Vu, lu, entendu... Maghreb

03/06/2014

Au Maroc, pas de printemps pour les militants des libertés



Une série de condamnations a montré ces dernières semaines que le pouvoir marocain continuait à vouloir décourager les militants qui se battent dans le domaine social et celui des libertés. 
 
Le 6 mai, à Ouarzazate, Aomar Oubouhou, leader local de la Confédération Démocratique du Travail a écopé de 6 mois de prison ferme et d'amendes ; harcelé depuis des années, Hamid Majdi, dirigeant aussi de la CDT et du PSU (Parti Socialiste Unifié) a pris un an ferme avec amendes ; à Ouarzazate toujours, douze syndicalistes sont passés en procès le 22 mai et doivent être fixés sur leur sort le 26 juin. 
 
Le PSU évoque une « politique de répression systématique » contre « essentiellement  les militants des partis de la gauche, les étudiants de gauche à l'université, les associations de la société civile (ATTAC, associations des victimes des microcrédits, associations des jeunes, jeunes du mouvement de 20 février etc..) » ainsi que les militants syndicalistes.
 
De son côté, le Réseau Euro-Méditerranéen des Droits de l’Homme (REMDH) « exprime son inquiétude » face au jugement rendu par le tribunal correctionnel d’Aïn Sebaâ de Casablanca le 22 mai : onze jeunes militants du Mouvement du 20 février ont été condamnés à des peines allant jusqu’à un an de prison ferme. Ils avaient été arrêtés au milieu des quelque 10 000 manifestants présents  le 6 avril dernier à la marche nationale de protestation organisée à Casablanca pour la défense du pouvoir d’achat, la dignité, la liberté et la justice sociale. Une manifestation autorisée et pacifique.
 
De son côté, le rappeur contestataire Mouad Belghouat a subi une nouvelle arrestation musclée  le 18 mai à l'entrée d'un stade. C'est la troisième fois depuis 2011 : il a déjà passé quatre mois puis un an en prison.





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Le billet de la semaine

Violence d’État

Réalisant sans coup férir le vœu du Président de rendre le pays « plus humain » en 2020, trois policiers ont interpellé le 3 janvier à Paris un coursier à scooter, Cédric Chouviat, 42 ans, père de 5 enfants, et l’ont asphyxié par un plaquage ventral complété par une fracture du larynx. Mourir lors d’un contrôle routier… Les années se suivent et se ressemblent. L’année 2019 avait commencé par le coma, le 12 janvier, à Bordeaux, du Gilet Jaune Olivier Beziade, touché en pleine tête par un tir de LBD40, qui a inauguré une année répressive jamais vue dans un mouvement social. Le 21 juillet, à Nantes, les lacrymogènes des CRS ont aussi poussé Steve, 24 ans, dans la Loire. Mourir lors d’une Fête de la musique... La violence d’État ne désarme plus. Car le coupable, bien sûr, est moins le policier frappeur que les autorités qui l’arment, le couvrent, lancent leurs forces au premier attroupement, fût-il festif, pour impressionner, intimider. Quand le libéralisme autoritaire fait du citoyen ordinaire un adversaire... 

Michel Rouger
  

09/01/2020

Nono












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