Vu, lu, entendu… Moyen-Orient

14/09/2011

Au cinéma : Et maintenant on va où ?




Un petit village, au milieu de champs de mines, avec son église et sa mosquée : il sort de la fin d’une guerre qui n’est pas nommée. Chrétiens et musulmans partagent la même pénurie, vont se ravitailler à la même épicerie, boivent et jouent dans le même café et partagent la même douleur de la perte d’êtres chers, enterrés, chacun dans son carré, dans le cimetière.
 
Mais la haine n’est pas loin dans la mémoire des hommes. Les femmes, elles, n’en peuvent plus de pleurer et porter le noir du deuil. Quand elles entendent qu’à nouveau les combats ont repris dans un village voisin, elles se mobilisent, foulard sur la tête ou croix au cou, et inventent des stratagèmes, parfois très loufoques, pour empêcher leurs hommes de déterrer les armes.

Le film de Nadine Labaki se déroule comme un conte où on rit, où on chante et où on pleure pour être conduit malgré nous à se poser la question-titre Et maintenant on va où ?

On sort revigoré(e) de ce conte où les femmes nous invitent à l’utopie.
 
 
 





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Le billet de la semaine

​Marché colonial

Toi, viens, toi dehors... Sur les bords de la Méditerranée, une nouvelle place du marché est née. Des femmes et des hommes épuisés par un horrible voyage attendent. Des fonctionnaires français passent, s'arrêtent, choisissent : ils font leur marché selon les besoins en main d'œuvre décrétés par le gouvernement. Jadis la France est allée coloniser et spolier l'Afrique. Puis les Total, Bolloré et consorts ont continué à piller ses ressources en soutenant des dirigeants corrompus. Aujourd'hui, en renouant avec les « quotas » des années 30, l'ancienne puissance coloniale pille ouvertement le savoir-faire des pays africains, ce qui va les enfoncer un peu plus. Après les ingénieurs et médecins par milliers, les ouvriers qualifiés. Mais il y a là du matériel électoral pas cher et payant. Créer ces quotas suggère que les immigrés nous envahissent. Durcir l'aide médicale insinue qu'ils abusent. C'est faux, ignoble, mais ça éclipse les retraites, urgences ou assurance chômage. Et en faisant de nouveau du Sarkozy, qui prônait les quotas en 2008, Macron met la droite au supplice : « Nous aussi, on nous pille ! » C'est ça le pire.

Michel Rouger

08/11/2019

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