Rebelles non-violents
 Le dossier d'Alternatives non-violentes : Construire la paix au Pays Basque
Le dernier numéro de la revue Alternatives Non-Violentes consacre un dossier au processus de paix au Pays Basque pour non seulement informer mais surtout donner des clés de  compréhension : histoire du conflit, arrêt de la lutte armée, désarmement, construction de la paix, etc.

La « question basque », vieille de plusieurs décennies, est marquée par des épisodes d’une grande violence. En octobre 2011, la « conférence de la paix » d’Aiete propose une feuille de route pour une sortie du conflit au Pays Basque. En réponse, l’organisation armée basque ETA annonce « l’arrêt définitif de son activité armée » suite à près de 60 ans de lutte pour l’indépendance.

Le dossier permet de cerner la pertinence des stratégies violentes et non-violentes, pointant la place de la société civile comme " acteur moteur du processus de paix ". 

Au sommaire, comme d'habitude,  des articles qui ouvrent l'horizon : Violence structurelle : comprendre les racines des inégalités; Gene Sharp, le " Machiavel de la non-violence "; Le notariat, un nouveau terrain à déchiffrer pour la non-violence.
 
Le prochain numéro d'ANV traitera de la médiation nomade.

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Rédigé par Marie-Anne Divet le Mardi 16 Octobre 2018 à 14:33
Dans un article intitulé " Fièvre éthique à la Silicon Valley ", repris du blog du groupe de réflexion Real Instituto Elcano, le site Equal Times met en lumière les protestations des salariés contre la propension des Etats à utiliser les outils créés pour surveiller la société civile.

Pour exemple, les milliers d’employés de Google qui ont signé une lettre publique pour demander à la direction de renoncer à sa participation à l’Équipe interdisciplinaire de guerre des algorithmes, le Projet Maven, qui vise à créer pour le Pentagone un « moteur intelligent de surveillance personnalisée » à installer dans les drones militaires.

Les salariés d'Amazon, suite à l’ordre de Donald Trump de séparer les enfants mineurs de leurs parents immigrants en situation irrégulière, ont demandé d’interrompre les ventes de logiciels de reconnaissance faciale au gouvernement. Les employés de Microsoft ont fait de même pour protester contre le contrat passé avec l’Immigration and Custom Enforcement Agency (Agence de l’immigration et contrôle des douanes – ICE).

"L’éthique est de plus en plus présente dans le débat sur l’impact des nouvelles technologies, que l’on commence seulement à entrevoir" conclut l'article, "les armes autonomes, la dimension idéologique des algorithmes et la surveillance totale, pour rester dans le domaine de la sécurité, sont des aspects qui prennent de l’importance, parallèlement à d’autres notions positives, telles que la capacité de sauver la vie de civils ou de soldats, ou la cybersécurité, toujours plus pressante. "

A lire sur le site d'Equal Times
Rédigé par Marie-Anne Divet le Mercredi 29 Août 2018 à 11:45
Halte au service national universel militaire
Communiqué 
Le MAN, Mouvement pour une Alternative Non violente, s’oppose au projet d’un service national universel (SNU). Durant la campagne des présidentielles, Emmanuel Macron avait agité l’idée d’un service national obligatoire de 9 mois pour tous les jeunes garçons et filles, encadré par l’Armée. Les militaires ont manifesté l’automne dernier qu’ils n’en voulaient pas, précisant que cela coûterait aux alentours de 30 milliards. 

Le Journal du Dimanche (JDD) a dévoilé le 29 avril que le rapport d’un groupe de travail chargé de définir les contours d’un service national universel (SNU) a été remis au chef de l’État. Cette annonce au milieu des vacances de printemps a-t-elle été lancée pour passer le plus discrètement possible ? L’arbitrage présidentiel devrait être connu "courant mai", d’après le JDD du 29 avril.

Ce rapport propose un dispositif obligatoire à plusieurs étages. On y trouve une première phase de deux fois quinze jours après la classe de troisième qui serait un « prolongement » de l'enseignement moral et civique reçu à l'école, puis un apprentissage de « compétences élémentaires » : secourisme, capacité à s'orienter avec une carte... et prise de conscience « des enjeux de la défense et de la sécurité nationale ». Viendrait ensuite « un mois en internat » pour tous les jeunes entre leurs 16 et 21 ans. Cette période serait consacrée « à des activités sportives, à l’enseignement des gestes de premiers secours et à l’acquisition de réflexes en cas de situation de crise, ainsi qu’à la transmission des valeurs civiques et républicaines ». Cela concernerait 800.000 à 900.000 jeunes appelés par an. Le rapport envisage « des difficultés non négligeables » et plaide pour un déploiement sur sept ans, afin de « garantir la qualité (et la sécurité) de l'hébergement offert ». L’Armée aurait la charge de ce mois d’internat, lequel nécessiterait « des hébergements et des dizaines de milliers d'encadrants. » Le coût de cet internat est évalué entre 2,4 et 3,1 milliards d’euros par an. L’objectif du SNU, avec ce mois en internat, est de « favoriser un brassage social et territorial », précise le rapport. 

