Vu, lu, entendu...

16/02/2012

À Grenoble, la riposte citoyenne des habitants


Profondément blessés par la violence du discours présidentiel, les habitants de la Villeneuve se sont aussitôt serrés les coudes. Neuf mois de débats et d'animations ont suivi. Un Livre Blanc en témoigne.


Le 22 septembre 2010, à la fin de cet été traumatisant, un collectif de quatorze associations se réunit à l'initiative des Unions de quartiers. La salle est trop petite et les débats nourris. Voici quelques propos tirés du Livre Blanc qui rendra compte plus tard de la mobilisation entamée ce jour-là :

« C’était une grande réunion extrêmement intense, où chacun a pu, avec ses propres mots, entamer un chemin vers la compréhension des événementsTout le monde en convient, la détérioration du quartier, est liée à « la question sociale », au manque d’emplois et donc de perspectives. »

Le collectif identifie les secteurs sur lesquels les habitants peuvent peser : la sécurité, l'éducation, l’occupation du territoire, la rencontre avec les jeunes, le maintien des services publics et des petits commerces de proximité. Des groupes sont créés pour imaginer des propositions concrètes et réalistes : Educatif, Urgence Villeneuve, Dialogue avec les jeunes, Vivre ensemble tranquillement.

Vingt propositions et une Fête

Le 11 janvier, l'essentiel de leurs travaux est rassemblé dans un document appelé «SOS VILLENEUVE». Les propositions se diffusent. Le 9 avril, une opération baptisée : «Trois heures pour la Villeneuve» permet de les enrichir de la parole des habitants : des ateliers sont organisés dans divers lieux où l'on peut « collecter les amertumes et les espoirs ».

Tout cela, notamment une vingtaine de propositions pour améliorer la vie à La Villeneuve, est rassemblé dans le Livre Blanc présenté lors d'une grande Fête de printemps, le 4 juin. De quoi nourrir le futur discours d'un Président proche du peuple de la Villeneuve...





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Le billet de la semaine

​C’est la guerre

Tocsin. Mobilisation générale. "Nous sommes en guerre", a martelé six fois lundi soir le Président Chef des Armées. Tous aux abris ! Et bien entendu : on ne va pas, par désinvolture, filer la saloperie aux plus fragiles au risque qu’ils en meurent et d’aggraver la charge de travail des personnels soignants. Car l’ennemi pilonne durement nos services de santé inconsidérément fragilisés. Un peu comme nos bornés de généraux de 1914 avaient lancé des soldats en rouge/bleu horizon sous la mitraille allemande, nos gouvernants affaiblissent depuis des décennies nos hôpitaux. Avant que surgisse cette guerre, les héros célébrés aujourd’hui ont réclamé en vain des effectifs, des lits, des moyens suffisants. Ils se battaient depuis le 18 mars 2019, un an, impuissants comme nous tous devant la pandémie financière, dite parfois grippe américaine et en France CAC-40, qui n’est d’ailleurs pas pour rien dans celle du Covid-19. Mais regardons l’horizon. "Beaucoup de certitudes, de convictions sont balayées, seront remises en cause", a lancé lundi le chef de l’État. Après tout, après juin 40, il y eut mars 44, le programme du Conseil national de la Résistance, les Jours Heureux, la sécurité sociale pour tous, la solidarité collective. Ok, Général. En marche.

Michel Rouger
 

17/03/2020

Nono












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