Vu, lu, entendu… Moyen-Orient

Grand Prix de Formule 1 : camisole au Bahreïn


11/04/2013



Photo : Reuters/Hamad Mohamed
Photo : Reuters/Hamad Mohamed
Le sport est devenu pour de nombreux pays un moyen de se donner une image de marque sur la scène internationale ou parfois tout simplement, d'exister sur la carte du monde. Les circuits de Formule 1 empruntent ainsi d'inattendus dédales sur la mappemonde.

Depuis quelques années, la Formule 1 fait escale à Bahreïn, un petit Etat du golfe Persique de 1,2 millions d'habitants, dont plus de la moitié sont des étrangers.

L'organisation de défense des droits de l'homme, Human Rights Watch (HRW), s'est élevée mercredi contre les "raids et les arrestations arbitraires " menées par la police parmi l'opposition en prévision du Grand Prix de Formule 1 programmé à Bahreïn du 19 au 21 avril.

"Des descentes nocturnes contre des personnes précises, effectuées par des agents masqués et en civil, qui ne présentent pas de mandat d'arrêt ou de perquisition", ce qu'exige en théorie la législation bahreïnie, "semblent destinés à intimider ces personnes, leurs familles et leurs partisans", écrit HRW. Ces opérations, "de nuit et à l'aube", se déroulent "dans des quartiers proches du circuit" de Sakhrir où doit se dérouler la course.

"Ces opérations et ces arrestations suggèrent que les autorités sont plus soucieuses d'éloigner les militants de la course que de répondre à des revendications légitimes ayant conduit les Bahreïnis à descendre dans la rue", déplore l'organisation.
Depuis plus de deux ans, et le début des Printemps Arabes, Bahreïn est secoué par un mouvement de protestation animé par la majorité chiite, contre la dynastie sunnite au pouvoir. Schématiquement, l'islam est divisé en deux grandes branches, les chiites et les sunnites, une division que l'on retrouve essentiellement au Proche et Moyen-Orient.

En 2011, où le Grand Prix de Formule 1 avait été annulé en raison de ces manifestations, l'Arabie Saoudite, séparée de Bahreïn par un pont, avait envoyé ses chars pour mettre un terme à la contestation en soutien à la famille bahreïnie régnante.

En 2012, le GP avait pu se dérouler normalement, malgré des manifestations des opposants qui avaient profité de l'occasion et des caméras du monde entier braquées sur ce petit territoire pour tenter de faire connaître leur demandes de réformes politiques.
Le fait que le Grand Prix 2012 se soit déroulé normalement avait permis aux autorités de se targuer d'un retour à la normale à Bahreïn.




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Le billet de la semaine

​Naufrage

Depuis une dizaine de jours maintenant, l'équipage de La Macronie souque ferme. Appelé en Méditerrannée pour secourir les 629 migrants de l'Aquarius chassés par les forbans parvenus à la barre de l'Italie, il s'est égaré en route. L'un des principaux officiers, le Breton Jean-Yves Le Drian, a cru voir l'Espagne "plus proche" que la France pour accueillir les malheureux, se trompant de quelque 180 milles nautiques (340 km). Du coup, ce sont les Espagnols, montrant l'exemple avec un bel ensemble à toute l'Europe, qui ont assuré le sauvetage. Depuis, l'équipage français rame pour ramener quand même une partie des migrants en France. Les socialistes bretons, eux, sont affligés. Leur chef historique agrégé d'histoire a perdu sa géographie, son histoire son socialisme et son ciré jaune. Ils se préparent à aller déposer des ex-voto dans leurs chapelles : "A notre capitaine qui nous a quittés sans retour en embarquant sur La Macronie."

Michel Rouger

21/06/2018

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