Que sont-ils devenus ?

Dans le village de Lozère, vit toujours le miracle de l'Arentelle


09/07/2015

Que deviennent Bruno Hallauer et Geneviève Blanc qui, il y a plus de 30 ans, posèrent leurs bagages et leurs rêves dans le village de Saint-Flour-de-Mercoire, en Lozère puis lancèrent une folle aventure de culture populaire, le Théâtre de L'Arentelle ? Près de quatre années ont passé depuis notre rencontre et avec... elles les coupes claires dans les subventions. Mais le miracle de l'Arentelle vit toujours envers et contre tout.




Dans le village de Lozère, vit toujours le miracle de l'Arentelle
Sur scène et dans la vie, Bruno Hallauer a toujours l'humour pour dompter ses révoltes. La décision caricaturale de la nouvelle municipalité élue en 2014 le laisse pourtant sans voix : la subvention à L' Arentelle a d'abord été divisée par deux puis supprimée au profit de... la chasse.

« Nous affrontons, dit-il, un désengagement incroyable » , de l'État et des collectivités. Le passage à gauche de la Lozère aux élections départementales (cas unique en France) a donné un peu d'air, une aide de 4 000 € au titre de l'action culturelle de proximité, mais c'est bien peu. Aujourd'hui, une fois l'emploi à temps plein rémunéré, il ne reste plus que 20 000 € pour une année de spectacles. Lesquels, du coup, sont passés de dix-huit à une douzaine.

Dans le village de Lozère, vit toujours le miracle de l'Arentelle

Une grande fête pour passer le relais

L' Arentelle est un théâtre en résistance. Il y a quelques spectacles en moins mais les salles sont toujours pleines. La 7e édition des Ateliers Nomades, qui transportent des comédiens professionnels et amateurs sur une trentaine de communes du coin autour d'une création de Bruno Hallauer, vont bien évidemment avoir lieu cette année, malgré la bureaucratie qui retarde les aides européennes. 

La formation tient toujours une place essentielle tout au long de l'année. En ce début d'été, vingt-six jeunes sont en formation. Envoyés par la Mission Locale, ils sont à la recherche de leur place dans la société et ici on veut les y aider. « On va travailler sur leurs propres utopies », indique Bruno Hallauer, qui n'arrête pas de cultiver les siennes.

Les années et une certaine fatigue venant, l'heure approche de passer la main. L'espoir, c'est que dans deux ans des jeunes prennent le relais, à leur manière. En tout cas, d'ores et déjà, une grande fête, spectacles et forums mêlés, s'annonce pour août 2016.  

Un autre rendez-vous s'annonce d'ici là, cette fois aux Choisinets, le hameau tout proche, ruine magnifique avec sa tour et son église, dont Bruno Hallauer et des amis ont entrepris le sauvetage. Le 19 septembre, l'association se rendra à Paris à l'émission "Sauvons nos trésors" de Stéphane Bern sur France 2 pour laquelle le hameau a été sélectionné. Ce sauvetage était une entreprise un peu folle et là, peut-être, un miracle de plus. C'est comme ce tympan là-haut : comment pensez-vous qu'il tienne ? 

M.R.
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​Heureux

En congé et payé ! songeait-il sous son parasol. 100 % payé à flemmasser, musarder avec ma p'tite femme, jouer avec mes p'tiots, faire une p'tite balade, glandouiller en lichaillant un p'tit jaune ou un p'tit blanc. Mon droit au repos. Mon droit à la paresse : comme un bourgeois ! C'est sûrement une anomalie, une aberration, une provocation pour tous ces puissants qui veulent nous précariser, ubériser, assujettir en auto-entrepreneurs douze mois sur douze. Mais jamais ils ne pourront nous enlever notre grande conquête, celle de nos syndicats et de la gauche qu'ils méprisent du haut de leur prétendue modernité. Jamais ils ne pourront, sourit-il, heureux, à l'oiseau qui le regardait. 

Michel Rouger

04/07/2019

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