Sauve-terre
Même si on se réveille trop tard, ce film est une urgence.
Même s’il n’est plus programmé, le film Soulèvements de Thomas Lacoste est à
réclamer au plus vite dans votre maison de quartier, au club d’à côté ou dans
une salle de patro la plus proche !
Soulèvements est un film urgentissime !
De salubrité publique. Comment redonner goût à vivre ? Comment en période
aussi terrifiante penser l’aujourd’hui, le demain et le regain dans les regards et
dans les prés ?
Revenons sur terre.
Redescendons des talus médiatiques. Descendons Darmanin de ses fantasmes
et les médias de leur intox !
Les soulèvements de la terre que le gouvernement a voulu interdire sont de
salubrité publique. Meilleure preuve, le Conseil d’état a retoqué l’interdiction,
ouf. Il reste des garants. Ouf deux fois ouf.
Le film est simple, lyrique, absolument magnifique. Un film thérapeutique. Un
réconciliateur générationnel. Une suite de seize portraits de face sur fond de
pics enneigés, de glacier qui fond, de vaches dans les prés et d’eau qui manque
aux oiseaux.
On y voit des vaches qui sourient, des herbes qui parlent et des arbres enfin
crus sur paroles- euh sur rameaux !
Thomas Lacoste a mis deux ans à réagir, salutaire réaction.
Il s’est fait accepter des militants, du cœur des luttes, des chœurs à l’ouvrage.
L’ouvrage est simple : ne pas renoncer à la bitumisation. Ne pas se résigner aux
oiseaux qui ne volent ni ne chantent. Ne pas accepter les industries agricoles
folles, les openfields bouffés de défoliants, les plaines abondantes et sans vers
de terre.
Ne pas se résoudre aux places nettes de la maïssiculture intensive et
rétrograde.
Thomas Lacoste a casté seize femmes et hommes. Des jeunes ou moins, ils sont
plein pot dans leurs récits propres, leurs choix singuliers ou dialoguent
intergénérationnellement.
Les paroles de ces personnes sont bonnes et belles, douces et dures, à nulles
autres pareilles. Sensuelles, scientifiques, sensitives, techniques, juridiques,
humanistes.
On sent que ces héros ordinaires réfléchissent, théorisent, se concertent, se
calment et calment des plus durs, des plus obscurs mais qui aurait le cran de
dire obscur celui qui veut que le climat se régule un peu mieux, que les océans
baissent d’un cran et que l’on mange mieux, partout.
Loin des théories dogmatiques, des idéologies morbides ou des bibles en
papier. Les paroles sont concrètes. Arrimées, enracinées, bien fondées.
Des paroles douces, calmes, calculées mais spontanées. D’effroi partagé et de
trouvailles bien sûr extraordinaires. Gandhiennes, judithbuttlériennes ou
descoliennes, post-latouriennes !
Aucune de ces références n’alourdit ce film qui est de combat réfléchi, d’ironie,
d’humour et d’espoir ! Oui d’espoir.
De Sainte-Soline à NDDL, d’une fille qui passe du ministère à l’élevage de
vaches pour en découper la viande en pensant à la personne connue qui va la
déguster ; du naturaliste qui dit que lorsqu’on a chaussé les lunettes de
naturaliste on voit le monde définitivement en naturaliste ; des lutteurs de l’A-
69 dont ce paysan syndiqué contredit gentiment par un beau gars aux yeux de
chouette, mèche bleue et moustache d’ange, ah ne refais pas le coup, tu ne
m’arrêtes pas stp !
Le récit se poursuit. Logistique, médié avec le préfet. Les soliloques ou les
dialogues se complètent et s’arriment d’une région l’autre sans que ces-
dernières soient nommées, ni les personnes.
Tous empathiques. Tous de terre et de sauvetage, de sauve-terre ! Cette fille
des glaciers, ZAD médiatique et indélogeable sauf par des chasseurs alpins
aguerris ! Les luttes soulèvementiennes sont insolentes, délicates,
imaginatives !
Rions de bon cœur de ces cerfs-volants lancés par-dessus les barbelés
entourant une méga-bassine. Ils sont lestés de terre remplie de lentilles d’eau
censées boucher les tubes d’évacuation des bassines ! Marche ou marche pas ?
En tout cas les regards des flics devant les cerfs-volants laisse médusés y
compris leurs auteurs !
Le film est scandé au changement de chapitres par des images floues,
violentes, de cabanes défoncées, échafaudages écrasés, gens canardés. Les
gens, c’est à dire nous, dont la solution est de notre côté. Ce monde sera perdu
si on le laisse se perdre.
Rions avec eux.
Retournons voir comment retourner le mot éco-terroriste dans tous les sens
reste une indécence :
5200 grenades au milieu d’un champ balancées contre 30000 personnes.
Vous vous rappelez ?
C’est ce qui a décidé Thomas Lacoste à fabriquer ce film beau comme le monde
qui se soulèvera !
