Vu, lu, entendu... Asie-Pacifique

Plongée parmi des « indignés » chinois


14/03/2013



Plongée parmi des « indignés » chinois
Libération du lundi 11 mars nous emmène parmi ces « indignés » chinois qui « déferlent toute l'année sur Pékin dans l'espoir d'être entendus des puissants » après avoir épuisé toutes les voies de recours traditionnelles.

Il leur en faut du courage, à ces indignés. « Ce sont des paysans issus des lointaines provinces, mais aussi des ouvriers, des fonctionnaires, et même parfois des policiers et des militaires. Ils dénoncent la corruption des cadres locaux, les passages à tabac dans les commissariats, les enfermements en camp de travail et les séjours dans les "prisons noires" que leur a valu leur opiniâtreté. Car ces indésirables finissent presque tous par subir des calvaires qui surpassent les injustices qui les avaient initialement mobilisés »

« Les plaignants, poursuit Libé dans ce long reportage signé Philippe Grangereau, vivent dans l'angoisse permanente des rafles de police. Des agents déboulant de toutes les provinces patrouillent en effet dans le quartiers (où ils se réunissent), ciblant les pétitionnaires de leur région. » Mais, souvent, ces « indignés » se voient poursuivis par « des voyous employés par les autorités ». « Chaque  fois qu'ils m'ont kidnappé », témoigne un homme à qui s'est arrivé onze fois en cinq ans, « ils m'ont dépouillé de tout ce que j'avais (…) Ils vous lient les pieds et les mains, vous jettent au sol dans leur minibus aux vitres fumées, et vous frappent à coups de poing et de pied durant tout le voyage de transfert, qui peut parfois durer plusieurs jours », certains vivant à plus de 2.000 kilomètres de la capitale chinoise. 
 
La généralisation de ces pratiques est le fait d' « une nébuleuse obscure d'entreprises spécialisées dans le "gardiennage" » et employant plusieurs milliers de gros bras. « Une fois rapatrié de force, le plaignant n'a en général qu'une idée en tête: retourner à Pékin »  malgré les traitements subis. Certains sont même soumis à des détentions illégales dans des bâtiments réservés à ces emprisonnements extrajudiciaires. 

« Fin 2011, 25 plaignants protestant contre leur expropriation s'étaient agenouillés pendant trente secondes devant le drapeau chinois sur la place Tiananmen. Ils ont tous été condamnés à des peines allant de un a trois ans de travail.»




Dans la même rubrique :
< >

Mercredi 20 Janvier 2016 - 18:30 « La loi de Bibendum » contre un village indien

Jeudi 15 Mai 2014 - 21:39 La toile de jute, l'or du Bengale



Le Webdocumentaire





Donner un coup de main

Tout un chacun peut participer à Histoires Ordinaires. Proposer bien sûr des sujets de reportage et des informations pour la rubrique "Vu, lu, entendu" mais il y a aussi des tâches nombreuses, variées, aussi utiles qu'accessibles. Vous pouvez en trouver ici une liste. Ensuite il suffit de prendre contact avec la rédaction. 


Le billet de la semaine

Le changement

Le président français a donné le ton de la rentrée le 29 août au Danemark en daubant sur « les Gaulois réfractaires au changement. » Tollé ! Il y a pourtant du vrai. L'été a été celui du vieux monde : une brute à l'Élysée telle une barbouze gaulliste, un pote écrivain nommé consul, deux ministres peu exemplaires... Plus que tout, le ministre emblématique du changement a craqué, épuisé par l'habituelle trahison des promesses et le triomphe des lobbys, achevé par celui très vieille France des chasseurs. Un carriériste chevronné, as du classique retournement de veste, le remplace. Peut ainsi continuer sans frein la politique très fin de XXe siècle sans cesse rebattue qui dégrade la Planète, s'en prend aux droits des salariés, des retraités, des secourus pour engraisser les actionnaires. Aggrave les inégalités, mine peu à peu la société. Chante la Réforme pour donner le change, ne pas changer ni de voie ni la vie.  Il y a bel et bien des « Gaulois réfractaires au changement » : ils sont au pouvoir. 

Michel Rouger

06/09/2018

Nono