Le MAN s’insurge contre deux aspects majeurs du SNU. Nous pensons que c’est à l’Éducation nationale et aux associations que revient le rôle de former les jeunes à la citoyenneté, pas à l’Armée. Si l’École a du mal à y parvenir, ne faudrait-il pas plutôt examiner les améliorations à apporter en termes de moyens et de formation ? D’autre part, nous estimons parfaitement illusoire de penser qu’un mois en internat permettrait un brassage social. Et l’on ne devient pas citoyen en un mois !

C’est pourquoi le MAN propose l’abandon pur et simple du SNU militaire, et évoque d’autres pistes plus pertinentes et plus attractives pour développer la solidarité, l’ouverture aux personnes d’autres classes sociales, et la formation à une citoyenneté active digne de ce nom. Par exemple :
  • Rénover et encourager l’éducation civique au collège et au lycée. Aborder les questions de la Défense nationale, et donc aussi de la Défense civile non-violente, uniquement par des enseignants et des organisations ayant réfléchi sur les questions de Défense et d’engagement citoyen.
  • Réattribuer des subventions conséquentes aux associations d’éducation populaire, car celles-ci permettent un réel brassage social basé sur la participation volontaire.
  • Rétablir les emplois-aidés, mais à la seule condition que des moyens importants dédiés à l’encadrement et à la formation en fassent de vrais marchepieds vers l’insertion dans la vie active.
  • Développer et améliorer le Service civique actuel, en augmentant l’allocation et en offrant aux jeunes volontaires un véritable accompagnement professionnel. En effet, le Service civique doit cesser d’être une main-d’œuvre à bon marché - comment payer un loyer avec entre 500 et 600 € par mois ?
  • Valoriser le Service Volontaire Européen (SVE) qui permet à de jeunes volontaires de participer à un projet d’intérêt général à l’étranger, de vivre une expérience formatrice de citoyenneté active et de solidarité, de découvrir une autre culture, une autre langue, une autre vie associative et sociale. 
Le Comité d’Animation du MAN, le 17 mai 2018

Contact presse : François Vaillant, porte-parole, 06 16 08 41 95
Rédigé par Marie-Anne Divet le Vendredi 15 Juin 2018 à 08:22
A lire sur Novethic un article à faire froid dans le dos ! " Dictature des réseaux sociaux, Election de Trump, Robots tueurs... Cinq fois où la série Black Mirror a prédit l'avenir ", promet le titre de l'article de Marina Fabre.

Black Mirror, lancé de manière confidentielle sur Channel 4 en 2011, nous renvoie comme des miroirs déformants les dérives de notre société et son addiction aux nouvelles technologies. 

Novethic nous propose de revenir " sur ces épisodes qui ont marqué le public par leur prédiction : des abeilles robots qui pollinisent les plantes, à l'élection d'un présentateur TV narcissique devenu président, en passant par des humains notés en permanence sur leur interaction sociale via les réseaux sociaux... Les scénaristes de Black Mirror sont-ils des oracles ? "
Rédigé par Marie-Anne Divet le Jeudi 31 Mai 2018 à 16:47
2018_04_12_je_suis_jeune_je_vis_a_gaza_je_reve___.mp3 2018 04 12 Je suis jeune je vis à Gaza je rêve....mp3  (3.05 Mo)

Au Département de français de l’Université Al-Aqsa de Gaza, qu’il dirige, Ziad Medoukh a demandé à plusieurs étudiants à quoi ils rêvaient. Une quinzaine d’entre eux, filles et garçons, se sont exprimés. Voici quelques extraits tirés du site 4ACG

Moi, dit Nour Musabeh, 20 ans, « comme toutes les filles du monde, j’ai le droit de rêver, et mon rêve est que tous les jeunes, ici, puissent vivre sans peur, sans guerre, sans bombardements. Je rêve d’écrire un livre en français qui parlerait de Gaza, et de créer une petite association pour aider les enfants de Gaza ».

« Je suis Samher Arouki, une fille qui mérite de vivre en paix, en sécurité et en liberté. Cette fille ne veut pas une vie idéale, mais est-ce qu’elle ne mérite pas de dessiner un vrai sourire sur son doux visage ? J’ai de simples rêves, avec des difficultés incroyables. Je rêve de travailler dans une organisation pour soutenir les Palestiniens et leurs droits perdus, et utiliser la langue française pour témoigner de la voix silencieuse des Palestiniens. Les Palestiniens de Gaza rêvent et rêvent encore… Est-ce que ces rêves sont dangereux pour la sécurité de ce monde ? Alors laissez-nous au moins le droit de rêver ! ».

