Vu, lu, entendu… Moyen-Orient

02/11/2011

« Le peuple veut », a dit le peintre




Derniers jours d'exposition pour Mourad Harbaoui à la galerie Samia Achour à Tunis. Les couleurs éclatent sur les murs blancs : le bleu de Sidi Bou Saïd, le jaune-soleil sur les ruines de Carthage, le vert des oasis de Douz. Palette victorieuse qui enserre des visages à la mine blafarde, aux traits fatigués pour cause de révolution, aux bouches rondes du cri de la révolte : « Le peuple veut » s'intitulent les deux plus grandes toiles.

Dans cette vidéo, Mourad Harbaoui partage, avec ses tripes, ce qu'est la liberté de la création quand souffle le vent de la liberté voulu par le peuple.
 





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Le billet de la semaine

​Marché colonial

Toi, viens, toi dehors... Sur les bords de la Méditerranée, une nouvelle place du marché est née. Des femmes et des hommes épuisés par un horrible voyage attendent. Des fonctionnaires français passent, s'arrêtent, choisissent : ils font leur marché selon les besoins en main d'œuvre décrétés par le gouvernement. Jadis la France est allée coloniser et spolier l'Afrique. Puis les Total, Bolloré et consorts ont continué à piller ses ressources en soutenant des dirigeants corrompus. Aujourd'hui, en renouant avec les « quotas » des années 30, l'ancienne puissance coloniale pille ouvertement le savoir-faire des pays africains, ce qui va les enfoncer un peu plus. Après les ingénieurs et médecins par milliers, les ouvriers qualifiés. Mais il y a là du matériel électoral pas cher et payant. Créer ces quotas suggère que les immigrés nous envahissent. Durcir l'aide médicale insinue qu'ils abusent. C'est faux, ignoble, mais ça éclipse les retraites, urgences ou assurance chômage. Et en faisant de nouveau du Sarkozy, qui prônait les quotas en 2008, Macron met la droite au supplice : « Nous aussi, on nous pille ! » C'est ça le pire.

Michel Rouger

08/11/2019

Nono












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