Le billet

​Écrans sauvages


17/07/2016




L'horreur, cette fois, je l'ai lue dans les journaux, entendue à la radio. Pas vue sur les chaînes d'info. Écran total sur les images. Impossible de rouvrir ce fameux live télévisé qui se nourrit de l'enfer, du sang des victimes, de la stupeur des survivants, de la détresse des proches, anxiogène à en vomir. Nice a confirmé la morbide compétition. France 2 a même dû s'excuser d'une interview odieuse. Ces images en live massacrent les cerveaux aussi gravement que les clichés volés par les smartphones et postés sur les réseaux sociaux. Et tous ces écrans sauvages ne font que conforter les vidéos des terroristes de Daech, celles qui veulent radicaliser les extrémistes de tous bords, celles que regardait le chauffeur du camion fou. Non. Ne pas se laisser envahir par les images, submerger par les sentiments. Tenter de comprendre pour mieux réagir et agir. Et pour cela, lire, écouter les journalistes de confiance qui contrôlent et analysent une information sans cesse déformée par l'industrie de l'émotion.

Michel Rouger





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La bonne éducation

On parle beaucoup des violences policières. Beaucoup trop. Et trop en mal surtout. Ainsi, aujourd’hui, dans le conflit sur la réforme du bac. Comment peut-on sous-estimer à ce point l’effet bénéfique du baston pédagogique sur les apprentis rebelles ? La crainte positive suscitée par les bataillons casqués  sur les écrans des réseaux sociaux et des chaînes – éducatives – d’info en continue ? Le 6 décembre 2018, à Mantes-la-Jolie, des dizaines de jeunes de 12 ans et plus, s’étaient retrouvés à genoux mains sur la tête entourés de policiers matraque en main. Un précédent intéressant. Ces dernières semaines, les gardes à vue de lycéens se multiplient, parfois jusqu’à 48 h, dans des locaux glauques. Ainsi peuvent-ils apprendre la vie. Il faut aller plus loin. Pourquoi ne pas déplacer par exemple les heures de colle au commissariat de quartier ? Agissons pour rétablir la chaîne de l’Autorité. Le Président, les maîtres, les pères. Tiens-toi droit à table, mon fils, ou j’appelle la police.

Michel Rouger

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