Citoyenneté / Libertés

Chez Patrick, l'esprit punk souffle à Saint Péran


31/03/2016

Depuis près de 20 ans, Patrick fait vivre une scène punk-rock au cœur du paisible village de Saint Péran, en bordure de la forêt de Brocéliande, en Bretagne. Un portrait entrant dans la réalisation du webdocumentaire "les 11 de Saint Péran" dont la sortie est annoncée début septembre.




Derrière son bar, Patrick Gouevy désigne fièrement l'innombrable collection de cassettes fournies par les groupes qu'il a découverts ou qui l'ont contacté au fil du temps. A raison d'une quarantaine de concert par an sur 20 ans, le "Bar concert de la Fontaine" de Saint Péran est devenu le lieu de passage obligé de tout ce que la Bretagne, et bien au delà, compte de groupes punk, hard rock, métal, débutants ou confirmés.

Ici, ils sont tranquillement chez eux et voilà bien longtemps que les habitants n'ont plus peur de ces musiciens à crêtes multicolores et de leur public à la drôle de dégaine.

A Saint Péran, Patrick est chez Lui. "Ce bar je le connais depuis toujours, se souvient-il ; enfant, je venais à l'école au village et j'attendais le bus devant le café." Plus tard, il vit avec une bande de copains du coin qui rêvent d'animer un bar-concert et c'est lui qui réalisera le rêve.

Un épisode des "11 de Saint", en pré-figuration

« Si vous voulez comprendre ce que l'on fait ici, avait dit Patrick, venez le 13 novembre, c'est le concert de l'année, avec les "Ramoneurs de Menhirs" », un groupe culte du punk-rock breton dont un des piliers, Loran Béru (souvenez-vous des Béruriers Noirs), vit en forêt de Brocéliande.


Dans cette interview commune, Loran dit toute son estime pour Patrick et son travail. 
Pour comprendre comment souffle l'esprit punk à Saint Péran, le mieux est de les voir et de les écouter.

Patrick Gouevy et Loran Beru
Patrick Gouevy et Loran Beru

Voir aussi les deux autre épisodes préfigurant la sortie du webdocumentaire les 11 de Saint Péran
  - faire culture(S) à Saint Péran
l'inauguration de la Gonelle

La tradition des cafés ruraux

Tout au long de la semaine, le "bar de la Fontaine" est une halte fréquentée par tous ceux - habitants ou randonneurs - qui se croisent au carrefour de Saint Péran. Patrick (avec sa compagne) a le sens du service : dans un bourg qui a perdu ses commerces, il fait dépôt de pain, point argent, épicerie de dépannage... Avec sa collègue Laurence qui, juste en face, tient le "bar de la randonnée", ils s'inscrivent dans la tradition des cafés ruraux, lieux de halte, d'échanges, de convivialité et finalement de culture populaire : les concerts et les retransmissions de matchs de foot chez Patrick, le jeu de fléchettes chez Laurence chez qui s'entraînent le mardi et le jeudi soir de prestigieuses équipes locales, distinguées en coupe de France.

Pour mémoire, Patrick nous apprend que la commune, nœud de communication, a compté jusqu'à huit estaminets. On ne peut parler du lien social et de la culture à Saint Péran sans s'intéresser aux animateurs de ces lieux de vie. L'équipe de réalisation du webdocumentaire "les 11 de Saint Péran"  a donc consacré à chacun un portrait vidéo. Nous publions cette semaine celui de Patrick en pré-figuration (la troisième...) de la sortie du webdocumentaire programmée pour fin Juillet ou début septembre. 

Reportage et réalisation :  Alain Jaunault
Photos et vidéo : Marvin Michielini

Chaque mois, le conseil municipal
Chaque mois, le conseil municipal

"Les 11 de Saint Péran : un an et demi de d'enquête et de tournage

Les lecteurs d'Histoires Ordinaires sont nombreux à s'être intéressés, et pour certain à avoir soutenu financièrement, la réalisation du webdocumentaire "Les 11 de Saint Péran". L'équipe de réalisation, au bout de près d'un an et demi d'enquête et de reportages, s'est engagée dans la mise en forme finale : écriture du récit, mise en forme et articulation des différents éléments écrits, audio visuels, conception et développement du site multimédia.  