Ziad Medoukh est aussi Coordinateur du Centre de la paix. Il a été choisi comme le lauréat du Prix International de la Fondation indienne Jamnalal Bajaj pour l’année 2017 dans la catégorie de la promotion des valeurs gandhiennes en dehors de l’Inde. Pour ses actions et activités pour les enfants et les jeunes de Gaza, il devait recevoir en personne son prix en Inde fin octobre 2017, lors d’une cérémonie officielle organisée à Bombay. Il n'a pas pu sortir de Gaza, à cause du blocus israélien et de la fermeture des frontières. 
Rédigé par Marie-Anne Divet le Jeudi 12 Avril 2018 à 19:16
"La Part d'ange en nous" de Steve Pinker
Les médias nous donnent à penser autrement : terrorisme, violences urbaines, massacres en Syrie, en Irak, au Soudain ou en Centrafrique et pourtant, écrit Steve Pinker, la violence baisse au fil des siècles. Il va même jusqu'à écrire que nous traversons la période la moins violente de l'histoire.

En s'appuyant sur des milliers d'études, sur trente années de recherches, le livre de 1040 pages de Steve Pinker, professeur de psychologie cognitiviste à l'université de Harvard, 
nous fait traverser l'histoire de la violence, en contextualisant à la lumière des sciences, des mœurs, des faits, de la morale, de la pensée propre à chaque époque. 

Les croisades, l'Inquisition, l'esclavage, les grands conflits du XXème siècle, Steve Pinker montre comment l'humanisme a progressé malgré tout et nous a conduit à nour appuyer sur " la part des anges " présente en chacun.e de nous.

Pour lire un extrait : le-cercle-psy.scienceshumaines.com/extrait-de-l-ouvrage-la-part-d-ange-en-nous-histoire-de-la-violence-et-de-son-declin_sh_39194
Editions Les Arènes
Rédigé par Marie-Anne Divet le Jeudi 29 Mars 2018 à 20:20
8 mars 2018... C'est le moment de faire le point sur ce qui a changé depuis le 8 mars 2017. Pour nous y aider, un collectif national : Les Georgette Sand et le livre publié en septembre 2017 "Ni vues ni connues".

Qui sont-elles  les Georgette Sand ?

"Nous voulons surmonter le fait que George Sand ait dû, afin de forcer les limites imposées aux femmes, s’habiller en garçon, et cacher jusqu’à son nom. D’où notre appellation : Georgette Sand, car faut-il vraiment s’appeler George pour être prise au sérieux ?" clament haut et fort ces femmes et ces hommes dans le manifeste du collectif. "Il est absurde de ne pas valoriser le potentiel des femmes, parce qu’il s’agit d’un monde d’hommes ; parce que les femmes manquent encore de réflexes solidaires entre elles ; parce qu’elles ne sont pas assez légitimées dans leur expertise. Les femmes ne veulent plus, ne peuvent plus rester la majorité minorisée. Elles ne doivent pas avoir à singer les hommes ou jouer l’hyperféminité.
Notre ambition : combattre les visions essentialistes qui considèrent comme naturelles l’assurance des hommes et la réserve des femmes alors qu’il s’agit de la traduction d’acquis éducatifs. Nous appelons à transgresser et subvertir les normes de genre. Nous souhaitons coacher pour aider les femmes à se projeter sur ce qu’elles ont toujours connu décliné au masculin. Nous voulons imposer une légitimité qui découle des compétences et non de la perpétuation de l’endogamie."

Ni vues, ni connues

Le livre recense les mécanismes qui envoient les femmes aux oubliettes de l’Histoire au travers de 75 figures méconnues ou inconnues. 

"Savez-vous que la plupart des chefs dont on accuse Aliénor d’Aquitaine, sanguinaire, incestueuse et dépensière, ne sont que des fake news diffusées par son ex-mari, roi de France, jaloux de son remariage ? Qu’Hypatie connaissait le système solaire 12 siècles avant Copernic ? Que les pulsions de mort ont été théorisées par Sabina Spielrein, avant Sigmund Freud ? Qu’Houdini n’était pas le seul magicien à prendre des risques inconsidérés ? Qu’il y a eu des théoriciennes de la révolution, pas uniquement Lénine et Trotsky ? Que Rosa Parks n’était pas une simple couturière ? Que les tortionnaires nazis n’étaient pas tous des hommes ? Qu’au Japon personne ne critique les femmes qui prennent les armes ? Que George Sand a contribué à l’avènement de la démocratie ?" révèle Georgette Sand
En décryptant les mécanismes qui ont fait de ces femmes des êtres libres, fortes et indépendantes, parfois aussi dictatrices sanguinaires, les Georgette donnent aux femmes une place dans l'Histoire car "en multipliant les récits du passé, nous souhaitons que les héros et héroïnes d’aujourd’hui puissent construire un autre futur."
 
Rédigé par Marie-Anne Divet le Jeudi 15 Mars 2018 à 12:16
L’empathie du professeur, levier de réussite scolaire, c'est la démonstration du dernier livre de Catherine Guéguen : " Heureux d'apprendre - Comment les neurosciences affectives et sociales peuvent changer l'éducation " paru aux Les Arènes/Robert Laffont.

Pédiatre spécialisée dans le soutien à la parentalité, formée en haptonomie et en Communication Non Violente,  Catherine Guéguen s'appuie sur les récentes connaissances scientifiques sur le cerveau, connaissances qui changent notre approche de l'éducation. Les neurosciences montrent qu’une relation chaleureuse et empathique est bénéfique pour l’enfant parce qui se sent compris, se motive et augmente sa réussite scolaire et pour l’enseignant qui se sent compétent.

