Cinq personnes gèrent l'association : Gérard Fourel, Nelly et Michel Evrard, (Jean Hérisset et Emmanuelle absents de la photo)
Ouvert un après-midi par semaine, La Sirène accueille aussi des groupes sur rendez-vous à la demande de l'Office de tourisme ou de visiteurs. Ce jeudi 11 juin, une équipe de randonneurs, venue de Caen et d'Hérouville, a suivi les explications des guides bénévoles. Nelly et Michel Evrard pilotent les curieux dans ce qui est aujourd’hui l'ébauche d'un musée vivant. Pendant ce temps Christine et Josiane, deux piqueuses, fabriquent des objets en tissus. Michel montre comment il dessine et fabrique des animaux miniatures en cuir (vache, cochon, éléphant...) Il a un beau succès avec les enfants des écoles : ils peuvent s'initier au montage d'un animal en cuir et partir avec leur réalisation. Au même moment, Monique et Mireille trient des articles de presse sur la mémoire industrielle de Fougères et sur les activités de la Sirène. Cinq responsables et huit bénévoles font ainsi vivre l'association.
Des métiers quasiment disparus
Leur but : faire découvrir les métiers des industries du Pays de Fougères qui, pour l'essentiel, ont disparu ou ont été délocalisés. Michel raconte :
Pour un lieu vivant
Avec deux autres associations L'outil en main et L'objet pour mémoire, les responsables de la Sirène souhaitent créer un Tiers-lieu culturel. Ils imaginent déjà des activités complémentaires aux leurs : du théâtre, un bar... Bref, un lieu vivant et visitable avec un ou deux salariés, grâce à l'appui du Conseil des associations culturelles de la ville.
Les responsables de l'association sont confiants : la municipalité les écoute, Amélie Garnier, adjointe à la culture, passionnée par l'histoire, suit leurs activités. Aujourd'hui, La Sirène reprend espoir après une période difficile.
"Nous voulons montrer toute la chaîne de fabrication d'une chaussure, par exemple, les différents gestes de chaque métier dans une usine."Dans un local plus grand, chaque visiteur pourrait se tester davantage sur certains outils. "Les personnes peuvent prendre les sabots, les essayer et marcher avec", c'est déjà vrai aujourd'hui. Fougères a été l'une des principales villes industrielles de Bretagne : le textile, la chaussure mais aussi, la mécanique, l’électronique ou le verre. C'est l'ambition de La Sirène : un musée vivant où chaque visiteur peut regarder, toucher objets et outils.
Pour un lieu vivant
Les responsables de l'association sont confiants : la municipalité les écoute, Amélie Garnier, adjointe à la culture, passionnée par l'histoire, suit leurs activités. Aujourd'hui, La Sirène reprend espoir après une période difficile.
Des désillusions
En 2014, une étude de faisabilité d'un lieu culturel sur la mémoire industrielle du Pays de Fougères concluait positivement. « Le projet issu de cette étude était de faire un musée de l'histoire industrielle, un musée vivant. Des objets comme les chaussures qu'on peut toucher, sentir.» Mais le projet n'a pas été suivi par la Ville. Même si « la municipalité a répondu à toutes nos demandes de subventions : ils nous laissaient faire ». Les conséquences se traduisent au sein du conseil d'administration de l'association. Des responsables quittent l’association. Pour le public, « Ça n'a pas eu d'impact. Il y a toujours eu la confiance ».
Avec d'autres associations
Puis le confinement en 2020 a fait chuter le nombre d'adhérents de 500 à 300 aujourd'hui. « On a eu plusieurs décès et beaucoup de gens se sont renfermés sur eux-mêmes».Ces deux événements entraînent des discussions âpres en interne, mettent au jour des divergences profondes sur des financements de projets : un livre, un film... Des portraits pour un film ont été tournés, par Marc Weimuller. Ils sont visibles en ligne. Mais le film n'a pas été réalisé, pour le moment.
Des adhérents actifs font toujours vivre La Sirène et se mobilisent pour poursuivre les activités. De nouveaux membres dans l'équipe de responsables seraient les bienvenus. Les projets, avec d'autres associations, les motivent comme celui de tiers-lieu sur le site actuel ou ailleurs et une publication sur la carrière du Rocher Coupé. Cette histoire ouvrière du pays de Fougères rend fière les adhérents de La Sirène et de nombreux habitants.
Contact : 06 86 96 84 32 ou sirene.fougeres@orange.fr
Adresse 4 rue Branly à Fougères.
Pour en savoir plus
L'outil en main tient une permanence chaque mercredi
« L'objet pour mémoire » association créée par Maurice Langlois. Voir le magazine Village.
Un film sur la laiterie Nazart Le Jardin de la laiterie de Marc Weymuller
Histoires ordinaires en a parlé.
A Fougères, le son de "La Sirène" est monté d'un ton
La Sirène garde éveillée la mémoire de "Fougères l'ouvrière"
Photo : "Usines à cœur ouvert" par Gérard Fourel
La Sirène a édité plusieurs livres et des vidéos
"Usines à cœur ouvert", de Gérard Fourel et Marc Baron.
"Fougères vies ouvrières", de Jacky Hamard



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