Gilles Cervera
Même si on se réveille trop tard, ce film est une urgence.
Même s’il n’est plus programmé, le film Soulèvements de Thomas Lacoste est à
réclamer au plus vite dans votre maison de quartier, au club d’à côté ou dans
une salle de patro la plus proche !
Soulèvements est un film urgentissime !
De salubrité publique. Comment redonner goût à vivre ? Comment en période
aussi terrifiante penser l’aujourd’hui, le demain et le regain dans les regards et
dans les prés ?
Revenons sur terre.
Redescendons des talus médiatiques. Descendons Darmanin de ses fantasmes
et les médias de leur intox !
Les soulèvements de la terre que le gouvernement a voulu interdire sont de
salubrité publique. Meilleure preuve, le Conseil d’état a retoqué l’interdiction,
ouf. Il reste des garants. Ouf deux fois ouf.
Le film est simple, lyrique, absolument magnifique. Un film thérapeutique. Un
réconciliateur générationnel. Une suite de seize portraits de face sur fond de
pics enneigés, de glacier qui fond, de vaches dans les prés et d’eau qui manque
aux oiseaux.
On y voit des vaches qui sourient, des herbes qui parlent et des arbres enfin
crus sur paroles- euh sur rameaux !
Thomas Lacoste a mis deux ans à réagir, salutaire réaction.
Il s’est fait accepter des militants, du cœur des luttes, des chœurs à l’ouvrage.
L’ouvrage est simple : ne pas renoncer à la bitumisation. Ne pas se résigner aux
oiseaux qui ne volent ni ne chantent. Ne pas accepter les industries agricoles
folles, les openfields bouffés de défoliants, les plaines abondantes et sans vers
de terre.
Ne pas se résoudre aux places nettes de la maïssiculture intensive et
rétrograde.
Thomas Lacoste a casté seize femmes et hommes. Des jeunes ou moins, ils sont
plein pot dans leurs récits propres, leurs choix singuliers ou dialoguent
intergénérationnellement.
Les paroles de ces personnes sont bonnes et belles, douces et dures, à nulles
autres pareilles. Sensuelles, scientifiques, sensitives, techniques, juridiques,
humanistes.
On sent que ces héros ordinaires réfléchissent, théorisent, se concertent, se
calment et calment des plus durs, des plus obscurs mais qui aurait le cran de
dire obscur celui qui veut que le climat se régule un peu mieux, que les océans
baissent d’un cran et que l’on mange mieux, partout.
Loin des théories dogmatiques, des idéologies morbides ou des bibles en
papier. Les paroles sont concrètes. Arrimées, enracinées, bien fondées.
Des paroles douces, calmes, calculées mais spontanées. D’effroi partagé et de
trouvailles bien sûr extraordinaires. Gandhiennes, judithbuttlériennes ou
descoliennes, post-latouriennes !
Aucune de ces références n’alourdit ce film qui est de combat réfléchi, d’ironie,
d’humour et d’espoir ! Oui d’espoir.
De Sainte-Soline à NDDL, d’une fille qui passe du ministère à l’élevage de
vaches pour en découper la viande en pensant à la personne connue qui va la
déguster ; du naturaliste qui dit que lorsqu’on a chaussé les lunettes de
naturaliste on voit le monde définitivement en naturaliste ; des lutteurs de l’A-
69 dont ce paysan syndiqué contredit gentiment par un beau gars aux yeux de
chouette, mèche bleue et moustache d’ange, ah ne refais pas le coup, tu ne
m’arrêtes pas stp !
Le récit se poursuit. Logistique, médié avec le préfet. Les soliloques ou les
dialogues se complètent et s’arriment d’une région l’autre sans que ces-
dernières soient nommées, ni les personnes.
Tous empathiques. Tous de terre et de sauvetage, de sauve-terre ! Cette fille
des glaciers, ZAD médiatique et indélogeable sauf par des chasseurs alpins
aguerris ! Les luttes soulèvementiennes sont insolentes, délicates,
imaginatives !
Rions de bon cœur de ces cerfs-volants lancés par-dessus les barbelés
entourant une méga-bassine. Ils sont lestés de terre remplie de lentilles d’eau
censées boucher les tubes d’évacuation des bassines ! Marche ou marche pas ?
En tout cas les regards des flics devant les cerfs-volants laisse médusés y
compris leurs auteurs !
Le film est scandé au changement de chapitres par des images floues,
violentes, de cabanes défoncées, échafaudages écrasés, gens canardés. Les
gens, c’est à dire nous, dont la solution est de notre côté. Ce monde sera perdu
si on le laisse se perdre.
Rions avec eux.
Retournons voir comment retourner le mot éco-terroriste dans tous les sens
reste une indécence :
5200 grenades au milieu d’un champ balancées contre 30000 personnes.
Vous vous rappelez ?
C’est ce qui a décidé Thomas Lacoste à fabriquer ce film beau comme le monde
qui se soulèvera !
Gilles Cervera




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