Handicapé·e·s et alors ?

12/03/2020

​Jobincare, une plateforme de travail pour des parents d’enfants différents



Le travail n’est pas toujours une sinécure. Pourtant, c’est quand on en est privé que l’on se rend compte de son importance, tant sur un plan économique que social et psychologique. Lorsque dans une famille arrive un enfant handicapé ou malade, celui-ci demande plus de temps, de soin, d’accompagnement, ce que l’employeur a du mal à comprendre. Du coup, nombreux sont les parents à devoir renoncer à leur emploi pour s’occuper de leur enfant. 

Depuis février 2020, une plateforme Jobincare est ouverte pour permettre à cette catégorie de parents de reprendre un travail en tenant compte de ces contraintes. Le chemin a été long pour obtenir ce résultat. Dès 2013, une association de parents d’enfants différents «  Vie sociale à nous » lance l’idée d’un site de recrutement solidaire : « Revendiquez votre droit à travailler, sortir de ce enfermement social (…) Nous restituer au cœur de la société, nous épanouir, voir autre chose que handicap 24h/24. »

Le projet ne parvient pas à se concrétiser. Il faut attendre 2018 et l’intervention de Jonathan Chevalier pour qu’il prenne enfin forme. Ce dernier est chef de projet chez CGI, une entreprise de services-conseil en technologie de l’information. Chaque année, CGI finance une idée par le programme « Branchés sur vos rêves » qui améliore le mieux-être des communautés grâce à la technologie. »

Des missions adaptées aux contraintes

Jonathan Chevalier, qui était tombé par hasard sur la page facebook de ce collectif de parents, monte un dossier, convaincu de son bien-fondé : « Dans 65% des familles touchées par le handicap, l’un des parents a dû quitter son emploi pour assurer les contraintes pratiques qu’impose cette nouvelle situation. Sensible à cette démarche, je voulais voir le projet exister. Très rapidement, des collègues se sont mobilisés pour contribuer à Jobincare (…) peut-être parce que cela parle à tous et que cela a trait à des problématiques intimes. »

C’est le projet désormais baptisé Jobincare qui remporte le programme. Les équipes de CIG développent alors la phase d’études puis les aspects techniques pour aboutir à la mise en ligne du site. La plateforme met en relation employeurs et parents d’enfants différents. Ceux-ci déposent un CV mais surtout notent leurs contraintes (partir à telle heure, être disponible sur tel créneau, avoir tel jour de libre, pouvoir quitter le poste en cas d’urgence…). Le recruteur propose à ces «  parents aidants engagés et pugnaces « (dixit l’association «  vie sociale à nous ») des missions ponctuelles sur un quota d’heures à la semaine, à la quinzaine ou sur une durée plus longue, du télétravail ou carrément un emploi. 

Jobincare, ou quand travailler rime avec solidarité…

Lydia Goubier

POUR EN SAVOIR PLUS : 
Jobincare.fr
Viesocialeanous.fr



Dans la même rubrique
1 2


Le Webdocumentaire





Donner un coup de main

Tout un chacun peut participer à Histoires Ordinaires. Proposer bien sûr des sujets de reportage et des informations pour la rubrique "Vu, lu, entendu" mais il y a aussi des tâches nombreuses, variées, aussi utiles qu'accessibles. Vous pouvez en trouver ici une liste. Ensuite il suffit de prendre contact avec la rédaction. 


Le billet de la semaine

​C’est la guerre

Tocsin. Mobilisation générale. "Nous sommes en guerre", a martelé six fois lundi soir le Président Chef des Armées. Tous aux abris ! Et bien entendu : on ne va pas, par désinvolture, filer la saloperie aux plus fragiles au risque qu’ils en meurent et d’aggraver la charge de travail des personnels soignants. Car l’ennemi pilonne durement nos services de santé inconsidérément fragilisés. Un peu comme nos bornés de généraux de 1914 avaient lancé des soldats en rouge/bleu horizon sous la mitraille allemande, nos gouvernants affaiblissent depuis des décennies nos hôpitaux. Avant que surgisse cette guerre, les héros célébrés aujourd’hui ont réclamé en vain des effectifs, des lits, des moyens suffisants. Ils se battaient depuis le 18 mars 2019, un an, impuissants comme nous tous devant la pandémie financière, dite parfois grippe américaine et en France CAC-40, qui n’est d’ailleurs pas pour rien dans celle du Covid-19. Mais regardons l’horizon. "Beaucoup de certitudes, de convictions sont balayées, seront remises en cause", a lancé lundi le chef de l’État. Après tout, après juin 40, il y eut mars 44, le programme du Conseil national de la Résistance, les Jours Heureux, la sécurité sociale pour tous, la solidarité collective. Ok, Général. En marche.

Michel Rouger
 

17/03/2020

Nono












Partenaires