Pour en savoir plus, lire 
"Heureux d’apprendre à l’école : un livre pour comprendre les bienfaits de la bienveillance à l’école" sur le site  Apprendre, reviser, mémoriser
"L'empathie modifie le cerveau des enfants" Entretien avec Catherine Guéguen, propos recueillis par Héloïse Junier sur les site "Sciences Humaines"
 
Rédigé par Marie-Anne Divet le Jeudi 22 Février 2018 à 12:09
Si les femmes comme les hommes subissent de la violence et du harcèlement dans le monde du travail, la différence de statut et le rapport de force inégal dans la société et au travail exposent souvent davantage les femmes à ces maux.

La violence fondée sur le genre reste l’une des infractions des droits humains des travailleurs les plus tolérées. Selon des statistiques, 35 % des femmes – soit 818 millions de femmes dans le monde – de plus de 15 ans ont connu des violences sexuelles ou physiques chez elles, dans leur communauté ou sur leur lieu de travail.

La Confédération syndicale internationale a réussi à imposer à l’ordre du jour de l’Organisation internationale du travail OIT en juin 2018 l'étude d'une convention contre les violences et le harcèlement au travail. En février, une grande action syndicale est prévue en Europe pour dire « ASSEZ, BASTA, etc » aux violences sexistes et sexuelles et au harcèlement au travail. 

Les syndicats saisiront l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles comme point de ralliement pour une convention forte de l’OIT contre la violence sexiste au travail.

La Confédération syndicale internationale propose une boîte à outils de campagne pour les syndicats et leurs alliés afin de comprendre le processus de l'OIT, de faire campagne auprès des gouvernements et des employeurs pour qu'ils soutiennent l’adoption d’une convention et d'une recommandation complètes de l’OIT sur « la violence et le harcèlement contre les femmes et les hommes dans le monde du travail », de concevoir des actions clés de la campagne en faveur d’une convention de l’OIT et d'établir une vaste alliance intermouvement pour éradiquer la violence liée au genre dans le monde du travail.
 

 
Rédigé par Marie-Anne Divet le Vendredi 2 Février 2018 à 10:41
2018_01_18_migrants_et_migrantes_en_lybie.mp3 2018 01 18 Migrants et migrantes en Lybie.mp3  (3.97 Mo)

Après la diffusion par CNN le 17 novembre d’une vidéo montrant la vente aux enchères de jeunes migrants comme esclaves, Emmanuel Macron, qualifiant ces faits de « crime contre l’humanité », a décidé de saisir le Conseil de sécurité de l’ONU et brandi la menace de sanctions internationales.

Certes il est nécessaire de faire cesser ce trafic honteux. Mais la France est-elle innocente de ce qui se passe ? N'a-t-elle pas encouragé la coopération entre l'Union Européenne et la Libye pour endiguer les arrivées de migrants en Europe, et approuvé début juillet un « plan d'action » visant à allouer 46 millions d'euros aux garde-côtes libyens ? Pourtant ni le gouvernement français ni l’Europe ne pouvaient ignorer la situation en Libye.

Différents rapports d’ONG, de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye et du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme, montrent que « la dégradation du système de justice en Libye a conduit à un état d’impunité dans lequel les groupes armés, les bandes criminelles, les trafiquants et même les fonctionnaires publics, contrôlent les flux de migrants à travers le pays de manière absolument arbitraire et cruelle ».

En 2016 l'ONU alerte la communauté internationale  sur « l’exploitation par les autorités, les groupes armés et les passeurs de milliers de migrants, dont beaucoup font l’objet de détentions arbitraires prolongées, de travail forcé, d’extorsion, de trafic et de violence sexuelle ». C’est donc en pleine connaissance de cause que la France se lave les mains de ce qui se passe en Libye. Le MAN s’insurge donc contre cette hypocrisie qui cherche à masquer la responsabilité de l’Europe, et singulièrement de la France, concernant ces violations de droits humains.

Nous dénonçons les violences faites aux migrants, quelles qu'elles soient, en Libye ou ailleurs, mais aussi en France où des familles dorment à la rue ou survivent dans des bidonvilles. 

Nous demandons d’autres relations internationales politiques et économiques et une politique migratoire respectueuse des droits de chacun. La migration n'est pas qu'une histoire de flux : derrière les chiffres, ce sont des vies humaines, de la souffrance, de la détresse et une recherche désespérée d’un avenir possible qu'il nous faut voir ! D'urgence ! 

Annie DEAN, porte-parole du Mouvement pour une Alternative Non-violente
 
Rédigé par Marie-Anne Divet le Jeudi 11 Janvier 2018 à 17:37

La licence du glyphosate contenu dans le roundup arrive à échéance le 15 décembre prochain et les États de l'Union Européennes ne sont toujours pas parvenus à se mettre d'accord. Il est temps de regarder le documentaire ou lire le livre de Marie-Monique Robin...


