Le billet

​Écrans sauvages


17/07/2016




L'horreur, cette fois, je l'ai lue dans les journaux, entendue à la radio. Pas vue sur les chaînes d'info. Écran total sur les images. Impossible de rouvrir ce fameux live télévisé qui se nourrit de l'enfer, du sang des victimes, de la stupeur des survivants, de la détresse des proches, anxiogène à en vomir. Nice a confirmé la morbide compétition. France 2 a même dû s'excuser d'une interview odieuse. Ces images en live massacrent les cerveaux aussi gravement que les clichés volés par les smartphones et postés sur les réseaux sociaux. Et tous ces écrans sauvages ne font que conforter les vidéos des terroristes de Daech, celles qui veulent radicaliser les extrémistes de tous bords, celles que regardait le chauffeur du camion fou. Non. Ne pas se laisser envahir par les images, submerger par les sentiments. Tenter de comprendre pour mieux réagir et agir. Et pour cela, lire, écouter les journalistes de confiance qui contrôlent et analysent une information sans cesse déformée par l'industrie de l'émotion.

Michel Rouger





Nouveau commentaire :


Dans la même rubrique :

Colère, sans masque - 02/04/2020

L'oiseau - 26/03/2020

​C’est la guerre - 17/03/2020

​Commun, commune - 27/02/2020

Virus - 26/02/2020

Paravents - 20/02/2020

La bonne éducation - 13/02/2020

Retraitons - 06/02/2020

​UIPP - 31/01/2020

Etiquettes - 23/01/2020

La peine au travail - 16/01/2020

Violence d’État - 09/01/2020

​Les vœux - 19/12/2019

​Aux Actualités - 12/12/2019

​Juste - 05/12/2019

​​Vendredi culte - 27/11/2019

​Notre carte - 21/11/2019

​Marché colonial - 08/11/2019

​La trêve - 30/10/2019

​Le Peuple - 24/10/2019

​Méditation - 02/10/2019

​Hissez haut - 25/09/2019

1 2 3 4 5 » ... 18


Le billet de la semaine

Colère, sans masque

Je ne sais pas pour vous mais, ici, le virus de la colère a fini par franchir la barrière. Cette pénurie et cette quête obsédantes de masques, de tests, de lits, de respirateurs  et bientôt de médicaments révoltent. Car il y a dix ans, on les avait les masques ! En stock et fabriqués sur place. Holà, gabegie, on dit les gouvernements. Et des Français aujourd’hui meurent par centaines. Le monde entier n’a pas encore engendré des dirigeants et organisations à la hauteur des enjeux vitaux du XXIe siècle mais la démocratie française est particulièrement malade. Depuis dix ans, à s’occuper et décider de tout, jusqu’aux arrière-cuisines, nos trois petits monarques républicains Sarkozy, Hollande et Macron, ont été bien incapables de voir loin. D’avoir une vision. D’anticiper les dangers pourtant annoncés. En revanche, servir au jour le jour la minorité possédante, oui. Et aujourd’hui, plutôt que de rétablir l’impôt sur la fortune au nom de la solidarité, un ministre du Budget organise un appel aux dons, des sous m’sieudames pour nos entreprises, sans même porter un masque de carnaval.

Michel Rouger

02/04/2020

Nono

Newsletter