Le billet

Vote bleu


01/05/2019




Les voilà enfin, dans trois semaines, ces fameuses élections européennes, ce grand moment démocratique unique au monde où les citoyens de vingt-huit pays peuvent dire quelle direction doit prendre aujourd'hui leur destin commun. Du sérieux !  Sauf que les Britanniques qui ont décidé de quitter l'Union vont sans doute quand même voter. Que partout paradent de futurs députés qui veulent la détruire. Qu'en tous pays, le calcul des places l'emporte sur les projets. Et que mardi dernier la Cour de Justice de l'Union a permis aux multinationales, dans le cadre de l'accord de libre échange avec le Canada (CETA), d'attaquer les Etats qui ne se soumettent pas.  Les juges, qui siègent au Luxembourg, trinquent-ils trop avec les banquiers du paradis fiscal ? En fait,  ils appliquent simplement les lois anti sociales et pro business de l'Union dont le drapeau bleu est celui des bleus à l'âme.  Le 26 mai, il faudra pourtant voter bleu, En regardant bien sur les listes ceux qui veulent changer tout ça. 

Michel Rouger

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Toi, viens, toi dehors... Sur les bords de la Méditerranée, une nouvelle place du marché est née. Des femmes et des hommes épuisés par un horrible voyage attendent. Des fonctionnaires français passent, s'arrêtent, choisissent : ils font leur marché selon les besoins en main d'œuvre décrétés par le gouvernement. Jadis la France est allée coloniser et spolier l'Afrique. Puis les Total, Bolloré et consorts ont continué à piller ses ressources en soutenant des dirigeants corrompus. Aujourd'hui, en renouant avec les « quotas » des années 30, l'ancienne puissance coloniale pille ouvertement le savoir-faire des pays africains, ce qui va les enfoncer un peu plus. Après les ingénieurs et médecins par milliers, les ouvriers qualifiés. Mais il y a là du matériel électoral pas cher et payant. Créer ces quotas suggère que les immigrés nous envahissent. Durcir l'aide médicale insinue qu'ils abusent. C'est faux, ignoble, mais ça éclipse les retraites, urgences ou assurance chômage. Et en faisant de nouveau du Sarkozy, qui prônait les quotas en 2008, Macron met la droite au supplice : « Nous aussi, on nous pille ! » C'est ça le pire.

Michel Rouger

08/11/2019

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