Composée esssentiellement de "webdocumentaristes amateurs" l'équipe autour d'Alain jaunault (avec Marie-Anne Divet, Marie Noblet, Tugdual Ruellan) , apprend en faisant. Ils sont attachés à livrer un produit simple mais de qualité et les 2800 € recueillis lors de la campagne de crowdfunding sur Ulule ont permis d'assurer un minimum de support professionnel en s'associant principalement les compétences de Marvin Michielini, cadreur, monteur vidéo. 

Initialement prévue début avril, la sortie du webdocumentaire est désormais fixée à début septembre, un report nécessaire à la finalisation des tournages et de la post production.

La journée des bénévoles un temps fort du vivre ensemble.
La journée des bénévoles un temps fort du vivre ensemble.

Les 11 de Saint Péran, le pitch :

L'histoire pourrait commencer ainsi :  « Il était une fois à Saint-Péran, petite commune de 380 habitants, au cœur du Pays de Brocéliande en Bretagne, quatre femmes et sept hommes - dont six habitent la commune depuis moins de dix ans – engagés pour la promotion du " bien vivre ensemble et la gestion des "biens communs".

Aux élections municipales de 2014, Loïck, maire depuis six ans, décide de ne pas se représenter. Avec Isabelle et Patrick, deux élus partants pour un nouveau mandat, ils proposent à Maurice - installé sur la commune depuis 10 ans et qui vient de prendre sa retraite - de composer et prendre la tête d’une liste d’union municipale. Maurice accepte la proposition à condition de réussir à rassembler dans une liste ouverte un groupe d’habitants à l’image de la population de la commune qui a doublé en 20 ans par apports de nouveaux résidents.  Le candidat maire se pose d’emblée en « relayeur » des deux précédentes équipes municipales avec la volonté de dépasser les clivages plus sociologiques et culturels que politiques qui avaient structuré la compétition entre deux listes lors des précédents scrutins. 

La liste unique, rassemblée sous le slogan "agir pour le bien vivre ensemble à saint Péran" va convaincre plus de 80 % des électeurs qui on voté. Il reste à cette équipe à transformer la belle intention en réalisations et pratiques concrètes,  tout en veillant, sans opposition formelle au conseil, à garder vivant le débat démocratique. »  


Comment développer et gérer les « biens communs » ?  Comment être « à l’écoute » et « prendre soin » de la population dans sa diversité ? Comment « faire cultureS ensemble » ?  Et cela, en gérant des ressources limitées au mieux de l’intérêt de tous,  en gardant la maîtrise et la proximité de la décision tout en s’inscrivant de manière active et volontaire dans un mouvement de coopération territoriale intercommunale.  

En suivant durant plus d'une année les principaux évènement de la vie communale, nous avons cherché à voir et comprendre comment "les 11" et au delà, les nombreux habitants impliqués dans la vie sociale, économique, culturelle, cherchent et construisent des réponses à ces questions.

Saint Péran ne fait pas modèle 

Bien qu'habitant en lisière de la forêt de Brocéliande, les 11 de Saint Péran ne recherchent ni ne prétendent détenir le "Saint Graal" du développement local et de la démocratie participative.  Saint Péran n'est pas un laboratoire social, juste un territoire rural en mutation et sa population en mouvement, en Bretagne. Une histoire ordinaire individuelle et collective qui donne la pêche.

 





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Le Webdocumentaire





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Le billet de la semaine

​Peste moderne

Pas de pesticide pour elle. Apparue en Occident par un mélange de productivisme et d'argent fou, devenue rapidement un fléau planétaire, la pac, la peste agrochimique, est d'autant plus redoutable qu'elle a, avant d'empoisonner les agriculteurs et ouvriers qui la côtoient ou contaminer la chaîne alimentaire de la terre à l'assiette, infecté gravement les esprits. Pour les paysans qu'elle a sortis de la misère il y a un demi-siècle, elle reste une croyance exploitée sans vergogne par des prêcheurs mercantiles qui les poussent à surproduire avec l'appui de la FNSEA, cet étrange syndicat qui détruit ses propres adhérents, et celui de l'Union européenne qui s'est toujours couchée jusqu'ici devant le monstre Bayer-Monsanto et autres  empoisonneurs. Contre la peste agrochimique et les multiples maux des industries cyniques, un seul traitement : une double dose massive de mouvement citoyen et de courage politique. Il en existe des stocks inemployés.

Michel Rouger

19/10/2017

Nono