Demain

24/07/2012

Les activistes de Carrotmob viennent en foule soutenir un commerce


A l'inverse du boycott, des consommateurs se regroupent pour faire grimper par une opération ciblée le chiffre d'affaires d'un commerce ou d'une entreprise. C'est le mouvement "carrotmob" né à San Francisco en 2008. Florian Guillaume l'a importé en France.


La carotte est l'emblème de consommateurs activistes prêts à faire masse pour donner un coup de pouce financier à des partenaires entrepreneurs partageant le même souci du développement durable. Les opérations "make it rain" (faire pleuvoir l'argent)  font l'objet d'un contrat entre les deux parties. Elles se déroulent lors de "magic days" qui profitent aux commerces les plus vertueux. En contrepartie, le commerce bénéficiaire devra répondre d'un cahier des charge. Il s'engage à investir un certain pourcentage des bénéfices au projet éco-citoyen retenu par la communauté. Le tout se fera dans la transparence et le suivi, maîtres-mots du contrat. 
 

Les activistes de Carrotmob viennent en foule soutenir un commerce

Le premier carrotmob testé à Rochefort-sur-mer

Deux ans après son lancement à San Francisco, le mouvement s'est trouvé une tête de pont en France. « En 2010, j'étais étudiant en communication à La Rochelle quand j'ai découvert "carrotmob". J'ai pris contact avec le fondateur, Brent Schulkin. C'est un ancien de Google. Avec son feu vert, j'ai testé l'idée à Rochefort-sur-mer et ça a marché. Le 30 avril, on s'est retrouvé à plus de 250 consommateurs dans un café choisi par le groupe. Avec les bénéfices réalisés, le commerçant s'est engagé à investir dans les économies d'énergie », raconte Florian Guillaume.

Aujourd'hui diplômé, l'ancien étudiant a ouvert à Rennes une agence de communication qui s'inspire de l'idéologie "carrotmob". Le légume figure en bonne place dans l'enseigne qui tente une percée à contre-courant des théories enseignées dans les écoles de marketing. Avec "La carotte et le bâton", la "com" s'engage dans une démarche alternative qui recherche d'autres règles du jeu.  

Afflux de clients pour des économies d'énergie

Deux ans plus tard, le mouvement tisse sa toile. La première association locale s'est constituée à Rennes en mai 2011. Durant trois jours, le café Cortina a bénéficié d'un afflux de clientèle. « On a fait campagne par affichage, et encore par internet et les réseaux sociaux. » La première tentative a été couronnée de succès.

La "carrot community ", c'est aussi un état d'esprit qui se construit autour de valeurs partagées : le souci de faire progresser le développement durable dans une ambiance festive faite de musique ou d'expos. Le Cortina a récolté plus de 2 000 euros avec la participation de 250 "activistes". Selon les termes du contrat, le café a reçu la visite d'un conseiller en énergie. Son bilan a débouché sur une liste de travaux à réaliser, comme le changement des ampoules ou la pose d'un panneau isolant. 
 

Des actions en musique...
Des actions en musique...

Dans une ambiance de fête

Après le café Cortina, les militants à la carotte ont trouvé d'autres terrains de jeu, comme le café-laverie rue d'Antrain (1 000 euros de gains) ou le café "La vie en chantier" sur les quais (800 euros). Le 23 juin, environ 300 personnes ont rejoint la "carrot community" pour une journée à la fois militante et festive agrémentée de musique dans deux établissements proches de la place des Lices, dont une cave à vins. Bien sûr, des séances dégustation étaient au programme. Plusieurs groupes ont servi un concert rock en fin de journée. 
 
« Gagnant-gagnant, c'est le concept carrotmob, souligne Florian. La méthode est bien au point. Elle accroit le pouvoir du consommateur. Elle pousse le commerçant à investir, le tout dans une démarche éco-citoyenne partagée. » La famille commence à s'agrandir en France. Des associations locales sont nées à Troyes, Paris, Toulouse, Lyon. « Carrotmob se positionne comme un laboratoire d'idées, une plateforme de réflexion pour la qualité de vie et le respect de l'environnement. » Parallèlement, une toile se tisse avec d'autres partenaires, tel le Réseau français des étudiants pour le développement durable (REFEDD), né en 2007 et qui regroupe une centaine d'associations.  
 
Alain THOMAS.
 
Association Carrot Community
4 Passage du Couëdic, 35 000 Rennes
tel 02 99 30 49 33. 

 




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​Essentiel


Les commerces "non essentiels" vont rouvrir samedi, c'est l'essentiel. Qui donc d'ailleurs, dont le boulot est sûrement essentiel, a bien pu estimer que vendre un livre est moins essentiel que de vendre un whisky ? La question est d'autant plus grave qu'essentiel renvoie à essence et sans essence on n'avance plus, c'est la panne. L'essence humaine on veut dire, la conscience d'être. En quelque sorte, je vends donc je suis, quand je ne vends plus, je ne suis plus. Ou j'achète donc je suis. Ou... Etc. Toute cette histoire d'urgence sanitaire nous emmène décidément dans des questions vraiment essentielles. Par exemple, peut-on "être" sans être libre ? Non ? Alors il faut descendre dans la rue contre la nouvelle loi qui réduit un peu plus les libertés. Et résister au Black Friday. Comme au virus qui entrave aussi nos libertés, tue même parfois. Que de dilemmes en cette fin 2020 ! Voilà qui ferait une belle discussion, dans une franche amitié, autour d'un demi. Mais le bar reste fermé. Pas essentiel, qu'ils disent.

Michel Rouger
vocal_001_14.mp3 Vocal 001.mp3  (563.39 Ko)


26/11/2020

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