01/04/2012

Franca Rame, la complice de Dario Fo



Franca Rame, la complice de Dario Fo
Marine Bachelot a été conquise par le théâtre du monologue, politique et populaire de Dario Fo et Franca Rame. L'une ne va pas sans l'autre et l'autre sans l'une, de l'avis même du célèbre Dario Fo : « Je dois mon Nobel à cette dame, sans elle je ne l’aurais pas eu ! » Franca Rame, son épouse depuis 1954, avec qui il écrit et met en scène : couple inséparable dans le militantisme au service de toutes les grandes causes... 

Ils ont à leur actif plus de 70 comédies et presque 300 monologues. « Elle est capable de démolir entièrement ce sur quoi je travaille depuis des mois. Et puis nous le reconstruisons ensemble et je découvre qu’elle m’a sauvé d’une catastrophe et que ce qui n’était pour moi qu’une critique sauvage et désastreuse, est l’acte le plus généreux qui soit »


« Franca ne recule devant rien ! »

Plus de cinquante ans de vie commune, des années de théâtre mais aussi de combats dans un pays où fascisme et terrorisme ne riment pas avec leur théâtre militant et satirique, toujours du côté des opprimés. Ils seront bannis des plateaux de télévision, expulsés des structures officielles, censurés... Franca Rame le paiera chèrement : en 1973, elle est enlevée, torturée et violée par des militants d'extrême-droite. Elle le cachera pendant des années à Dario Fo jusqu'à ce qu'elle écrive et joue « Viol ».

« Franca ne recule devant rien !  Elle a le courage d’exprimer certaines idées, certaines valeurs, la constance, le rationalisme, l’ordre au milieu de tout le désordre que j’organise à tout moment. C’est elle qui s’occupe de tout... » dit d'elle Dario Fo. « Ne jamais se mentir, surtout en ce qui concerne les projets. Nous ne sommes pas en compétition. Nous vivons toutes les situations côte à côte, il y a des hauts et des bas, comme dans toutes les familles mais ce qui nous sauve, c’est d’avoir toujours eu le courage de repartir à zéro. Nous sommes repartis à zéro des dizaines de fois. Il y a chez tous les intellectuels le devoir de se laisser gagner par ce qui les entoure ».

Artiste hors normes, Dario Fo reçoit le Prix Nobel de Littérature en 1997. Le jury le lui décerne pour avoir entre autres « dans la tradition des bateleurs médiévaux, fustigé le pouvoir et restauré la dignité des humiliés. »


Franca Rame, la complice de Dario Fo
Publications en français :

Allons-y, on commence : farces, Paris, F. Maspero, 1977
Mort accidentelle d'un anarchiste, Paris, Dramaturgie, 1983
Mystère bouffe : jonglerie populaire, Paris, Dramaturgie, 1984
Histoire du tigre et autres histoires, Paris, Dramaturgie, 1984
Récits de femmes et autres histoires, avec la collaboration de Franca Rame, Paris, Dramaturgie, 1986
Le Gai savoir de l'acteur, Paris, L'Arche, 1990
Johan Padan à la découverte des Amériques, Paris, Dramaturgie, 1995
Mort accidentelle d'un anarchiste ; Faut pas payer ! Paris, Dramaturgie, 1997
Récits de femmes  : suite, Paris, Dramaturgie, 2002
Le pays des Mezaràt : mes sept premières années, et un peu plus : [récit] avec la collaboration de Franca Rame, Paris, Plon, 2004
Liens Dario Fo et Franca Rame dans l'actualité en France  








Le billet de la semaine

Poison


La Justice a enfin tranché. Les laboratoires Servier sont condamnés. Pour la mort de 1 500 à 2 000 personnes empoisonnées par le Mediator et pour les souffrances infligées à des milliers d’autres, ils devront verser quelques heures de leur chiffre d’affaires. Quant aux dirigeants, cadres ou experts accusés, ils sont repartis libres avec leurs gardes du corps dans leurs voitures aux vitres teintées. Plus clément que la procureure, le tribunal leur a épargné la prison ferme. Dans la France du XXIe siècle, les juges, qui envoient le petit peuple à tour de bras dans des prisons indignes, restent pétrifiés à l’idée d’enfermer un puissant dans une cellule aménagée. Inébranlable justice de classe. Un vrai poison dans une société déjà peu confiante envers ses institutions. Pour rattraper l’iniquité, reste plus qu’à décider d’un plan médiator transformant la prison ferme en prison avec sursis pour les milliers de détenus non condamnés pour homicides involontaires. 

Michel Rouger
20210401_poison.mp3 20210401 Poison.mp3  (1.11 Mo)


31/03/2021

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