Vu, lu, entendu...

26/03/2012

Meirieu, un pédagogue aux côtés des élèves abîmés



Meirieu, un pédagogue aux côtés des élèves abîmés
Philippe Meirieu est de longue date un miltant de l'éducation populaire. Instituteur de classe unique, en début de carrière, il découvre « des élèves abîmés, qui s'abîmaient entre eux, qui abîmaient l'école et qui abîmaient parfois les gens autour d'eux » et aussi « beaucoup d'adultes qui avaient baissé les bras et qui considéraient que la seule chose qui restait à faire était de les garder en essayant qu'ils fassent le moins de dégâts possible.  »

Il découvre alors « Lettre à une maîtresse d'école » livre écrit par des enfants recueillis par un curé des Abruzzes. La lettre s'adresse à cette maîtresse qui les a exclus de l'école.  « Si j’étais l’Etat, je vous payerai un forfait. Tant pour chaque enfant qui réussit, ou plus exactement un prélèvement sur votre salaire pour tout enfant qui ne réussit pas à passer en classe supérieure. (...) Il faudrait voir comment vous vous relèveriez la nuit pour chercher le moyen de les faire passer. Actuellement, plutôt que de faire ça, vous dites qu’ils ne sont pas doués. Ca vous permet de ne pas avoir à vous creuser les méninges pour trouver un moyen de les faire réussir.  »

Ce texte lui fait comprendre que l'éducateur doit faire le pari de l'éducabilité. « Tout le monde peut apprendre et grandir et en même temps nul ne peut apprendre ou grandir à la place de quelqu'un parce que les êtres humains et les petits d'homme sont des sujets en constitution. (...) On ne les fabrique pas, on les accompagne dans l'émergence de leur individualité, de leur personne, de leur liberté. »


Philippe Meirieu a dirigé CAP CANAL seule chaîne de télévision en Europe consacrée à l'éducation.  Initiée par la ville de Lyon, elle diffuse sur la région Rhônes-Alpes et par internet.

Cliquez sur Cap infos Les décrocheurs : Philippe Meirieu y accueille Gilbert Longhi, proviseur et auteur de « Décrocheurs d'école »,  Christine Maurel, parent de décrocheur, Naïma Benjamin, professeur, Ugo, ancien décrocheur et Pierre Souchaud, critique d'art. 

Pour en savoir plus 

Lettre à une maîtresse d'école, article sur Don Lorenzo Milani et les enfants de Barbiana sur le site d'ATD Quart Monde





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Le billet de la semaine

​C’est la guerre

Tocsin. Mobilisation générale. "Nous sommes en guerre", a martelé six fois lundi soir le Président Chef des Armées. Tous aux abris ! Et bien entendu : on ne va pas, par désinvolture, filer la saloperie aux plus fragiles au risque qu’ils en meurent et d’aggraver la charge de travail des personnels soignants. Car l’ennemi pilonne durement nos services de santé inconsidérément fragilisés. Un peu comme nos bornés de généraux de 1914 avaient lancé des soldats en rouge/bleu horizon sous la mitraille allemande, nos gouvernants affaiblissent depuis des décennies nos hôpitaux. Avant que surgisse cette guerre, les héros célébrés aujourd’hui ont réclamé en vain des effectifs, des lits, des moyens suffisants. Ils se battaient depuis le 18 mars 2019, un an, impuissants comme nous tous devant la pandémie financière, dite parfois grippe américaine et en France CAC-40, qui n’est d’ailleurs pas pour rien dans celle du Covid-19. Mais regardons l’horizon. "Beaucoup de certitudes, de convictions sont balayées, seront remises en cause", a lancé lundi le chef de l’État. Après tout, après juin 40, il y eut mars 44, le programme du Conseil national de la Résistance, les Jours Heureux, la sécurité sociale pour tous, la solidarité collective. Ok, Général. En marche.

Michel Rouger
 

17/03/2020

Nono












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