Travail

A Fougères, le son de "La Sirène" est monté d'un ton


06/08/2015

Pour marquer ses cinq années d'activité, et en attendant l'ouverture du lieu de mémoire promis par la municipalité, l'association La Sirène a ouvert boutique le temps de l'été. Elle présente une exposition animée, valorisant "l'histoire des objets et du patrimoine industriel fougerais" dans le domaine de la chaussure et du verre.




Une exposition très riche consacrée à la mémoire des objets et métiers du verre et de la chaussure
Une exposition très riche consacrée à la mémoire des objets et métiers du verre et de la chaussure
En février 2013, Histoires Ordinaires relatait - sous forme d'un podcast - l'action  des 300 adhérents de "La Sirène", entraînés par sa dynamique présidente, Nelly Evrard. En deux ans le projet s'est poursuivi et a pris de l'ampleur, rassemblant désormais plus de 400 adhérents.

2O15, l'année du cinquième anniversaire, est marquée par deux réalisations d'envergure : un nouveau concert de soutien de Gilles Servat - parrain dès les premières heures du projet - qui a fait salle comble en juin ; puis l'ouverture, dans une boutique,  rue de la Pinterie sous le château,  d'un lieu d'exposition et d'animation. Tout l'été, il accueille les Fougerais et les nombreux touristes de passage, préfigurant concrètement le futur "centre de mémoire" promis par la municipalité. « Nous nous sommes associés avec l'association "les Amis des verriers", précise Nelly Evrard, pour concevoir et animer cet espace. Nous cherchons avant tout, précise-t-elle, à mettre en valeur le patrimoine industriel de la chaussure et du verre. » 

Dans les 40m2 du local, une masse impressionnante d'objets attend le visiteur, mis en perspective grâce à des photos et à la projection permanente d'un film sur la fabrication de chaussures dans un atelier de la Bazouge du désert. L'échope est aussi le théâtre d'animations, en particulier un atelier de pliage de cuir pour les enfants, ce qu'apprécient particulièrement les visiteurs. A raison de 150 à 200 personnes, 4 jours par semaines, ils sont près de 3 000 à être passés sur le mois de Juillet.

Ouvert tout l'été, rue de la Pinterie à Fougères
Ouvert tout l'été, rue de la Pinterie à Fougères

Des résultats favorables de l'étude de faisabilité du "centre de mémoire"

Avant les élections municipales de 2013, la mairie s'était engagée pour une politique ambitieuse de valorisation du patrimoine fougerais. En accord avec la Sirène, elle avait commandé une étude de faisabilité. En juin dernier, le cabinet qui l'a réalisée, a présenté ses conclusions devant la commission culture de la municipalité. Elles sont favorables à la réalisation d'une structure importante soutenant un projet d'envergure, reprenant l'idée d'un "lieu de mémoire industrielle reliant l'espace Jean Guéhenno, centre d'interprétation du patrimoine et de l'architecture."

« Suite à nos dernières rencontres avec le maire, se réjouit Nelly Evrard, une réunion est programmée en septembre pour présenter à l'association l'avis de la commission culture. Il est prévu aussi de constituer un groupe de travail (ville et Sirène) fin 2015 début 2016, pour échanger sur notre projet. Le maire envisage aussi de lancer une autre étude de faisabilité pour préciser "l'histoire", le fil conducteur de ce futur lieu de mémoire. »

Les adhérents de La Sirène savent que le projet retenu dans l'étude est d'envergure et ils s'interrogent sur les possibilités financières qu'aura la collectivité locale de le réaliser rapidement. L'ouverture de la boutique éphémère de la rue de la Pinterie illustre leur stratégie permanente d'agir petit mais sans attendre. « Cela confortera d'autant notre intégration dans un projet d'envergure, mais encore lointain », rappelle la présidente de la Sirène.

Le livre de photos, rapidement épuisé.

Fin 2013, l'association a mené à bien l'édition et la diffusion de l'ouvrage de Gérard FOUREL - Textes de Xavier BARON - présentant 80 portraits - parmi 10 000 pris  dans les années 80 - d'ouvrières et d'ouvriers au travail dans les ateliers de la chaussure à Fougères. Tiré à 800 exemplaires, il a été rapidement épuisé. Une nouvelle édition, moins luxueuse, est envisagée.

Nul doute que se poursuive dans les années à venir cette "histoire pas si ordinaire" de la Sirène mue par l'énergie et la fierté indéfectible de ses animateurs et de ses nombreux membres. Nelly Evrard aime à rappeler son adresse au Maire et aux élus de la municipalité de Fougères : « Vous êtes fiers de Fougères la médiévale et de Fougères la littéraire (Jean Guéhenno), soyons fiers de Fougères l'ouvrière, Fougères l'industrielle. »

Alain Jaunault

Réécoutez le podcast racontant l'histoire ordinaire de la Sirène

Pour accéder au reportage de février 2013, cliquez sur la photo.





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​Naufrage

Depuis une dizaine de jours maintenant, l'équipage de La Macronie souque ferme. Appelé en Méditerrannée pour secourir les 629 migrants de l'Aquarius chassés par les forbans parvenus à la barre de l'Italie, il s'est égaré en route. L'un des principaux officiers, le Breton Jean-Yves Le Drian, a cru voir l'Espagne "plus proche" que la France pour accueillir les malheureux, se trompant de quelque 180 milles nautiques (340 km). Du coup, ce sont les Espagnols, montrant l'exemple avec un bel ensemble à toute l'Europe, qui ont assuré le sauvetage. Depuis, l'équipage français rame pour ramener quand même une partie des migrants en France. Les socialistes bretons, eux, sont affligés. Leur chef historique agrégé d'histoire a perdu sa géographie, son histoire son socialisme et son ciré jaune. Ils se préparent à aller déposer des ex-voto dans leurs chapelles : "A notre capitaine qui nous a quittés sans retour en embarquant sur La Macronie."

Michel Rouger

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Nono