Travail

«La Sirène» garde éveillée la mémoire de «Fougères l'ouvrière»


28/02/2013

À l'initiative de Nelly, l'ancienne déléguée syndicale CFDT de la chaussure, et de Michel son mari, ils sont plus de 300 à avoir rejoint l'association La Sirène qui agit depuis trois ans pour créer, à Fougères, un « Lieu de mémoire ouvrière et industrielle ». En projet, cette année, outre l'étude sur ce lieu de mémoire, un « beau livre » de photos et de textes poétiques.




«La Sirène» garde éveillée la mémoire de  «Fougères l'ouvrière»


Pour la première fois notre reportage en podcast audio

la_sirene_podcast_2.mp3 Le podcast la sirène, format mp3  (25.21 Mo)


Réunis en une joyeuse tablée autour de Nelly EVRARD, président de La Sirène, huit membres très actifs de l'association évoquent leur engagement et racontent l'histoire, pas si ordinaire, de "Fougères l'ouvrière".

Avec la participation de Nelly et Michel EVRARD, Jean HERISSET, Gérard FOUREL, Marc BARON, Pierrick URVOY, Yves BONANT, Gérard SORIN.
Reportage et montage, Alain JAUNAULT


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Fougères l'ouvrière - Gérard FOUREL - tous droits réservés
Fougères l'ouvrière - Gérard FOUREL - tous droits réservés

Reprendre le flambeau

Depuis sa création, La Sirène a engagé un travail de sensibilisation, de collectage, de conservation et d'animation en reprenant le flambeau d'une action engagée au début des années 80 à l'initiative de la municipalité de gauche.

À mesure que disparaissaient les fleurons des industries locales de la chaussure ou du verre - Réault, JB Martin, Bertin, la cristallerie - l'intérêt pour la culture ouvrière et le patrimoine industriel s'est lentement délité, mettant en péril la conservation même des traces. 

«La Sirène» garde éveillée la mémoire de  «Fougères l'ouvrière»

La photo premier support de mémoire

La Sirène va éditer en fin d'année un livre de photos de Gérard FOUREL avec des textes de Marc BARON. Les photos sont un extrait du colossal travail réalisé par le photographe Fougerais dans les années 80. Plus de 10 000 portraits d'ouvriers et d'ouvrières au travail dans la plupart des usines de Fougères. 

Une souscription va être lancée en Mars. A suivre sur le site de l'association.

A noter : vous pourrez aussi voir une sélection des photos au Musée de Bretagne qui a fait l'acquisition de soixante dix tirages.

Le travail de mémoire du photographe Cédric MARTIGNY, élément déclencheur du projet de la Sirène

Nelly EVRARD, initiatrice et présidente de la Sirène reconnait l'influence déterminante du travail du Photographe Cédric MARTIGN Y. Le couple l'a rencontré, en 2009, lors d'un collectage. Ainsi, le travail de mémoire que le photographe a réalisé dans le cadre des Cahiers de Fougères a été un réel déclencheur.

« Fougères est une ville marquée par la mono industrie de la chaussure, explique-t-il sur son site. Dans le quartier de Bonabry, durant près d'un siècle, la vie sociale s'est organisée autour de l'usine et de l'église, au rythme des sirènes. Ici comme partout, le travail en usine a modélisé un type d'habitat et d'urbanisme tout en imprégnant la sphère du privé (loisirs, éducation, vie de couple...). 
J'ai souhaité documenter cette histoire en train de disparaître en réalisant des portraits de travail, des vues d'architecture/paysages et des portraits en intérieur de retraités. Il se dessine ainsi une histoire fragile et intimiste, où le temps semble suspendu. »

Le portrait de Nelly et Michel EVRARD par Cedric MARTIGNY, Les cahiers de Fougères, Histoires. Tous droits réservés
Le portrait de Nelly et Michel EVRARD par Cedric MARTIGNY, Les cahiers de Fougères, Histoires. Tous droits réservés

Nelly EVRARD Présidente de la Sirène signe la convention avec monsieur le Maire de Fougères
Nelly EVRARD Présidente de la Sirène signe la convention avec monsieur le Maire de Fougères

La Sirène reconnue comme partenaire de la ville pour la valorisation de la mémoire ouvrière.

Pour les militants de "La Sirène" le 4 Février 2013 est un jour important. Le maire de Fougères les a reçus dans le salon d'honneur de l'Hôtel de Ville pour la signature solennelle d'une convention. Elle définit le cadre et les moyens de la collaboration entre la ville et l'association pour "la sauvegarde, la préservation et la valorisation de la mémoire ouvrière et industrielle aboutissant à la création d'un « lieu de mémoire ouvrière et industrielle »".

Cette signature est le signe de reconnaissance du combat pour la mémoire, engagé depuis cinq années par le petit groupe d'anciens ouvriers, d'artistes, d'animateurs culturels, qui a su mobiliser autour de lui plus de 300 personnes. D'anciens ouvriers de la chaussure, de la cristallerie, mais aussi des patrons, anciens ou actuels dirigeants industriels, attachés à l'ancrage industriel de la Ville.









1.Posté par delaunay le 09/04/2013 22:31
Je viens de voir le film des témoignages à Parigné. Beaucoup de souvenirs sont remontés car mes parents, grand-parents étaient chaussonniers chez Crosnier pour mon grand-père, chez JB pour mon père, chez Mérel et Morel pour ma mère, à l'ARVOR rue pipon pour ma grand-mère.Toute ma jeunesse j'ai entendu parler de la chaussure.Je souscris pour le livre et vous adresse une petite participation pour votre assos dès demain.

2.Posté par vancenbrock josiane le 19/10/2013 20:52
Bonjour, je fais ma généalogie et je n'ai pas connue ma famille sauf ma mère, depuis plusieurs génération mes ancêtres ont eu pour métier chaussonnier à fougères. Ma question est la suivante comment suivre leur parcours? avoir des informations ? savoir dans quelle usine ils travaillait.
Le nom de famille et CHAPERON et pour les épouses entre autres VEIES - DINARD - TROHEL - GOUSSIN - PATARD
Les rues rue des vallées, rue de la forêt, Grand-Rue, rue de la pinterie, Rue des fontaines.
Je vous remercie de votre réponse.
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Le billet de la semaine

​Le mal des soignants

Un mal ronge le milieu de la santé : la violence sur les jeunes en formation. Un nouveau diagnostic révèle même un aggravation chez les futurs infirmier.e.s. Ils se déclarent stressés (78%), épuisés psychologiquement (62%), usagers parfois de psychotropes (27%) et pas seulement à cause du poids des études ou de la précarité qui les oblige à bosser : ils se disent aussi victimes de discriminations (36,5%), de harcèlement (33,4%)... Le milieu n'a jamais été d'une grande douceur mais l'austérité injectée à haute dose depuis des années a mis les soignants eux-mêmes sous tension. Le mal frappe à tous les étages mais le principal c'est que les comptes de la Sécurité Sociale, eux, se portent mieux. 

Michel Rouger

21/09/2017

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