Depuis plusieurs années, l’inquiétude ne cesse de croître quant aux dangers du pesticide le plus utilisé au monde dans les champs et les jardins : le glyphosate. D’autant qu’en 2015, le Centre international de recherche sur le cancer l’a déclaré « cancérigène probable » pour l’homme, contredisant ainsi les agences de santé américaines ou européennes qui avaient assuré l’innocuité du Roundup de Monsanto, puissant herbicide dont le principe actif est le glyphosate.
Prolongeant son enquête retentissante de 2008 sur les dangers des produits toxiques de la firme américaine (Le Monde selon Monsanto, livre et film), Marie-Monique Robin montre dans ce livre (et le film associé) que la dangerosité du glyphosate est plus grande encore qu’on le craignait. Dans le monde entier, il rend malades ou tue sols, plantes, animaux et humains, car l’herbicide est partout : eau, air, pluie, sols et aliments. Le produit, cancérigène, est aussi un perturbateur endocrinien, un puissant antibiotique et un chélateur de métaux. D’où autant d’effets délétères documentés ici par des entretiens très forts avec des victimes aux États-Unis, en Argentine, en France et au Sri Lanka, ainsi qu’avec de nombreux scientifiques.
Ce livre choc révèle l’un des plus grands scandales sanitaires et environnementaux de l’histoire moderne. Il montre que, face à l’impuissance ou l’absence de volonté des agences et des gouvernements pour y mettre fin, la société civile mondiale se mobilise : en octobre 2016, s’est tenu à La Haye le Tribunal international Monsanto, où juges et victimes ont instruit le procès du Roundup, en l’absence de Monsanto, qui a refusé d’y participer. Donnant son fil conducteur au livre, ce procès a conduit à un avis juridique très argumenté, qui pourrait faire reconnaître le crime d’« écocide », ce qui permettrait de poursuivre pénalement les dirigeants des firmes responsables.  
Publié aux Editions La Découverte - Lire un extrait
Version papier : 18 €
Version numérique : 12,99 €
Rédigé par Marie-Anne Divet le Vendredi 10 Novembre 2017 à 07:09
Mieux protéger et accompagner les enfants co-victimes des violences conjugales, un rapport à lire
Le rapport, préparé par un groupe de travail pluri-professionnel réuni au Centre Hubertine Auclert  ( Paris ) à l'initiative de Clotide Derouard, Conseillère Régionale, a été présenté le 7 septembre dernier à la  Rencontre organisée par l’Observatoire Régional des Violences faites aux Femmes (ORVF).

Les violences conjugales ont des conséquences graves et durables sur les enfants qui sont directement victimes ou exposé-e-s à ces violences : 143 000 enfants vivent dans un foyer où les femmes sont victimes de violences conjugales physiques et sexuelles, 80% d'entre eux sont témoins auditifs ou oculaires des violences conjugales, 40% sont également directement victimes de violences physiques et 60% subissent des troubles post-traumatiques, comme les victimes d’un attentat ou d’un viol.

La Rencontre avait pour objectif de présenter des préconisations concrètes de réformes juridiques et institutionnelles pour permettre d’améliorer la protection et l’accompagnement de ces enfants et leur parent victime.

Pour télécharger le rapport, 
Rédigé par Marie-Anne Divet le Jeudi 14 Septembre 2017 à 19:04
Le dérèglement climatique n'est pas seulement une question de température et ses conséquences sur la faune et la flore... Les experts sont unanimes : l'impact sera sera énorme sur les populations. " Organe de référence en la matière, l'International displacement monitoring centre ( Centre international des déplacements ) estime que 26,4 millions de personnes ont dû abandonner leur foyer chaque année depuis 2008 en raison de désastres déclenchés par des catastrophes naturelles, soit l'équivalent d'une personne déplacée chaque seconde" explique Agnès Sinaï dans le dernier numéro d'Alternatives non-violentes. A cela s'ajoutent les risques de conflits très violents, l'insécurité alimentaire...

Avec la COP21 à Paris en décembre 2015, les mobilisations contre le dérèglement climatique se sont multipliées. La non-violence est le moteur de nombreuses associations engagées dans la protection de l’environnement, c’est aussi un moyen incontournable dans la résolution des conflits qui se profilent à l’horizon… Pas si lointain ! 

A lire dans Alternatives non-violentes le dossier  " Menaces climatiques : défi pour la non-violence "
Consultez le sommaire
 
Rédigé par Marie-Anne Divet le Jeudi 20 Juillet 2017 à 11:26

Bushra Awad et Robi Damelin devraient se haïr.

Robi est israélienne et son fils David de 28 ans est abattu en 2002 par un sniper alors qu'il effectue sa période de réserve obligatoire en Palestine. Bushra, la palestinienne, perd son fils de 17 ans, Mahmoud, tué en 2008 par un soldat israélien dans son village de Cisjordanie.

 

La même douleur qui aurait pu les diviser, les rapproche. Elles militent toutes les deux au Cercle des parents-Forum des familles, une association qui rassemble des familles israéliennes et palestiniennes endeuillées par le conflit.

