Handicapé·e·s et alors ?

30/01/2020

Ciné-ma-différence : ces salles où l'on regarde ensemble quel que soit le handicap



Quoi de plus banal que d'aller au cinéma pour prendre du bon temps ? Pour une personne handicapée, cela n’est pas aussi simple qu’il y paraît de prime abord. Outre l’inévitable problème, pas encore résolu partout, de l’accessibilité des salles en fauteuil roulant, il existe d’autres barrières plus insidieuses : la famille accompagnant une personne avec un handicap bruyant (handicap mental, autisme…etc) est gênée d’imposer cris et gesticulations à un public lambda qui a simplement payé pour se divertir. 

Pour remédier à ces difficultés, une association «  Ciné-Ma-différence » s’est créée en 2005,  à l’initiative de parents d’enfants avec troubles de comportement. Au fil des années, le concept s’est étoffé. Il concerne désormais 67 salles en France et en Belgique, qui ont projeté 2 560 films en 15 ans.

Ciné-ma-différence : ces salles où l'on regarde ensemble quel que soit le handicap
La séance « Ciné-ma-différence »  a lieu dans un cinéma ordinaire, dans une salle qui se prête à la mobilité réduite, le samedi matin et le dimanche matin. Elle est programmée et signalée comme 100% inclusive. Des bénévoles, repérables à leur gilet fluo,  formés par l’association, accueillent individuellement les personnes handicapées puis, dans un message collectif, préviennent des scènes émotionnellement perturbantes ( «  ce que vous allez voir n’est pas la réalité,  les gens ne se disputent pas pour de vrai… »). Ils s’assoient également à côté des spectateurs pour les rassurer, leur tenir la main pendant les moments forts du film…

Au début, la lumière déjà tamisée, baisse progressivement sans s’éteindre totalement. La sonorisation n’est pas non plus trop forte. Le film en français et en 2D est projeté  seul, sans bandes-annonces ou publicités préalables, afin de maintenir l’attention. Mais surtout, l’accueil est bienveillant. Chacun peut s’exprimer comme il l’entend ou comme il le peut, en pleurant bruyamment, en se levant, en criant… Il n’y a pas de jugement, pas de chuchotements désobligeants.

Sur le site cgr.cinemas.fr, une mère témoigne de cette atmosphère si différente : « Je suis allée ce matin (…) au cinéma avec mon fils de 7 ans, autiste. Pour la première fois de sa vie, il a pu voir un film en entier, à sa façon, sans que les larmes et la honte ne nous fassent quitter un cinéma prématurément. »

Ce dispositif se propage timidement à d’autres salles de spectacle (concert, théâtre, opéra...) avec le programme Relax. Il remet à sa juste place ce que le cinéma ou autre devrait toujours être : un moment de plaisir partagé et accessible à tous. 

Pour en savoir plus : 
cinemadifference.com



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Tombera, tombera pas ? Les citoyens de cette Terre vont-ils devoir assister quatre ans encore aux calembredaines et agressions du politicien le plus puissant et le plus foutraque du monde ? Le suspense grandit à trois semaines du scrutin d'autant que Trump ne quittera pas facilement la piste, sa sortie pourrait même se révéler interminable et explosive. En fait, tout est possible tant le système électoral américain est peu démocratique. Au terme d'une campagne comme d'habitude crapoteuse et noyée sous les dollars, il n'est pas impossible que le suffrage universel soit de nouveau bafoué. En 2000, le démocrate Al Gore,  défenseur du climat, avait gagné mais c'est le républicain Bush le cruche, pyromane au Moyen-Orient, qui avait été élu. En 2016, Trump, bien que battu de 2,7 millions de voix, a gagné. Quoi qu'il arrive, la Trump Parade finale dira beaucoup de l'état de la démocratie outre Atlantique.

Michel Rouger
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