Pur beurre et pur plaisir
Pour voir un film pur beurre produit en Kreiz-Breizh, c’est facile, c’est possible et c’est
réjouissant.
Intitulé : Un grand raccourci.
Ce titre restant pour notre part, jusqu’au bout, une énigme. Ce qui n’est pas si grave !
Ses auteurs : Armand Foëx et Clément Devilliers.
Ses acteurs : François Le Bris, Jules Porier, Sara Montpetit, Louise Labèque entre
autres.
Le film aura tenu tout l’été à l’Arvor, la bonne adresse rennaise et on imagine que ce
raccourci joue les rallonges sur plein d’autres écrans. Il mérite. Il est soutenu, ce qui
confirme l’humour de ce film, par la Région Ile de France et ça fait du bien au moral
car tout se passe dans un quadrilatère Rostrenen/Gouarec/Glomel/Guerlédan !
Voyez comme la région centrale est fairplay, absente sauf pour soutenir cet objet
rare, joyeux et mélancolique, un peu approximatif parfois, ce qu’on pardonne pour un
premier long métrage. Le sens du grand raccourci ne serait après tout qu’à chercher
dans les vicinales qui serpentent sous les talus et les conversations à ellipses qui ont
lieu en voiture ou d’un lieu à l’autre. La prise de son, on le note, est d’une belle
qualité.
On ne s’ennuie pas dans cette sorte de Quentin Dupieux breizhou où les rats son
semés dans les hangars par deux cousins garnements dont l’un est en train de
concevoir son nouveau métier : dératiseur !
Simple comme une étude de marché sans étude de marché !
Simple comme deux cousins germains, des « copains » qui devront se quitter en fin
de film dans la belle gare du Poteau, en Laniscat alors qu’on prétend que c’est la
gare de Gouarec, non mais ! L’un, plus réservé, réfléchi, part très très loin, à Angers
chez son amoureuse et l’autre, spontané et gaffeur, reste au pays. Ils y ont grandi,
entre un père neurasthénique qui tient un restau où de moins en moins s’attablent et
une grand-mère, mamie, qui vient de filer ad patres.
Ah la jolie scène de l’urne renversée dans la voiture et le tapis de sol secoué dans le
premier pré venu qui arrache autant de sourires que de larmes.
On ajoute pour corser le tout à ce couple de jeunes hommes taciturnes et gais un
couple de filles aléatoirement associé. L’une est MNS, maîtresse nageuse
sauveteure mais surtout trafique tout ce qu’elle peut trafiquer. Les bijoux de pacotille
et les reines de beauté.
S’y fait embarquer dans un concours à péripéties, Miss Côtes d’Armor en
perspective, la fille des Pompes funèbres, d’où la mamie, d’où les cendres, d’où les
points de jonction.
Film fantasque, drôle, léger et potache au meilleur sens du terme. Film de jeunes
désœuvrés dans un pays perdu : le plus central du centre, le plus sauvage et beau
de chez nous, entre les crêtes de schistes de Liscuis et les eaux dorées du Doré !
Au fait, pour les kreizbreizhiens qui liraient ce papier, le dénouement a lieu à Glomel,
où tant de bardes ont bardé, in memoriam Glenmor, tant de clarinettes ont résonné,
tant de voix, Jean Kergrist clown atomique a détonné, tant de chants ont été créés,
Erik Marchand, tant et tant qu’on n’y avait pas encore vu, réactionnaire et tellement
kitch, un concours de beauté y dégénérer ! Savoureux !
Tous les acteurs sont jeunes (et beaux), nouveaux dans le paysage, parfois fragiles
mais tellement efficaces.
On a pensé à Dupieux, on peut penser à Bruno Dumont !
Vive le ciné breton quand il deviendrait quasi belge ! Pur beurre et sans sucre
ajouté…
Pour voir un film pur beurre produit en Kreiz-Breizh, c’est facile, c’est possible et c’est
réjouissant.
Intitulé : Un grand raccourci.
Ce titre restant pour notre part, jusqu’au bout, une énigme. Ce qui n’est pas si grave !
Ses auteurs : Armand Foëx et Clément Devilliers.
Ses acteurs : François Le Bris, Jules Porier, Sara Montpetit, Louise Labèque entre
autres.
Le film aura tenu tout l’été à l’Arvor, la bonne adresse rennaise et on imagine que ce
raccourci joue les rallonges sur plein d’autres écrans. Il mérite. Il est soutenu, ce qui
confirme l’humour de ce film, par la Région Ile de France et ça fait du bien au moral
car tout se passe dans un quadrilatère Rostrenen/Gouarec/Glomel/Guerlédan !
Voyez comme la région centrale est fairplay, absente sauf pour soutenir cet objet
rare, joyeux et mélancolique, un peu approximatif parfois, ce qu’on pardonne pour un
premier long métrage. Le sens du grand raccourci ne serait après tout qu’à chercher
dans les vicinales qui serpentent sous les talus et les conversations à ellipses qui ont
lieu en voiture ou d’un lieu à l’autre. La prise de son, on le note, est d’une belle
qualité.
On ne s’ennuie pas dans cette sorte de Quentin Dupieux breizhou où les rats son
semés dans les hangars par deux cousins garnements dont l’un est en train de
concevoir son nouveau métier : dératiseur !
Simple comme une étude de marché sans étude de marché !
Simple comme deux cousins germains, des « copains » qui devront se quitter en fin
de film dans la belle gare du Poteau, en Laniscat alors qu’on prétend que c’est la
gare de Gouarec, non mais ! L’un, plus réservé, réfléchi, part très très loin, à Angers
chez son amoureuse et l’autre, spontané et gaffeur, reste au pays. Ils y ont grandi,
entre un père neurasthénique qui tient un restau où de moins en moins s’attablent et
une grand-mère, mamie, qui vient de filer ad patres.
Ah la jolie scène de l’urne renversée dans la voiture et le tapis de sol secoué dans le
premier pré venu qui arrache autant de sourires que de larmes.
On ajoute pour corser le tout à ce couple de jeunes hommes taciturnes et gais un
couple de filles aléatoirement associé. L’une est MNS, maîtresse nageuse
sauveteure mais surtout trafique tout ce qu’elle peut trafiquer. Les bijoux de pacotille
et les reines de beauté.
S’y fait embarquer dans un concours à péripéties, Miss Côtes d’Armor en
perspective, la fille des Pompes funèbres, d’où la mamie, d’où les cendres, d’où les
points de jonction.
Film fantasque, drôle, léger et potache au meilleur sens du terme. Film de jeunes
désœuvrés dans un pays perdu : le plus central du centre, le plus sauvage et beau
de chez nous, entre les crêtes de schistes de Liscuis et les eaux dorées du Doré !
Au fait, pour les kreizbreizhiens qui liraient ce papier, le dénouement a lieu à Glomel,
où tant de bardes ont bardé, in memoriam Glenmor, tant de clarinettes ont résonné,
tant de voix, Jean Kergrist clown atomique a détonné, tant de chants ont été créés,
Erik Marchand, tant et tant qu’on n’y avait pas encore vu, réactionnaire et tellement
kitch, un concours de beauté y dégénérer ! Savoureux !
Tous les acteurs sont jeunes (et beaux), nouveaux dans le paysage, parfois fragiles
mais tellement efficaces.
On a pensé à Dupieux, on peut penser à Bruno Dumont !
Vive le ciné breton quand il deviendrait quasi belge ! Pur beurre et sans sucre
ajouté…
Gilles Cervera




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