 

Anne Guion, reporter à l’international de l’hebdomadaire La Vie depuis une quinzaine d'années, découvre le Cercle lors d'un reportage et recueille le témoignage de ces deux mères.

 

«  Nos larmes ont la même couleur » fait partie de la collection "Pour un monde meilleur", dirigée par Frédéric Koskas. Elle met en lumière l'engagement de femmes et d'hommes. 5% des bénéfices de la vente sont reversés à des actions sociales et solidaires.

Rédigé par Marie-Anne Divet le Jeudi 1 Juin 2017 à 18:19
L' école contre la barbarie d'Alain Bentolila
Alain Bentolila, professeur de linguistique à l’université Paris-Descartes, vient de publier « l’Ecole contre la barbarie  » où il formule 12 propositions susceptibles de rénover l'école. Parce que l'école pourrait être un " lieu de tolérance, de diversité culturelle, de résistance et d'humanisme ", ne serait-elle pas le meilleur outil pour lutter contre la barbarie ? 

Dans un entretien au Parisien, Alain Bentolila définit l'école comme un espace privilégié où se forge une " mixité spirituelle " qui s'appuie sur les grands mythes fondateurs comme  " la tour de Babel et le jardin d’Eden, l’Odyssée, Hercule, ou Prométhée ", barrage " face à ceux qui jouent sur l’incompréhension pour diviser, enfermer dans l’incantation, voire la haine. "

" La laïcité, écrit-il,  commença le jour où les hommes décidèrent collectivement d'imposer leur pensée au monde ; le jour où, ne se contentant plus de contempler passivement l'œuvre de Dieu, ils se donnèrent l'ambition d'interpréter, de transformer le monde et surtout de lui donner un sens social et spirituel par la force partagée du verbe. Oui ! Je dis bien que l'école laïque devra donner au monde qu'elle fait découvrir un sens «spirituel». La laïcité n'excluant en rien la spiritualité ; bien au contraire ! Elle engage maîtres et élèves à regarder vers le haut même s'il n'y a personne."

Une école ferme et bienveillante

Alain Bentolila met l'accent sur « l’insécurité linguistique ». Il reprend un thème qui lui est cher : un « enfant qui parle mal le français est vulnérable, il manquera de pouvoir et de réfutation. En un mot, il sera vulnérable face à des discours et des textes manipulateurs " disait-il déjà en mai 2015 dans un entretien à Marianne. " Un des droits fondamentaux du petit enfant est qu'on porte une attention constante à ce qu'il dit. Il a besoin qu'on lui donne régulièrement des mots nouveaux ; il veut voir dans les yeux de l'adulte que l'on accueille avec vigilance ses tentatives parfois maladroites mais toujours signifiantes. Il demande que l'on s'engage à ses côtés, avec autant de bienveillance et d'exigence que de constance... C'est de cette présence attentive, de cette écoute affectueuse et lucide, de cette parole ferme et bienveillante dont sont privés bon nombre d'enfants, quelle que soit leur appartenance sociale. Spoliés de cette médiation, certains élèves, si l'école ne les prend pas chacun en charge, risquent ainsi de s'engager dès 3 ans dans un long couloir qui les conduira à la vulnérabilité intellectuelle et à la violence. "



Lien avec la conférence du 7 décembre 2011 d'Alain Bentolila : Le pouvoir du verbe : parler, lire, écrire
Rédigé par Marie-Anne Divet le Dimanche 5 Mars 2017 à 10:59
"Transhumances interculturelles d'un arabe de Nazareth" de Fadel Kanje
« Qui suis-je ? Un Arabe palestinien ? Un Arabe israélien ? Ou un Arabe palestino-israélien ? Ou bien un Palestinien de l’intérieur ? Ou encore un Arabe franco-israélo-palestinien ? Ou un Morvandiau palestino-israélien ? »  écrit  Fadel Kanje dans son livre publié à L'Harmattan ( collection Histoire de vie et formation ). Depuis 1948, le conflit palestino-israélien a dispersé douze millions de Palestiniens autour de la planète. Cette diaspora est peu connue.

C'est son ami depuis cinquante ans, Gaston Pineau qui l'a incité à l'écrire. Ce professeur d'université sait tout l'intérêt de cette autobiographie : il est l'auteur d'une série d’ouvrages explorant les liens entre l'histoire de vie et la formation humaine, travaux qui ont contribué à la mis en place de la VAE ( Validation des Acquis de l'Expérience ). 

Fadel Kanje est né avec " Israël " à Nazareth. D'une famille arabe, musulmane, il va à l'école des Frères. Les circonstances de la vie le font voyager, émigrer mais aussi rencontrer des gens et des situations qui vont lui forger de multiples identités. Arrivé en France en 1969, il devient éducateur spécialisé dans la période foisonnante d'idées des années 70. Aujourd'hui, il vit dans le Morvan avec sa femme, entouré de nombreux ami-es.

