population, de la forme de la ville et des possibilités d'accès à un espace pour cultiver. Les agriculteurs, les maraîchers  à proximité des villes avec les marchés et les différentes formes de circuits courts  tiennent, eux, une place principale dans l'alimentation des habitants des villes. La crise actuelle met aussi en avant leur importance.

Flaminia  Paddeu, géographe, dans un entretien à Médiapart montre, par ailleurs,  l'intérêt et les difficultés de développer les potagers en ville.

J.F.B.

(1) Maxime Marie est Maître de conférences en Géographie, à l'Université de Caen. « Estimation de la contribution de la production potagère domestique au système alimentaire local » dans la revue Vertigo, Octobre 2019.




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