Vu, lu, entendu... Maghreb

Gaz de schiste made in Algérie


21/03/2013



Gaz de schiste made in Algérie
On sait le problème que pose l'exploitation du gaz de schiste : pollution des nappes phréatiques, émanation de produits toxiques, réchauffement climatique. On a tous vu des vidéos venant des USA montrant les fréquents accidents sur les zones d'exploitation.

En France, on est tranquille puisque ces techniques ont été rejetés par le gouvernement. Pas chez nous mais pourquoi pas chez les voisins? En décembre 2012, l'hebdomadaire Le Point annonçait, par la voix du ministre des affaires étrangères Laurent Fabius, que la France signerait un accord avec l'Algérie dans le but d'expérimenter les techniques de fracturation hydraulique utilisée pour l'exploitation du gaz de schiste.

Delphine Batho, ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, dément immédiatement l'information. Non, nous n'irons pas faire en Algérie ce que nous refusons chez nous. Las ! Entre l’arrêt définitif du gaz de Lacq et la diminution de la part du nucléaire, les importations françaises de gaz vont croître. La France achètera donc massivement du gaz à l'Algérie qui en possède une réserve de 17 000 milliards de mètres cubes.

Malgré l'opposition écologique algérienne qui pointe du doigt la grande quantité d'eau qui devra être utilisée dans un pays qui en manque, le ministre de l'Energie Youcef Yousfi a proposé d'offrir des avantages fiscaux à tous projets comme ceux de l'exploitation de ressources non conventionnelles. Dont acte.

En France, le  réseau RHONALPIN des collectifs opposés à l’exploitation des gaz et huiles de schiste pense que les recherches que le gouvernement français compte mener en Algérie serviront de preuves pour obtenir l'agrément des français sur une exploitation sur le territoire national. Cet accord avec l’Etat Algérien « est en totale contradiction avec le discours de François Hollande pour un « partenariat d’égal à égal », indique le réseau en renouvelant son « opposition ferme à l’exploration et à exploitation des gaz et huiles de schiste ».







1.Posté par patrick le 21/03/2013 19:41
Le comble, en Algérie, c'est que les capacités gigantesques et exposition solaire dans le Sahara , leur offre une opportunité de développer les technologies de demain. Concentration des miroirs sur des fours solaires thermiques et stockage hydrogène, ou encore photovoltaïque. Chaque m² terrestre offre une puissance gratuite de 250 W ( le minima dans cette région ) ! Le seul contre argument qui nous est proposé, c'est les surfaces nécessaires pour obtenir les GW équivalents que nous gaspillons dans les pays de l'OCDE principalement. Quoi qu'il arrive, il faudra bien y parvenir. La photosynthèse étant le modèle à suivre, qui a depuis des millions d'années démontré de son efficacité. D’ailleurs peu font le lien, les réserves fossiles, sont issues de ce processus naturel.... Un coffre fort, vieux de 250 millions d'années, vidé en moins de deux siècles... Faut-il dès lors s'étonner des tensions sur cette ressource énergie, le vecteur vie ?



Le Webdocumentaire





Donner un coup de main

Tout un chacun peut participer à Histoires Ordinaires. Proposer bien sûr des sujets de reportage et des informations pour la rubrique "Vu, lu, entendu" mais il y a aussi des tâches nombreuses, variées, aussi utiles qu'accessibles. Vous pouvez en trouver ici une liste. Ensuite il suffit de prendre contact avec la rédaction. 


Le billet de la semaine

​Hécatombes

La pollution auxiliaire numéro 1 de la mort. Près de neuf millions de victimes par an, selon une étude publiée mardi, dont 800 000 en Europe et 67 000 en France. Qu'ont bien pu faire ces dernières décennies les géants de la pétro-agro-bio-chimie et de l'automobile pour réduire cette pollution, cette hécatombe ? Rien. Ils continuent de cracher leurs particules à la même cadence qu'ils abreuvent de dividendes leurs actionnaires  et font bosser leurs salariés dont les cancers et les burn-out s'ajoutent à leur bilan. Les catastrophes liées au dérèglement climatique - qui, dès maintenant, tuent, blessent et déplacent des millions de personnes – ne les émeuvent pas davantage. Pas plus que Boeing n'a été ému par les 189 morts d'un premier crash de 737 Max en octobre. Il a fallu 157 nouvelles victimes dimanche, à Addis Abeba, pour que la firme soit acculée et que son action dévisse : au siècle du tout capitalisme, les chiffres de ses victimes devraient voisiner aux infos avec les cours du Dow Jones ou du CAC 40. 

Michel Rouger

14/03/2019

Nono