Il n’est qu’un exemple parmi d’autres : cette transhumance vécue par un Nazaréen contemporain est celle de nombreux migrants. Auront-ils la chance de rencontrer sur leur route la force de l'amitié qui aide à se bâtir une nouvelle vie ? 
Rédigé par Marie-Anne Divet le Jeudi 9 Février 2017 à 10:34
A 95 ans, le sociologue et philosophe Edgar Morin continue de creuser le sillon de ses convictions. Il lance cet appel qui nous invite à " parler d'une seule voix et à peser fortement sur le débat public. " 

Edgar Morin nous incite à " rassembler la multitude d'initiatives issues des acteurs et actrices de la société civile." Face à un monde qui nous embrouille dans l'illusion de la consommation, qui développe nos peurs par le fanatisme exacerbé, qui nous cache la réalité, le philosophe, depuis longtemps, ouvre les portes de la " complexité ", de " complexus ", " ce qui est tissé ensemble" cette complexité qui crée les liens, qui décloisonne les consciences, qui permet la confrontation constructive, développe l'imagination et la créativité et donne sens à nos vies. " Le but premier est  de créer des oasis de vie et des jonctions entre ces oasis de vie. Ce n’est pas un projet de société que l’appel énonce, mais une voie de civilisation. " écrit-il dans son appel.

Nous sommes devant un choix, confie-t-il à Denis Lafay, journaliste à La Tribune " En effet, toute l'espèce humaine est réunie sous une "communauté de destin", puisqu'elle partage les mêmes périls écologiques ou économiques, les mêmes dangers provoqués par le fanatisme religieux ou l'arme nucléaire. Cette réalité devrait générer une prise de conscience collective et donc souder, solidariser, hybrider. Or l'inverse domine : on se recroqueville, on se dissocie, le morcellement s'impose au décloisonnement, on s'abrite derrière une identité spécifique - nationale et/ou religieuse. "

Edgar Morin nous appelle à le rejoindre : " Nous croyons comme Montaigne le disait déjà au XVIe siècle que « tout homme est mon compatriote » et que l’humanisme se déploie comme respect de tout être humain. (...)  Les  problèmes  et  périls  vitaux  apportés  par  la  mondialisation  lient  désormais  tous  les  êtres humains dans une communauté de destin. Nous devons reconnaître notre matrie terrienne (qui a fait de nous  des  enfants  de  la  terre)  notre  patrie  terrestre  (qui  intègre  nos  diverses  patries)  notre  citoyenneté terrienne (qui reconnaît notre responsabilité dans le destin terrestre). Chacun d’entre nous est un moment, une  particule  dans  une  gigantesque  et  incroyable  aventure,  issue  d’homo  sapiens-demens,  notre semblable dès la préhistoire, et qui s’est poursuivie dans la naissance, la grandeur, la chute des empires et civilisations et qui est emportée dans un devenir où tout ce qui semblait impossible est devenu possible dans le pire comme dans le meilleur. Aussi un humanisme approfondi et régénéré est il nécessaire à notre volonté de ré-humaniser et régénérer nos pays, nos continents, notre planète."

Pour signer l'appel, cliquer ici
 
Rédigé par Marie-Anne Divet le Jeudi 26 Janvier 2017 à 19:01
La documentariste américano-palestinienne Mai Masri signe sa première oeuvre de fiction.
Années 80, à la veille des évènements de Sabra et Chatila, la révolte gronde dans une prison israélienne, où sont détenues des prisonnières politiques palestiniennes. Le film s'achève d'ailleurs par une révolte - authentique -, des détenues lorsqu'elles apprennent les massacres. 

Layal, une jeune institutrice de Naplouse vient d’arriver, condamnée à 8 ans de prison- 3000 nuits -  pour un attentat dans lequel elle n’est pas impliquée. Elle partage la cellule d’israéliennes condamnées pour droits communs et s’habitue progressivement à l’univers carcéral. Mais Layal découvre qu’elle est enceinte. Envers et contre tous, elle décide de garder Nour, la lumière en arabe, une lueur du jour dans la nuit carcérale.

Arabes et Juives cohabitent, prisonnières du centre de détention israélien tout comme elles sont enfermées dans le conflit israélo-palestiniens et dans leurs rôles sociaux. Dans ce huis-clos, les inégalités explosent tout comme la solidarité.

" C’est un film de femmes. Où on parle de la solidarité des femmes, de la force des femmes." déclarait Mai Masri lors de la sortie du film le 4 janvier.
Rédigé par Marie-Anne Divet le Vendredi 13 Janvier 2017 à 16:23
Des femmes contre le militarisme et la guerre de C. Cockburn
En 2001, dans une conférence qu'elle donnait à des étudiants japonais, la chercheuse anglaise Cynthia Cockburn disait déjà : " A travers la participation depuis de nombreuses années à un réseau international d’intellectuelles – “femmes dans les zones de conflits” –, basé au Canada, j’en suis venue à voir comment les expériences de guerre des femmes étaient différentes de celles des hommes. (...). Il y a un fil qui court entre la violence dans la vie de tous les jours (le coup de poing) et la violence dans la guerre (les tanks et les missiles). Ce lien est le genre ; précisément, c’est la culture masculine de la violence, dont une fonction est d’intimider et contrôler les femmes. Ainsi, la culture fait de la vie des femmes une zone de guerre même en temps de paix."

