Comprendre

Que pouvait-on prévoir ? Une chronologie de la crise depuis décembre


26/03/2020




Aurait-on pu éviter, au moins limiter  la tragédie en cours ? Quand a-t-on su ? Que pouvait-on prévoir ?... Les questions agitent le pays, et pour longtemps, des plus hautes instances de l'Etat au quotidien de chacun. 

Pascal Marichalar, chercheur au CNRS (Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux). Il étudie de manière sociologique et historique les questions de santé, de travail, d’environnement et de justice. Dans La Vie des Idées, la coopérative intellectuelle rattachée à l’Institut du Monde Contemporain (Collège de France) et dirigée par Pierre Rosanvallon, il livre une chronologie de la crise depuis les premiers signaux fin décembre.

"Il s’agit d’étudier, dit-il, ce que pouvaient en savoir les femmes et les hommes qui nous gouvernent, ce qu’elles et ils pouvaient prévoir, aussi. Il s’agit d’une histoire du présent, circonscrite aux trois derniers mois, quand bien même il apparaît clairement que dans le cas de la France, certaines décisions prises dans les dernières années, voire décennies – en termes de stockage de masques, et plus généralement de financement de l’hôpital public – jouent un rôle déterminant dans l’évolution de cette crise de santé publique."






Le billet de la semaine

L'oiseau

Dans sa cage, l’homme regarde l’oiseau. Et l’oiseau regarde l’homme. Soudain, l’oiseau s’envole. Il file vers la plage, se pose à un mètre d’un CRS qui contemple la mer, guette un confiné évadé ou songe aux Gilets Jaunes qu’il blessait l’an dernier. L’oiseau reprend son vol. Il voit l’agitation aux portes de l’hôpital, une soignante adossée au mur, épuisée, accablée. Aperçoit dans les rues vides un livreur, des éboueurs, une caissière derrière une vitre, un petit peuple qui assure la survie. Il survole des cages avec de grands jardins et d’autres empilées, entassées. Curieux humains qui s’accommodent des inégalités et font preuve de solidarités. Puis il croise d’autres oiseaux. Ils chantent de nouveau dans la ville. Une femme à son balcon les observe et sourit, protectrice. L’oiseau revient. Il retrouve l’homme dans sa cage. « Alors ? », demande l’homme. « Il faut tout changer », répond l’oiseau. L’homme se lève enfin : «  Oui, on va tout changer. »

Michel Rouger

26/03/2020

Nono

Newsletter