Vu, lu, entendu... Solidarité Nord-Sud

Il était une fois quatre anciens d'Algérie


06/07/2011



La création de 4acg en 2004 (Rémi Serres est 2e à g.)
La création de 4acg en 2004 (Rémi Serres est 2e à g.)
En janvier 2004, quatre anciens appelés ayant fait la guerre d'Algérie, Rémi Serres, Michel Delsaux, Armand Vernhettes et Georges Treilhou décidaient de « donner un sens à ce qui n’en avait pas » :
  
« Nous sommes quatre anciens appelés qui avons fait la guerre d’Algérie. À cette époque-là, nous, les gars du contingent, nous ne disions rien et n’avons pas eu le courage de hurler notre désaccord au monde.

Aujourd’hui, bien que percevant de modestes retraites, nous avons décidé de refuser la retraite du combattant et d’en reverser le montant à des populations souffrant de la guerre ou à des organismes œuvrant pour la paix.

Ce que nous avons vu et vécu en Algérie, l’inutilité de ce conflit, la conscience de “l’horreur de la guerre”, le désir de transmettre cette mémoire aux jeunes générations, nous poussent dans cette démarche. »

De l'Algérie à l'Afghanistan

Ces phrases fortes ont servi de fondements à la création de l’Association des anciens appelés en Algérie contre la guerre la « 4acg   ». « Quand on veut faire avancer l’histoire, il faut compter sur nous-mêmes et pas sur les gouvernements », a dit Rémi Serres lors du lancement. « On sait qu’on avance à contre-courant. C’est une démarche qui dérange. On a même reçu des lettres d’insultes, mais cela ne fait rien. Les chiens aboient et la caravane passe », a ajouté Georges Treilhou. 

Les quelques 500 euros de leur solde annuelle, les adhérents de l’association, de tous grades et armes confondus et de toutes les régions de France, les regroupent et soutiennent ainsi des projets de développement en Tchétchénie, en Algérie et en Palestine. Ils ont en commun au-delà de leurs divergences politiques, « d’avoir pris conscience du rôle néfaste de cette guerre d’Algérie, tant vis-à-vis des populations autochtones que vis-à-vis des jeunes soldats qu’ils étaient ». Pour cela, ils veulent aussi être des témoins : ils rencontrent les élèves des lycées et participent à des initiatives sur la paix, prenant position par exemple sur la guerre en Afghanistan.  
 





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Le changement

Le président français a donné le ton de la rentrée le 29 août au Danemark en daubant sur « les Gaulois réfractaires au changement. » Tollé ! Il y a pourtant du vrai. L'été a été celui du vieux monde : une brute à l'Élysée telle une barbouze gaulliste, un pote écrivain nommé consul, deux ministres peu exemplaires... Plus que tout, le ministre emblématique du changement a craqué, épuisé par l'habituelle trahison des promesses et le triomphe des lobbys, achevé par celui très vieille France des chasseurs. Un carriériste chevronné, as du classique retournement de veste, le remplace. Peut ainsi continuer sans frein la politique très fin de XXe siècle sans cesse rebattue qui dégrade la Planète, s'en prend aux droits des salariés, des retraités, des secourus pour engraisser les actionnaires. Aggrave les inégalités, mine peu à peu la société. Chante la Réforme pour donner le change, ne pas changer ni de voie ni la vie.  Il y a bel et bien des « Gaulois réfractaires au changement » : ils sont au pouvoir. 

Michel Rouger

06/09/2018

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