Depuis les années 1980, elle a longuement interviewé des hommes et des femmes, membres de collectifs au Royaume-Uni, en Irlande du Nord, en Turquie, en Bosnie, à Chypre et en Israël, entre autres. Elle est elle-même membre active du collectif « Femmes en Noir contre la guerre ».

Divisé en trois chapitres, "Des femmes contre le militarisme et la guerre" parle de la naissance du mouvement anti-militariste en Grande-Bretagne. Elle analyse cette période clef  d'une « nouvelle conscience féministe »  de l'après-guerre où les femmes revendiquent non seulement le désarmement nucléaire et l’instauration de la paix, mais aussi leur émancipation. C'est l’action des femmes de Cardiff qui, en 1982, ont marché cent soixante kilomètres pendant dix jours pour arriver à la base militaire de Greenham Common où elles ont campé pendant cinq ans en se relayant avec les 30 000 femmes engagées dans le mouvement. Grâce à la méthode mise en oeuvre, le lien s'est fait entre paix et revendications féministes.

Dans le deuxième chapitre, il est question du mouvement des  "Femmes en noir" de Serbie. Le troisième chapitre expose les idées de Cynthia Cockburn sur une théorie féministe de la guerre. L’auteure démontre comment la guerre et la violence reproduisent des rapports sociaux de sexe inégaux et met en évidence la contribution des mouvements féministes antimilitaristes à la paix.

Dans sa préface, Arielle Denis, directrice de la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires et coprésidente du Mouvement de la paix, écrit : « À la lecture de cet ouvrage, j’ai formulé le vœu que toutes les jeunes filles puissent le lire, qu’elles rencontrent ces luttes et ces analyses, qu’elles perçoivent un instant le monde à travers elles, qu’elles s’inspirent du courage de leurs aînées, et, dans la joie et le plaisir de leurs luttes, construisent avec leurs sœurs un bout de chemin vers la paix » 



Cynthia Cockburn, Des femmes contre le militarisme et la guerre, Paris, La Dispute, coll. « Le genre du monde », 2015, 167 p., préf. Arielle Denis, trad. Séverine Sofio, ISBN : 978-2-84303-252-3.
Rédigé par Marie-Anne Divet le Jeudi 23 Juin 2016 à 19:14
C'est ce que prouve l’enquête sur l’état de l’opinion commandée par la CNCDH, la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme. Réalisée du 4 au 11 janvier 2016 par l’institut de sondage IPSOS, les résultats ont été analysés par les chercheurs Nonna Mayer, Guy Michelat, Vincent Tiberj et Tommaso Vitale.

C'est le 26 ème rapport annuel, véritable état des lieux du racisme, de l’antisémitisme et de la xénophobie en France, ainsi que des moyens de lutte mis en œuvre par les institutions de la République et la société civile. On imagine aisément la difficulté d'entrer avec rigueur dans cet état des lieux : la CNCDH s’attache à fonder ses analyses et ses recommandations sur la base d’outils variés et complémentaires, tels que les enquêtes sur l’état de l’opinion, l’indice de tolérance à l’égard de la diversité construit par les chercheurs partenaires de la CNCDH, le bilan statistique des actes racistes, antisémites et antimusulmans établi par le ministère de l’Intérieur, celui du ministère de la Justice sur la réponse pénale, ou encore les nombreuses contributions des acteurs institutionnels, associatifs et internationaux.

Après les attentats de l’année 2015, l’enjeu principal de l’enquête était de comprendre en quoi l’opinion a pu évoluer après ces événements tragiques :  « unité nationale » ou accentuation des préjugés ?

"Après quatre années de baisse consécutive, suivie d’une stabilisation en 2014, l’indice longitudinal de tolérance en France marque en 2015 une nette progression vers plus de tolérance" annonce d'entrée de jeu le rapport.
 
On tombait dans le pessimisme : le Front national et ses scores, le repli communautariste, la montée des actes racistes, les débats autour de la déchéance de la nationalité, les réfugiés.... Et voilà  l' « indice longitudinal de tolérance », baromètre élaboré par le sociologue Vincent Tiberj, qui dément tout ce qu'on croyait !

Le rapport est à lire sur le site de la CNCDH
 
Rédigé par Marie-Anne Divet le Mercredi 4 Mai 2016 à 09:30
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Ce qui m'a intéressée dans les idées de Gandhi, c'est le choix. Ou de réagir à la violence par la violence ou de répondre, en me creusant la tête, d'une autre manière, qui respecte l'être humain, comme un autre moi-même. J'aime cette obligation de faire autrement, d'une façon active et créative, une manière d'être à l'autre et non d'avoir l'autre.
Pédagogue de profession, j'aime cette idée que nous puissions collaborer, lecteurs/lectrices, expert/e/s, pour partager nos questions, mettre en commun nos réflexions et mutualiser nos ressources pour agir au quotidien là où nous vivons.

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